Les semences paysannes, arme efficace contre les lobbies agricoles et le Pouvoir

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Monsanto (et autres gros groupes agro-alimentaires), FNSEA, groupes pharmaceutiques, MEDEF, Union Européenne… même combat ! Pour le fric, rien n’a d’importance, ni la santé, ni même la vie.

Et pourtant. De petits espaces de liberté subsistent. Il faut entrer dedans et pousser les murs, tous ensemble. D’où ce petit billet.

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Récemment, un petit maraîcher français a fait parler de lui, attirant les regards intéressés des agronomes du monde entier. Pourquoi ? Parce qu’il est capable de faire pousser des tomates, des courgettes, des oignons, etc. sur un sol aride, sans pesticides ni engrais, et sans système d’irrigation. Bref, à l’ancienne, sans trop d’effort, tandis que tous les industriels de l’agriculture se cassent les dents face à un été trop sec, trop chaud… Caniculaire.

Sa technique n’a rien de nouveau. Mais comme elle s’inscrit à contre-courant de ce qui est fait – demandé, exigé – en ce moment, elle a tout de même un petit côté révolutionnaire.

Son secret : il cultive des variétés de légumes anciens, envers et contre tous. Un peu comme Kokopelli, qui diffuse ces graines « interdites » depuis plusieurs années, défiant les lobbies et les autorités !

L’exemple emblématique : Kokopelli

En 2012, la petite association de conservation et diffusion de semences paysannes Kokopelli (dont j’avais déjà parlé dans un article sur Avaaz) s’est fait connaître à cause d’un procès qui l’a opposée à Baumaux, un grand semencier de graines industrielles.

Baumaux a attaqué Kokopelli en l’accusant de vendre des graines naturelles « non inscrites au catalogue officiel des espèces et des variétés en France et en Europe » et donc de lui faire une concurrence déloyale.

Cet enregistrement au catalogue est de plus en plus incontournable, car les gros lobbies veulent pouvoir tout contrôler et s’assurer une position de monopole. Ils veulent donc que les lois et donc la justice favorisent l’industrie agro-alimentaire face aux petits producteurs indépendants qui défendent une auto-consommation de qualité et la bio-diversité.

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Derrière ce procès se cache un scandale bien plus grand encore. En favorisant la victoire du gros semencier Baumaux (13 millions de chiffre d’affaires en 2013) face au petit Kokopelli, le signal envoyé est le favoritisme accordé à ceux qui proposent des semences hybrides à replanter chaque année.

Les semences paysannes, comme celles de notre petit agriculteur révolutionnaire qui défraye la chronique en ce moment, ne sont plus les bienvenues.

Si elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel (ce qui coûte très cher, surtout pour une petite asso ou pour un indépendant), elles sont interdites : les méthodes ancestrales doivent mourir au profit des gros groupes. Encore une liberté fondamentale qui s’évapore…

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Soutien total aux semeurs de graines d’utopie, Kokopelli et les autres !

Vive les graines paysannes !

Ces graines représentent un vrai moyen de lutter contre l’industrie agro-alimentaire. Une fois achetées, elles permettent de faire de belles économies même si elles ont un rendement un peu moindre que les semences industrielles :

– Elles sont éternelles, ne demandent pas d’être rachetées tous les ans

– Elles sont beaucoup moins gourmandes en eau

– Elles n’ont pas besoin d’être traitées à l’excès : bye bye les pesticides et autres cochonneries.

– En cas de conditions climatiques extrêmes, elles auront à coup sûr un meilleur rendement que les fragiles semences industrielles.

– Vos fruits seront peut-être plus moches, mais ils auront meilleur goût et ils seront plus sains !

Des avantages qui semblent vraiment très convaincants !

A une époque où il faut chaque année racheter les semences industrielles ce qui coûte un certain prix, où l’irrigation coûte cher, où les pesticides coûtent cher et pas seulement au niveau économique mais également au niveau sanitaire, ces graines et ceux qui les diffusent font un travail louable et salutaire.

Ce n’est pas l’agriculteur Paul François, qui a été empoisonné par les herbicides du géant de l’agro-chimie Monsanto, qui dira le contraire. En plus de coûter cher, l’industrialisation de la production agricole a des impacts très négatifs sur la santé des humains, des abeilles, etc.

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Sa victoire historique façon David contre Goliath a le mérite de prouver que oui, les produits de Monsanto sont hautement toxiques, et pas seulement pour les plantes mais aussi pour les êtres humains. Après 10 ans de démêlés judiciaires, la justice a enfin déterminé que les herbicides Lasso (pour le maïs) sont dangereux et que Monsanto devait indemniser cet agriculteur victime de ces produits mortifères.

Espérons que tous les agriculteurs dans le même cas lui emboiteront le pas et arrêterons d’utiliser ces graines hybrides et ces méthodes qui n’ont décidément que peu d’avantages.

Plus de détails ici

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A tous les agriculteurs, fermiers et paysans qui ont compris que leur travail était vital mais qu’il ne devait pas répondre à des intérêts économiques, mai à des intérêts humains, à tous ceux qui ont un petit jardin, un petit potager, une terrasse, un balcon et qui veulent faire pousser 2-3 petites choses : n’allez pas au Jardiland du coin, dénichez des graines paysannes !

Il faut construire sans la FNSEA et sans ces lobbies qui se battent pour toujours plus de rentabilité, pour plus de grandes exploitations, pour de plus mauvaises conditions de travail pour les hommes et de mauvaises conditions de vie pour les bêtes, de pollution, de piètre qualité, de prix bas.

Il faut construire sans les grandes surfaces qui sont dans la même logique. Lançons toujours plus d’AMAP pour les faire tomber !

Redonnons du sens aux produits de saison, au bio, au local, aux circuits courts, aux domaines et fermes à taille humaine, aux graines anciennes. Vive la vie dans nos assiettes !

 

Sources : kokopelli, reflets.info, francetv

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