Comme avec Nestlé, il faut acter le boycott d’Unilever

Ben&Jerry’s, Magnum, Knorr, Maille, Lipton, Dove, Axe…
Comme Nestlé, Unilever est un énorme consortium agroalimentaire, tellement gigantesque qu’on n’aurait jamais cru cela possible.

Comme Nestlé, Unilever donne au consommateur l’impression du choix mais dans certaines gammes, tous les produits sont les siens, car ce genre de multinationales met obligatoirement ses petits concurrents à genoux.

Comme Nestlé, Unilever possède la puissance d’un État et peut aisément influencer les politiques « souveraines » pour imposer ses envies commerciales en faisant du chantage à la délocalisation et donc à l’emploi, mais aussi en faisant du dumping fiscal et environnemental, et donc en affaiblissant les Etats et le capital naturel de notre planète.

Comme Nestlé, Unilever traine plusieurs casseroles, car sa simple position de quasi-monopole exploitant des denrées dans des pays dominés politiquement et commercialement en fait une entreprise néocoloniale, qu’il faut, je pense, boycotter autant que possible.

Lire aussi : Nestlé, pourquoi il faut boycotter cette marque ignoble… 

En creusant un tout petit peu, on trouve évidemment de nombreux points noirs qui font réfléchir sur l’éthique de la marque (et des marques) Unilever.

Récemment, un reportage diffusé à grand échelle a fait prendre conscience au grand public des problématiques environnementales liées à l’exploitation massive de l’huile de palme (combat pourtant mené depuis des années par plusieurs ONG). Dans ce reportage, on peut voir que dans plusieurs pays du sud-est asiatique (Indonésie, Malaisie), outre une déforestation massive et incontrôlée entraînant le génocide d’espèces animales (les fameux orangs-outans notamment), et la destruction de l’habitat naturel de populations indigènes, le commerce de l’huile de palme provoque aussi l’exploitation des êtres humains : travail d’enfant, femmes sous payées (moins de 2,5 dollars par jour), journées interminables, rien n’est respecté par ces entreprises locales.

Et qui en profite en fermant les yeux ? Les multinationales occidentales, ravies d’acheter cette matière première à si bas prix. Parmi elles, Nestlé, Colgate, Kellog’s, Procter & Gamble ou encore… coucou Unilever !

En 2001, sous la pression de Greenpeace, le groupe a fermé une usine en Inde dans la ville de Kodaikanal (30 000 habitants), après avoir – certainement – déversé des litres de déchets (dont du mercure) dans une rivière, polluant des terres et des eaux sur des kilomètres carrés. Toujours au niveau écologique, Unilever continue d’utiliser du phosphate – un produit qui pollue fortement les cours d’eau – dans certaines de ses lessives (OMO, Skip) vendues en Amérique du Sud… Ces firmes multinationales sont tellement puissantes que les Etats ont parfois du mal à s’opposer à leurs exigences.

Lire aussi :  L’abominable TAFTA (GMT ? TTIP ?) pour les « nuls »

Vous en voulez encore ?

Unilever a été condamné en 2011 pour avoir effectué une entente sur les prix, avec Procter & Gamble (eh oui, encore eux) et Henkel. Un cartel de producteurs, vous le savez peut-être, c’est quand toutes les marques vendant un type spécifique de produit (par exemple, de la lessive, du jus d’orange ou du pétrole) s’entendent pour augmenter les prix tous ensemble. Le citoyen est alors pris au piège, car quelle que soit la marque qu’il choisisse, elle appartient au cartel, et il doit donc payer plus cher que d’habitude.
Finalement, le groupe ayant aidé l’Autorité de la Concurrence à démanteler la combine, il a été exonéré de son amende, une honte qui démontre la connivence entre les pouvoirs politiques et les lobbies commerciaux.

C’est également Unilever qui a défrayé la chronique en 2010 en décidant la fermeture de l’usine Fralib à Géménos, (thés Lipton) alors que celle-ci était parfaitement rentable et dédiait 2/3 de ses bénéfices pour remplir les poches des actionnaires ! Finalement, les Fralib ont obtenu le droit de récupérer leur usine et de la gérer en SCOP (coopérative).
Mais Unilever a lancé de nombreuses autres délocalisations – moins médiatisées – d’usines françaises, comme les usines Amora et Maille : eh oui, votre moutarde ou vos cornichons « made in France » viennent bien souvent de Chine !

Convaincu par l’ignominie du groupe ?
Pour savoir si vous avez du Unilever chez vous c’est simple, les produits Unilever ont tous un logo en « U » formé par plein de petits symboles : discret mais caractéristique.

Mais pour vous aider encore plus, voici une liste des produits Unilever à boycotter :

Boissons et Glaces :
Ben & Jerry’s, Miko(Magnum, Carte d’Or, Max Adventures, Viennetta, Café Zéro, Cornetto) , Éléphant,Lipton;

Alimentaire :
Alsa, Amora, Calvé, Fruit d’Or, Fruit d’Or pro-activ, Knorr, Maille, Maïzena, Planta Fin, Végétaline ;

Soins de la personne :
Axe, Brut, Dove,Monsavon, Rexona, Signal, Timotei, Williams ;

Entretien de la maison :
Buhler, Cajoline, Cif, Domestos, Omo, Skip, Persil, Sun.

Unilever possède des marques internationales (Knorr, Lipton) mais également de nombreuses marques locales.
Ainsi, les glaces Miko se nomment Ola en Belgique, France et au Portugal, Algida en Italie, Langnese en Allemagne, ou Frigo en Espagne.

Évidemment, nous ne sommes que des réceptacles de ces industries qui sèment la misère voire la mort autour d’elles. Mais puisque les gouvernements se relaient sans rien vouloir changer à la toute puissance de ces multinationales agro-alimentaires (ni au sujet des inégalités, ni au sujet des emplois, ni concernant les impôts, ni concernant l’environnement), attelons-nous à la tâche, nous-mêmes.

Selon la marque, nous serions 2 milliards à consommer ses produits sur Terre. Autant dire qu’on a une force de frappe considérable ! Utilisons-la !
Prêts pour le boycott ?

 

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Sources : Unilever, Mediapart, Greenpeace, Le Matin, The New York Time, Amnesty, L’Obs

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