L’Indigné du Canapé : Rages et Utopies d’un enfant du Siècle

rage et utopie

Est né à la fin des années 80.

A connu les sacs de riz à envoyer en Somalie. S’est indigné contre l’injustice déterminant que selon l’endroit où l’on naît, on est plus ou moins libre de devenir ce que l’on veut être. Indigné aussi par l’aveuglement de ceux qui se contentent de juger sur les apparences.

L’injustice n’est pas naturelle, elle est enseignée et entretenue

Jeune, convaincu que le monde va s’améliorer et que lorsque cela sera possible, il n’y aura ni famine, ni pauvreté, ni maladie ni guerre.

A compris que non. La famine, la pauvreté, la maladie et la guerre  étaient entretenues afin de faire les affaires de certains.

Que la Terre qui nous donne pourtant tout, à commencer par l’air que l’on respire, l’eau que l’on boit et les aliments que l’on mange, était littéralement pillée par certains qui s’en était préalablement adjugé le droit. Même si l’on est en droit de considérer que la Terre et ses biens sont par définition à tout le monde…

Que les grands groupes gérant l’eau ou l’électricité ne cherchaient pas à respecter et préserver les ressources naturelles pour ensuite les distribuer équitablement mais simplement à les exploiter au maximum tant qu’on leur laisserait ce droit.

Que les grands groupes alimentaires ne cherchaient pas à faire manger convenablement tout le monde et à permettre aux producteurs de bien vivre mais simplement à amasser un maximum d’argent sans se préoccuper du reste. Tant qu’on leur laisserait ce droit.

Que la courbe – en hausse – du chômage décrivait à peu de choses la même hausse que celle des revenus des riches propriétaires de multinationales, ces mêmes qui licencient à tour de bras (tant qu’on leur laisserait ce droit). Le capital répond aux logiques mathématiques et comme on ne peut créer de la richesse infiniment dans un monde aux frontières finies, il faut bien aller chercher prendre de l’argent quelque part si on veut continuer à en accumuler.

A compris que les plus modestes étaient devenus les ennemis des riches et par extension de l’État qui défend les intérêts de ses plus puissants sujets.

Que la finance et ses traders avait plus de sang sur la conscience que les petits gangsters désignés « ennemis d’État »… Que le simple budget marketing mondial alloué à nous faire acheter le dernier produit à la mode suffirait à endiguer bien des maux subis dans les pays les moins riches économiquement.

Que les lobbies pharmaceutiques ne vendaient pas la guérison mais l’addiction, qu’il faisait du business non pas avec la vie mais avec la mort.

Que l’école ne formait pas de bons citoyens obsédés par le Bien Commun et le bien vivre ensemble mais formatait des consommateurs obsédés par l’obtention d’un travail bien payé et l’accumulation de propriétés individuelles.

Que ces aberrations économiques seules créaient les tensions faisant qu’au 21e siècle, les humains sont toujours aussi barbares et prompts à la guerre que des siècles plus tôt.

« Si tu trembles d’indignation à chaque injustice, alors tu es l’un de mes camarades » Ernesto « Che » Guevara.

obeis consomme capitalisme a foison

Alors il a été temps de se lever, de crier, de faire la grève, de bloquer des universités et des autoroutes. Comme tant de jeunes de mon âge… Mais avec l’âge justement, il est facile de constater que les gens cherchent – de plus en plus frénétiquement – à entrer dans les cases dans lesquelles ils refusaient d’être enfermés quelques années avant. La peur mène à la haine. La haine à la solitude. La solitude à l’individualisme. L’individualisme à la peur… Et ainsi soit-il !

La naissance de L’Indigné du Canapé

Alors je me suis rassis et j’ai écrit. Des idées, une idéologie, un parcours. L’Indigné du Canapé naissait. Modestement. Dignement.

L’Indigné du Canapé, enfant métis d’un monde capitaliste qui crée violence et injustice et d’une pensée anarchiste qui n’a que l’amour et le partage comme horizon. Je viens de partout, oui. Car d’où que vous veniez, je suis sûr que votre cœur à la même couleur que le mien. Ma seule famille est celle des modestes et des humanistes.

Le cœur à droite pour mieux le relier à ma plume quand j’écris. Et pour compenser, l’esprit qui lorgne fortement – ou dangereusement – à « gauche », ou plus exactement du côté de la justice sociale, d’une mondialisation culturelle et non économique, du côté des initiatives solidaires et écologiques. Du côté des mots Liberté – Égalité – Fraternité !

Mais si vous vouliez me placer sur un échiquier politique, s’il-vous-plaît, ne me mettez nulle part. Cela n’a plus aucun sens pour moi. Les nouveaux prophètes clament être nationalistes par tolérance de l’autre, la gauche traditionnelle fait la politique de la droite et les extrêmes s’attirent (même si certaines de leurs idées restent très opposées, et heureusement).

Je veux être dans le non et le oui en même temps. Mon ennemi, je le connais. C’est le capitalisme ultra-libéral. Je suis dans un processus de résistance à ce système. Ma façon de dire non, c’est de m’indigner. Mais il y a également la nécessité d’être dans une démarche positive, dans un oui. C’est la raison de ce blog. Proposer des alternatives. Faire la lumière sur des idées qui dépassent ce système qui s’écroule…

Tout est politique, mais personne ne veut le voir

J’ai coutume de dire que tout est politique. La manière de discuter avec ceux qui nous entourent. Comment l’on considère sa famille, ses amis, ce que l’on veut transmettre à ses enfants, partager avec ses voisins… La façon que l’on a d’apprendre, d’ouvrir les yeux sur le monde, de traiter les animaux, de manger, d’écouter de la musique… De consommer aussi, puisqu’il le faut bien. Le rapport que l’on entretient avec l’argent.

Mais aussi façon que l’on a de choisir le film que l’on va voir, ou de se renseigner sur une actualité, selon qu’on va pêcher les infos à la TV, la radio, ou sur un site alternatif sur le web. Selon qu’on lise ou pas, qu’on connaisse Fanon, Kropotkine, Thoreau, Bourdieu, Zinn… Ou pas.

Du moins, je pense que tout devrait être politique. Car on devrait toujours réfléchir et remettre en question notre manière de vivre ensemble, afin qu’elle soit continuellement la plus optimale possible.

C’est la politique politicienne – celle qui est censée réfléchir pour nous à la manière optimale de bien vivre ensemble – qui a le plus perdu de son essence politique… Institutionnalisée, professionnalisée, détachée des préoccupations du peuple mais en revanche complètement soumise aux pouvoirs de l’argent (multinationales, Bourses, lobbies et traders sont au-dessus d’elle et les médias sont postés à ses côtés), la politique professionnelle n’a plus aucun sens.

Peu à peu, les dirigeants brident les peuples. Dépossédés de nos droits, à boycotter les produits des États qui colonisent, à boycotter les produits avec OGM ou pesticides qui nous empoisonnent, à choisir nos semences, à dire non à l’Europe, à cette crise que nous n’avons pas créée et à cette austérité qui nous tient en laisse, à refuser d’être geolocalisés – et donc surveillés – à tout bout de champ, nous sommes peu à peu (et de manière juridiquement démocratique) privés de nos libertés individuelles et collectives chèrement acquises.

lutter contre les pauvres

Ce n’est pas de la science-fiction. C’est la dure réalité. Et même si certains s’en accommodent, elle est difficile à accepter pour le citoyen qui ne réfléchit pas que pour lui. Il est impossible de croire que cette réalité dirige l’Humanité vers le sens du progrès, de la justice, du Bien Commun.

De plus, nos sociétés occidentales et « modernes » s’efforcent de vider de tout contenu politique tous les produits culturels qui nous parviennent, ou encore d’en déformer la réalité historique. Nous empêcher de comprendre, c’est nous empêcher d’agir. Ou alors les uns contre les autres, en nous poussant à la compétition, pour les études, pour le travail, le logement, bientôt pour des choses aussi essentielles que la santé, l’eau ou la nourriture. C’est le propre de la nature humaine, qu’ils diront… Non !

Le darwinisme social est un leurre. Se battre pour la survie ou pour le pouvoir n’est qu’une illusion, le fantasme d’un homme animal, mu par des nécessités grotesques. Ce n’est pas le seul moyen pour l’espèce humaine de progresser. L’entraide est aussi importante – si ce n’est plus importante – que la concurrence comme l’a bien expliqué Kropotkine dans… « L’Entraide », justement.

Je pense que le pouvoir est un concept mauvais. Il pervertit. Toujours. Le système est rarement mauvais en lui-même, mais nous, êtres humains, sommes plein d’imperfections lorsqu’il s’agit de l’appliquer.

« Le pouvoir abêtit les hommes ; aussi devons-nous non point le conquérir et nous l’arracher entre hommes et femmes, mais l’éliminer de la société… » disait Louise Michel.

L’idéal consiste donc à mettre en place un système sans pouvoir… Et malgré plus de cent ans de propagande pour nous faire croire que c’était impossible, cherchez à l’intérieur de vous. Évidemment que c’est possible, si chacun devient le garde-fou de l’autre. Si chacun détient une possibilité d’action limitée par la possibilité d’action de l’autre. Si le dialogue et des règles (acceptées par tous car choisies par tous) permettent de déterminer les tâches à effectuer pour parvenir à un but – quelle que soit l’échelle – et la manière la plus adéquate, harmonieuse et juste de l’atteindre ! De nombreuses sociétés dites « premières » pour ne plus dire primitives fonctionnent ainsi.

La pierre angulaire de ce changement – qui ne sera jamais fini, c’est le propre des vraies (r)évolutions de ne jamais se considérer comme accomplies – c’est l’éducation. Apprendre à nos enfants dès le plus jeune âge le dialogue, le partage, le consensus des idées, l’écologie, le respect, l’amour (!), c’est l’évidente base de la société de demain. C’est individuellement et collectivement, en apprenant à changer soi-même, et en partageant son expérience et ses vues avec son entourage, que l’on peut changer son monde, le monde. Je le crois sincèrement.

Tout changement social commence par un changement individuel

Nul besoin de partir à l’autre bout du monde ou loin de la ville (à la campagne) pour mettre en pratique ses idées. De nombreux gestes tout simples peuvent être adoptés peu à peu. Oui tout doucement, patiemment, car on ne se débarrasse pas de ses addictions juste en le décrétant, elles nous sont inculquées comme réflexes et normalités depuis tout jeune, elles sont tenaces !

« Sois le changement que tu veux voir dans ce monde », avait écrit Gandhi.

Il faut déjà que nous apprenions à être, devenir, ou redevenir positifs. Pour tout. Partout. Ne pas se sentir agressé par les autres, mais voir en eux nos semblables, nos frères. Oui, même dans les transports en commun. Oui même dans les représentants des institutions les plus répressives. Il faut le faire pour soi. Car autrui est un autre soi, un autre toi.

On ne peut se dire citoyen du monde, amoureux des peuples et des cultures, des voyages et des différences, et ne pas réussir à discuter avec un SDF, un Rom, un policier, un électeur du FN sans la rage aux lèvres ou avec un dégoût visible. C’est mon avis, et ça me froisse le cœur quand je vois des gens qui se disent « vraiment de gauche » qui évitent soigneusement le SDF dans le métro en rentrant chez eux d’une manif avec t-shirt et banderoles…

Par la suite, il faut trouver des moyens de changer la disquette, le programme que l’on essaye de nous faire intégrer depuis notre plus tendre enfance. La solution la plus évidente consiste à arrêter de regarder la télévision et les informations propagandistes qu’elle diffuse. L’Internet est maintenant fourni en sources d’information de très bonne qualité et éloignées du discours dominant, tellement loin des réalités.

« Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment » a dit un jour Malcolm X.

On doit aussi apprendre à semer des graines d’idées positives même dans les esprits les plus riquiqui. Tant pis. Si vous savez qui vous êtes et êtes convaincus que votre interlocuteur est dans l’erreur ou la peur, vous lui devez votre clairvoyance. Ne considérez jamais que quelqu’un ne vaut même pas la peine qu’on discute avec. Nous naissons tous égaux. Seules les circonstances font ce que nous sommes.

ou vont les hommes

Tous ensemble, cessons de nous comporter comme un troupeau de consommateurs abrutis, mais devenons petit à petit acteurs de notre consommation. Aujourd’hui, nous n’avons pas le pouvoir politique de choisir ce que l’on met dans nos assiettes. Avec les OGM, le brevetage du vivant, les résultats de recherches falsifiées, les emballages qui ne disent rien, les supermarchés qui ont le monopole de la distribution dans certaines régions, impossible de décider ce que l’on achète à la source, via des réformes.

C’est pourquoi il faut le faire sur le terrain. S’informer, tenter peu à peu de changer ses habitudes, préférer aux supermarchés – temples de la consommation – la consommation locale, le bio, manger moins de viande… Éviter la pub et ses messages subliminaux. Revenir à l’essentiel. Changer tout doucement ses habitudes de consommateur, et expliquer à notre entourage notre démarche.

Être conscient de nos jours, c’est aller jusqu’à devenir dissident : la désobéissance civile devient une marque de civisme par les temps qui courent. Les lois tentent de rendre impossible la critique même des lois. Mais ceci n’est pas la preuve d’une société en pleine forme. S’informer, c’est trouver des erreurs. Et si erreur il y a, il est de notre devoir de les souligner, pour qu’elles soient corrigées. Et la seule façon de corriger la loi, c’est de la contester, et même de lui désobéir…

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être adapté à une société malade » expliquait fort à propos le philosophe Jiddu Krishnamurti.

Et pour boucler la boucle, tentons de devenir nous-mêmes des médias. Discuter avec tous, défendre sa position, faire éclore les utopies, les prophéties réalisatrices chez les autres – les jeunes surtout -, c’est un devoir citoyen et un plaisir humain. Et évidemment, si toutes ces belles idées individuelles devenaient un projet de société (révolutionnaire), l’éducation en serait la pièce angulaire.

Vues pour ce siècle

Éduquer à l’autonomie et au partage

Et ce monde meilleur, à quoi ressemblerait-il ?

J’aurais aisément pu laisser trois petits points à la suite de cette question éminemment difficile, et qui n’attend pas réellement de réponse. Et pourtant. Si l’on doit se faire média, on doit assumer l’idée de transmettre ses visions, même si elles sont encore à l’état d’ébauches… Les voici donc, incomplètes et imparfaites, car encore une fois, la révolution est continuelle et éternelle. Sinon, elle ne mérite pas le nom de révolution, mais celle de réforme (ou de coup d’État).

Changer les habitudes dans notre vision de l’éducation est le premier pas vers une société qui applique réellement la justice sociale. Aujourd’hui, l’école éduque à la compétition, à la course à la meilleure note, applique la sanction et la répression, hiérarchise les enfants selon une grille rigide et inadaptée.On le sait, les enfants apprennent moins bien quand ils se sentent contraints et forcés. Alors si en plus, on les culpabilise…

Dès le plus jeune âge, il est prouvé que les enfants réagissent bien mieux à l’attention des autres et aux encouragements qu’aux remontrances et punitions.  L’école telle qu’elle est comprise aujourd’hui est faite pour créer de futurs banquiers, ingénieurs, médecins, chefs de projets… Bref, l’école formate à la vie professionnelle future. Le problème, c’est que nous ne sommes pas tous faits pour cette vie-là. Révolutionner l’éducation, c’est faire éclore le génie en chacun de nous…

Et comme l’a dit un jour un certain Pablo Picasso : « Tous les enfants sont des artistes. Le problème, c’est de rester artiste une fois adulte. »

Apprenons à nos enfants l’envie d’apprendre, le consensus et le partage, des notions de bien commun, de politique et d’écologie.

Installer une « dictature écologique » !

Nous sommes sur une planète finie aux ressources limitées, et ce sont encore et toujours ces ressources que certains exploitent pour leurs profits. Et on voudrait nous faire croire à une croissance économique illimitée. Mais qui y croit encore ?

La crise économique actuelle ne devrait pas être l’occasion pour certains de voir dans l’écologie un nouveau moyen de faire de l’exploitation, de l’argent et des bénéfices. La crise économique doit être considérée comme l’unique moyen pour faire de l’écologie la porte de sortie du capitalisme et sa logique absurde du profit infini.

monde harmonieux partage

Le monde futur doit revenir à des notions de savoir-faire et de faire-savoir local. Du local au global. Retrouver une échelle humaine à notre vie quotidienne va bientôt devenir vital. Les villes grossissent de manière exponentielle tout comme les loyers. Et pour tenter de payer ces loyers, on nous demandera bientôt de faire tous – certains le font déjà – 3 ou 4h de transports par jour pour aller travailler pour faire gagner de l’argent à notre patron. Invivable.

De l’autre côté, certaines de nos régions sont à l’abandon alors que la nature y offre tout ce qu’il y a à offrir : du soleil, de l’eau, une terre cultivable. Retrouvons notre nature, dans tous les sens du terme. L’exode urbain va devenir une réalité dans les prochaines années.

Les éco-villages, les utopies, les communautés alternatives et toutes les initiatives autour de l’agriculture écologique et soutenable et de la permaculture sont autant d’idées qui déconstruisent notre société dans le bon sens, en douceur et avec le respect de la nature et de l’humain !

Changer la manière de faire de la politique

Quelqu’un a dit un jour : « La dictature dit au peuple : tais-toi ! La démocratie dit au peuple : cause toujours. » Si on observe la démocratie actuelle, difficile de remettre en cause cette maxime.

La démocratie est peut-être le moins pire des systèmes, mais à condition qu’elle soit réelle, ce qui nous rappelle la revendication forte du mouvement des Indignés. Cessons d’élire des politiciens professionnels, afin qu’il n’en existe plus. Élisons des gens du peuple pour des mandats courts, avec non cumul obligatoire et possibilité de révocation. On peut même imaginer des formes d’élections (par tirage au sort par exemple) permettant à tous d’avoir voix au chapitre à une échelle locale… C’est une idée parmi tant d’autres.

Les réformes politiques ne mènent à rien. Toutes ces dispositions que j’écris, ces lettres jetées à la mer, ne sont valables que dans un éveil citoyen général, l’idée que nous ne vivons pas pour travailler et pour gagner un salaire mais pour vivre ensemble et contribuer au bien-être de l’humanité. L’idée d’un « salaire universel » – ou plutôt de moyens de subsistance nécessaire à une vie décente, le salaire restant la laisse qui nous asservit au capitalisme – irait aussi dans ce sens.

Pensons localement, toujours. Que chacun ait un pouvoir de décision s’il le souhaite partout où il est engagé dans la cité : école, ville, entreprise, domaines publiques, espace publique !

Créons des sites Internet d’information, des monnaies locales, des jardins partagés dans nos villes, mangeons plus sainement, boycottons certains produits de consommation, certains films, certains lieux comme les supermarchés, organisons-nous avec nos voisins pour mieux vivre au sein de notre quartier… Prenons les initiatives politiques que les dirigeants ne savent pas prendre !

Pensons aussi global : la mondialisation n’est pas une mauvaise chose…

Notre problème, c’est que le capitalisme ultra-libéral qui façonne le monde d’aujourd’hui nous plonge dans une mondialisation des richesses et des biens qui se fait à sens unique, un véritable pillage des pays dits en voie de développement par ceux dits développés. A l’inverse, on observe une culpabilisation des peuples qui tentent eux aussi de vivre la mondialisation et de ne plus la subir en se déplaçant d’un pays à l’autre. Les pays dits développés se renferment sur eux-mêmes et sur leurs haines tout en continuant à exploiter les sols et richesses d’autres nations.

Internationalisons les cultures, les arts et les philosophies et idéologies… On a beaucoup plus de points communs avec un citoyen indien ou bolivien qu’avec les membres de l’élite de notre propre pays !

monde peace

Libéré des chaînes du capitalisme, du travail moderne et de la surconsommation, l’Homme pourra repenser aux vraies problématiques de son monde : il réfléchira à comment se nourrir, comment élever et éduquer les enfants qui viennent au monde, comment s’informer, comment faire de la politique (tout le monde devrait prendre part au processus politique pour décider au jour le jour de son destin, non ?), comment se divertir sans nécessairement acheter ou partir au bout du monde…

Bref, cessons d’être ceux qu’ils veulent que nous soyons, et redécouvrons à quel point la vie peut-être belle et agréable, même avec peu, quand on se sent utile et important pour les autres ! L’individualisme nous mènera à notre perte tandis que le partage reste la plus belle des richesses. L’autogestion est une porte qui nous ouvre sur un autre monde, beaucoup plus sympathique, je crois.

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne
pour protester. »

 

On dit parfois que l’anarchie représente une autre planète et que la démocratie est le seul vaisseau pour s’y rendre… Cela semble assez juste, en fait. Et cela voudrait dire qu’au regard des évolutions de l’Histoire, on sait dans quel sens aller pour construire une société réellement juste et libre…

Qui vivra verra.

 

Dignement,

L’Indigné du Canapé

 

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34 commentaires

  1. Une très Belle synthèse ! 🙂 mais je rajouterais qu’il est tout aussi important de renouer avec soi avant de renouer avec les autres pour croire en ces projets et partager ces idées !
    Soyons vrai, tout simplement ! Dignement… 🙂

    • Merci beaucoup pour ce commentaire Cha’ il me va droit au cœur !
      Et tu as infiniment raison, le vrai changement se passe en nous, l’insurrection est singulière,
      en attendant que la révolution soit plurielle !

      Dignement… 😉

  2. Très bon texte, j’aime ne pas me sentir seule dans mes idées utopiques 🙂

    • Merci Eglantine !
      Très bon commentaire, je n’aime pas non plus me sentir seul dans mes idées utopiques, cela me fait toujours chaud au coeur de lire et de voir que d’autres personnes, avec une autre éducation, un autre parcours, d’autres horizons, en arrivent aux mêmes conclusions ! C’est même très rassurant !
      Diffuse une image d’amour et paix autour de toi, on n’en a jamais assez. 😉

      L’ I

    • … Non, vous n’êtes pas seuls.
      Ca et là, partout dans le monde,
      dans de nombreux pays, dans de multiples langues,
      par 2 ou par 10, ou en tribus, en villages, en ville,…

  3. effectivement, un très beau travail de synthèse qui touche tous ceux, comme moi, qui ne se reconnaissent pas (ou plus) dans ce monde déshumanisé
    chacun de nous peut se changer et aussi changer les choses au quotidien mais, comme le dit Eglantine, on se sent souvent seul et donc marginalisé
    néanmoins, ces dernières années, je positive car je croise de plus en plus de personnes qui prennent conscience de ce qui se passe et de ce qui ne va pas … mais souvent, la diversité des horizons et la peur du lendemain (un superbe piège du système) rendent compliquée toute action collective

    • @Serge !
      Encore une fois, merci beaucoup pour ce message. Tous les commentaires sur ce texte qui est sûrement mon plus personnel me touchent particulièrement, surtout que j’imagine que ceux qui y sont sensibles sont des gens « biens » !
      Il faut vraiment qu’on apprenne à se reconnaître et à s’organiser, maintenant ! De manière cellulaire, locale, jusqu’à l’international, car nous sommes des humanistes et c’est l’amour qui nous anime !

      Dignement,

      L’ I

  4. Merci de m’avoir aiguillé sur votre site. Tu y fais un excellent boulot. Tes chroniques et billets valent leur « pesant d’or » et pour dire les choses, je me sens chez toi en terre fraternelle. Je te donne, si tu ne la connais déjà, l’adresse d’un site emplis de textes et infos très précieux, consacré à l’anarchie et aux situs : http://inventin.lautre.net/
    L’auteur de ce site est un ami lointain, qui lui aussi fait l’impossible pour que l’on soit prêt à se retrouver quand il le faudra. Tu as tout à fait raison quand tu dis : « Il faut vraiment qu’on apprenne à se reconnaître et à s’organiser, maintenant ! ». Il y a urgence car je m’attends au pire et notre air déjà bien pollué par la dictature des esprits risque de devenir irrespirable bien plus tôt qu’on ne le pense. Très fraternellement, André

    • Merci André pour ce commentaire qui me va droit au coeur !
      Je suis allé sur le site que tu m’as conseillé, très intéressant comme je m’y attendais.
      Il faut s’accrocher et apprendre à apprécier la vie malgré tout, l’heure viendra tôt ou tard ! 🙂
      Dignement,
      L’ I

  5. En plein dans l’mille. Excellent billet !

  6. Bravo, tout y est! Ca fait du bien de voir enfin quelqu’un parler de tout ça sans tomber dans la rancœur et la haine.
    Nombre de personnes qui critiquent le monde actuel selon ce point de vue ont tendance à avoir un discours haineux envers leurs ennemis. Discours qui finalement les dessert…
    Ce n’est pas le cas ici!
    En plus, bien que le style pourrait être perfectible (je chipote…), la construction est éxemplaire.
    +1 lecteur assidu

    Hasta siempre
    Orion

  7. l'indignée du lycée

    Oh comme cela est bon de te lire… comme les commentateurs et commentatrices précédents tes mots font du bien à mes pensées qui se sentent si souvent seules au sein de notre société manipulée, lobotomisée. Avec un autre regard depuis le CIC au lycée (ma première manif « musclée »), je fais les mêmes constats amers depuis que j’ai avalé la « pilule rouge ». Aujourd’hui dans l’action perpétuelle, que tu décris très bien d’ailleurs, je constate trop souvent le désir fou de certains (encore majoritaires hélas) de rester dans la matrice que la ploutocratie impose.
    Unissons-nous! indignons-nous! Agissons et combattons pour l’intérêt de tous car ce monde est le nôtre et que nous entendons le partager équitablement!
    Avec toute mon amitié pour ton combat et tes idées
    Nadège

    • Merci Nadège.
      Le plaisir de te lire est partagé, notamment parce que cela me fait chaud au coeur de voir des jeunes être déjà si impliqué dans le « combat » social,
      dans la volonté pour un monde plus juste !
      Ne lâche jamais cette fibre là, elle est fragile !
      Merci.

      L’ I

  8. Je ne l’avais jamais lu cet article , mais (et pour que j’écrive un commentaire ) je le trouve beau et juste .

  9. Je n’ai pas tout lu.
    Et pourquoi n’ai-je pas tout lu ?
    Je me suis arrêté au laïus sur l’école qui formerait des moutons-bouffons travailleurs-consommateurs, et si je comprends votre rage, cher congénère, je n’apprécie pas votre manque de recul et votre façon de vous comporter comme ce que vous dénoncez. Non, l’école n’est pas ce que vous en dites dans votre diatribe digne d’un skinhead cotisant au FN. La preuve, vous en sortez !

  10. Cela fait plaisir de lire des choses que l’on ressent depuis longtemps. Je me dis non tu n’es pas seul mon gars.
    Bon suis pas des années 80 mais avec 20 ans de plus nous en arrivons a la même synthèse.
    J’ai partage le lien ..
    Bien a toi

  11. Ton article m’a humidifié les yeux… 🙂

    Depuis quelques temps, je ne sais plus qui je suis et vers quoi aller. Je me sens dépassée, perdue dans ce monde qui ne me convient plus… Pourtant j’ai tout pour être heureuse dans ma vie…mais…voilà… j’aurais préféré rester un mouton…
    Et aujourd’hui, je te lis et je me dis que tu es dans ma tête.
    Tu poses des mots, des phrases, des contextes que je n’arrive pas à exprimer, que j’ai l’impression de ne pas réussir à partager quand j’en ai l’occasion.

    Merci pour ce regain d’énergie que tu viens de me donner aujourd’hui.

    Je suis une indignée du canapé.

    Maytica

  12. Jacqueline DURANTON

    Quel excellent texte où je me retrouve en tous points…malheureusement, il y a très longtemps, je pensais en voyant la misère du monde, que nous allions vers le meilleur et que l’amélioration des conditions de vie des humains de cette planète était incontournable…me voila à l’aube de ma vie, mais ces beaux espoirs ont été foulés par ce capitalisme dévoreur de chair humaine…avoir tout largué pour une vie de saltimbanques qui nous apporte tant d’émotions et de belles rencontres, a été la plus grande expérience de notre vie…mais comment convaincre tel ou tel dont le seul but est d’avoir la plus belle maison ou la plus belle voiture que son voisin ???…on espère simplement que notre exemple de vie simple sans surplus fera germer quelques idées autour de nous !…mais l’espoir me reprend (m’a-t-il jamais quittée ?) puisqu’il existe par le monde une personne capable d’écrire un texte aussi tolérant…semons les bonnes graines !…

  13. Je n’ai pas encore fini de lire l’article mais sois en sur j’irai jusqu’au bout. je tenais à souligner le sentiment étrange que j’ai ressenti : l’impression de lire ce que mon esprit essaye de construire depuis des années. Une synthèse du système comme on en pond rarement. Du coup je me pose 3000 questions :
    Pourquoi je ne t’ai pas découvert plus tot? D’ou viens tu?
    ensuite je me demande quel serait la suite de cet article, sinon le titre du blog? où se situe le combat et comment compte tu le mener? peut etre ma réponse se trouve dans la suite de l’article et je diverge pour rien, mais je crois que je cherche plutot un contact un échange ou du moins un espoir d’un possible monde différent, avec des gens différents. Quand je lis ca en tout cas mon esprit quitte le mode veille dans lequel il tombe trop souvent…
    et je ne voudrais pas que ça soit en vain

    • Merci Pierre pour ce message touchant, comme beaucoup d’autres suite à cet article.

      Ce texte, il est pour moi aussi fondamental, résumant des années et des années de réflexion stériles et de rage et d’utopies emmêlées.
      Il synthétise un peu tout, un peu maladroitement, un peu rapidement, mais il m’a permis d’avancer.
      Maintenant, et notamment à travers ce blog, ma pensée s’affine, ma réflexion se prolonge, je commence à voir où je veux en venir et ce que je peux en faire.
      J’espère que tu as pu lire l’article jusqu’à la fin.
      Et concernant le combat, il se situe d’abord au quotidien, dans la vie normale, en changeant sa manière de voir le monde, de parler, de consommer, de s’informer.
      Et ensuite, soit dans un prolongement du petit 1, en optant pour une vie décroissante… Soit dans un combat politique, en tentant de créer par exemple un mouvement citoyen d’ampleur comme Podemos ?
      Je n’ai pas encore la réponse… 😉
      Dignement,
      L’ I

  14. J’ai 17 ans (18 en octobre) et je commençais vraiment aussi à me poser des questions sur la manière dont le monde avance. Et je me suis rendu compte qu’il y a quelque chose qui clochait. J’ai découvert ton site et et tes idées hier soir et je dois avouer que mes yeux se sont définitivement ouvert à travers tes nombreux articles ( cette Keny Arkana est une lumière dans le rap trop sombre d’aujourd’hui).
    Bref, merci, merci beaucoup de m’avoir ouvert les yeux. Surtout continue comme ça.

    Un nouvel indigné du canapé.

    P.S. : Ce billet résume toute mon idéologie, idéologie sur laquelle j’arrivais pas m’exprimer concrètement avant.

    • Hello Willy. Merci pour ton message, ça me remplit toujours le coeur de lire ça,
      encore plus venant d’une jeunesse pleine de fougue et d’envie !
      Accrochons-nous, ce monde ne sera pas facile mais il est nôtre et nous devons tenter de l’améliorer, modestement !

      L’ I

  15. Bonjour
    Par « accident » si j’ose dire je viens de découvrir ce site . Ça me réjouit de constater que des « jeunes » se bougent et préparent un Printemps Français (ce que je souhaite depuis longtemps) mais que je désespérais de voir.
    Je suis un « vieux ».Ancien Combattant de moins de 20 ans du conflit 1939/1945 (17 ans).Nous avions beaucoup d’espoir pour une France nouvelle et le Comité de la Résistance en a été l’aboutissement.Mais la politique « politicienne » à pris la suite et que de mensonges et de tromperies….Nous en voyons les conséquences aujourd’hui….De mon coté je suis devenu libre penseur et anarchiste et aujourd’hui la révolte gronde en moi.Je rejette les termes « gauche » « droite » qui ne veulent plus rien dire et que les « politiciens » ont galvaudés.Il faut que les Peuples reprennent le pouvoir.J’aimerais tant que nous suivions les exemples qui nous viennent de l’Etranger alors que c’est la France qui devrait en être le moteur.
    Comment diffuser au maximum « indigne-du-canapé »?
    Amicalement
    Jean Louis SPINNER

    • Bonsoir.

      Merci encore !
      Espérons qu’un « printemps français » se profile…
      Pour diffuser un max L’Indigné du Canapé, il n’y a pas de méthode miracle, à part en parler à sa famille, à ses voisins,
      en parler par mail, et laisser la magie opérer. 😉

      Merci grandement en tout cas.

      Dignement,

      L’I

  16. j’ai toujours un immense plaisir a vous lire puisque vos textes rejoignent complètement mes pensées.Celui là m’est les choses essentiels en avant, les explique très bien et donne les marches a suivre,c’est rassurant,il faudrait que tout le monde s’ouvre a ça,c’est ça aussi le travail.Moi qui suis porté dans la vie par le mot :ECOUTE parcequ’il est porteur de l’ouverture aux autres,qu’il insite au dialogue donc au vouloir comprendre,au recherche de solutions ect…parce qu’on se prépare a une écoute pour qu’elle soit sans jugement,sans émotions pertubatices,se rendre disponible ect…ce texte est porteur d’une écoute fertile et large d’esprit.Merci donc ,oui on se sent moins seul quand on vous lit,diffusons donc ses idées d’un amour possible!!

  17. Bonjour, je n’ai pas énormément de choses à dire à part bravo pour ce texte. Je le découvre un peu en retard mais il reste toujours aussi intact.

    Je continue à surfer sur ces découvertes internet des idées alternatives depuis quelques mois maintenant.

    L’analyse est ici, sous nos yeux, au plus juste, mais tant de personnes passent à côté de cette vérité si souvent critiquée…

    « Ça ne fonctionnera jamais ces idées d’utopistes »
    « -n’avez vous jamais voulu vivre dans un monde de paix, d’égalité, de liberté et de fraternité? »
    Que répondre à ces gens qui disent: »-non »?

    • Hello !

      « -n’avez vous jamais voulu vivre dans un monde de paix, d’égalité, de liberté et de fraternité? »
      Que répondre à ces gens qui disent: »-non »?

      Leur dire qu’ils ne répondraient pas comme cela s’ils n’avaient pas été conditionnés toute leur vie à la violence et à la concurrence…
      Oui, c’est un très long travail d’apprendre à penser contre soi, contre la « logique » (car ce système n’en accepte qu’une).
      Mais c’est crucial et nécessaire pour faire éclore d’autres réalités !

      L’ I

  18. Comme beaucoup ici j’apprécie ce que vous écrivez ici. Je partage totalement votre analyse et votre vision des choses. Je trouve également rassurant de trouver ici et ailleurs de plus en plus de personnes qui la partagent…

    En complément de votre exposé, voilà deux sites que je trouve prometteurs et qui peut-être apporteront des solutions concrètes et utiles à notre avenir. Je vous laisse vous faire une idée 🙂

    http://mocica.org/fr/Project
    http://www.ma-voix.fr/

    Encore merci pour votre travail et votre état d’esprit, vous êtes dans le vrai, continuez !

  19. Cher Indigné,

    Je tenais simplement à vous féliciter et vous encourager dans votre oeuvre pour un monde meilleur!!

    Vous avez écris ce que je n’arrivais pas à exprimer clairement et pour cela je vous remercie.

    Je me retrouve complètement dans votre analyse de ce système et des solutions proposées pour en sortir.

    Je vais répandre votre bonne parole en partageant cet article et parler de votre site à mon entourage (j’ai déjà commencé).

    Je me dois d’être plus actif au quotidien pour être en accord total avec mes pensées et j’y travail.

    Merci pour ce travail de fond qui nous réapprend à s’informer et à nous redonner espoir.

    Dignement 😉

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