La finance et ses lobbies, véritables ennemis du peuple et de la démocratie

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On nous parle des Roms et des étrangers – en prenant soin d’attiser le racisme ordinaire -, des SDF, du coût du travail, de la concurrence mondiale, de la crise, des « assistés »… Mais les véritables ennemis du peuple, celles qui nous ont mis un boulet à chaque pied en nous obligeant à payer « leur » crise, ce sont les banques et la finance mondialisée.

Les plus naïfs croient encore certainement que les élections, a fortiori les élections nationales, ont le pouvoir d’influer sur leur vie quotidienne et de l’améliorer. Hélas, ce n’est plus le cas. Que l’on vote très à droite (FN, UMP), à droite (Modem, UDI, PS), ou plus à gauche (EELV ? PC, PG), on n’élit jamais ceux qui décident réellement des modifications vitales de nos sociétés.

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Aujourd’hui, à Bruxelles, on retrouve des bandes organisées de technocrates chargées de mettre en place des politiques européennes sur lesquelles on n’a pas notre mot à dire. Mais surtout, ces technocrates sont chaque jour influencés par un milieu à qui l’on devrait interdire le droit de parler à l’oreille de « nos politiciens » : les lobbies financiers.

Leur puissance économique est telle qu’un claquement de doigts semble leur suffire pour infléchir la politique d’un État. 1 700 lobbyistes (et des millions d’euros) s’activent à Bruxelles et pèsent sur l’équilibre des pouvoirs. Et encore, ces chiffres sont peut-être loin de la réalité vu que seuls les lobbies qui ont joué le jeu de l’honnêteté se sont inscrits sur le « registre de transparence » instauré en 2008. Comme toujours, on ne demande pas de comptes aux gros poissons !

« Il est évident qu’en déployant de tels moyens, ces organisations ont largement réussi à influencer l’agenda européen sur les réformes financières. Nous estimons qu’il est dangereux qu’un secteur qui a provoqué autant de dégâts puisse avoir une telle influence sur les législations qui le concerne » a expliqué avec justesse le Think Tank CEO (Corporate Europe Observatory)

Au total, plus de 55% des lobbies présents à Bruxelles représenteraient la finance, contre un maigre 13% de lobbies en charge de défendre les ONG, les associations de consommateurs, les syndicats… Bref, en charge de nous défendre nous, pauvres citoyens. Voilà entre autres pourquoi la simple taxe sur la transaction financière a tant de mal à être acceptée. Alors de quelle démocratie parlons-nous donc ? Doit-on s’y soumettre ?

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Dans un magnifique discours sur l’obéissance civile (1970), l’historien américain Howard Zinn avait souligné qu’il y avait plus de ressemblance entre Nixon et Brejnev que Nixon n’en avait avec n’importe lequel des citoyens américains. De la même façon, soyez-en sûrs, Obama, Poutine et Hollande ont bien plus de choses en commun que n’en a Hollande avec n’importe quel « petit » Français.

Nous n’avons pas moyen de donner notre avis à ces gens-là. Le « NON » bafoué en 2005 le prouve. Au contraire, le monde de la finance joue aux mêmes jeux et discute aux mêmes tables qu’eux…

C’est avec cette logique (purement libérale) et ces idées-parasites mises dans la tête de nos chers dirigeants que la France, qui a voté en 2012 pour une politique sociale, de gauche, se retrouve avec un gouvernement qui fait des dizaines de cadeaux aux entreprises et au MEDEF.

Pour les plus modestes, que reste-t-il ? Environ 500 euros par an ! Youhou. Danse du ventre et cotillons. Pendant ce temps, les vrais ennemis du peuple et de la démocratie continuent de s’en mettre plein les poches. Hier, quand ils étaient en crise, on nous a obligé à renflouer leurs caisses. Voilà comment ils nous remercient !

663164_0203430934899_web_teteEt le jour où un politique aura le courage de leur demander de participer à l’économie du pays, ils s’exileront. Et à tous ceux qui aiment – adorent – stigmatiser les assistés, je veux dire ceci : l’argent annuel destiné à faire « survivre » des millions de familles atteint la somme de 60 millions d’euros par an. C’est pas mal, je vous l’accorde.

Mais si vous cherchez vraiment de l’argent, allez voir du côté des fraudeurs et autres exilés fiscaux : eux ne manquent pas d’argent et permettraient à la France de récupérer près de 3 milliards d’euros par an… On essaie ?

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Photo : VARIO IMAGES/SIPA

 

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