L'Indigné du Canapé

La campagne raciste du Ministère de l’Education décryptée

Un article composé de tweets signés par le syndicat Sud Education 77 (avec pour source la journaliste Mona Chollet) :

“Il parait que le ministère de l’éducation nationale lance une campagne d’affichage sur la laïcité (source : @monachollet). Regardons et analysons cela ⬇️

Commençons :
1-La laïcité, c’est la séparation des églises et de l’état, c’est aussi la neutralité religieuse de l’état et de ses agents dans l’exercice de leurs fonctions.
2-Aucune des personnes présentées dans ces affiches n’est agent de l’état, ce sont des élèves. 

Conclusion 1 : ces affiches ne parlent pas de laïcité. Sous couvert de laïcité, elle parlent plutôt d’ « intégration », de « multiculturalisme » et de « vivre ensemble ». Cette confusion des termes a des conséquences. 

Continuons :
1-Ces affiches présentent des enfants dans diverses activités.
2-Le fait qu’ils soient ensemble dans ces activités est présenté comme un effet de la laïcité
3-Quelque chose ferait donc obstacle sans la laïcité, mais quoi donc ? 
4-Les seules réponses possibles dans ces affiches sont : des couleurs de peau différentes et des prénoms d’origines diverses. 

Conclusion 2 : ces affiches supposent que les origines des élèves (dont la couleur de peau et les prénoms sont ici des signes) empêchent le vivre ensemble et que la laïcité remédie à ce que l’affiche présente comme un problème. Elles reposent donc sur un imaginaire raciste (qui s’ignore probablement lui-même et se croit même sans doute antiraciste, mais ça n’atténue rien). Sous un air jovial, ces affiches célèbrent le vivre ensemble, mais en le conditionnant à la laïcité. Sans celle-ci, certaines personnes ne pourraient pas s’intégrer convenablement à la société française. Pourquoi ? Sans doute, car ces personnes resteraient trop différentes entre elles, ce qui serait source de conflits. La laïcité permettrait donc d’homogénéiser les populations, de les transformer en bon citoyens (notons la récurrence du mot « même »). La laïcité est donc conçue ici comme un instrument normatif, elle est ici présentée dans une conception assimilationniste et paternaliste, dans la lignée des conceptions coloniales sur ces questions. 

Continuons et répétons :
1-La laïcité concerne les religions.
2-Aucun signe religieux ou éléments symbolisant une religion n’est présent dans ces images.
3-Ce sont donc implicitement les prénoms et les couleurs de peau qui signifient l’appartenance religieuse dans ces affiches. Conclusion 3 : Ces affiches reposent donc sur des conceptions racistes et essentialisantes qui supposent qu’on peut déduire l’appartenance et les pratiques religieuses à partir des prénoms et de la couleur de peau. Elles réduisent les personnes à leur croyances en fonction de leur prénoms et couleurs de peau (l’une des affiches le dit presqu’explicitement en parlant de « croyances » en montrant trois jeunes gens que rien de distingue sinon leur couleur de peau). 

Continuons :
1-Ces affiches présentent diverses activités
2-Certaines font implicitement référence à des polémiques récentes, notamment celle sur la piscine (qui évoque implicitement le burkini qui pourtant ne concerne en rien les enfants)… …et celle sur le rire (qui évoque implicitement Charlie Hebdo, etc.) 

Conclusion 4 : ces affiches s’appuient sur un narratif médiatique raciste qu’elles réactivent et légitiment tout en apportant comme solution à ce qui est présenté comme un problème une conception normative de la laïcité. (les filles, ça se baigne en maillot, c’est comme ça en France ! On rit des religions, interdit de critiquer cela, c’est comme ça en France !
Dans le premier cas, l’affiche est donc en plus « baignée » d’idéologie patriarcale voulant exercer un contrôle sur le corps des femmes). Ces affiches mettent donc surtout en scène une collection de fantasmes agitant les esprits d’une certaine classe politique et médiatique (couple mixtes, burkinis, liberté d’expression menacée, etc.). 
Évidemment, ce qui est visé ici, ce sont les musulmans, ou plutôt l’image distordue et essentialisante que s’en font les responsables de ces affiches, image distordue à laquelle correspond en contrepoint une image tout aussi distordue de la laïcité. Le véritable message de ces affiches, même s’il n’est qu’implicite et camouflé, c’est donc : les musulmans ne sont pas laïcs, il faut qu’ils le deviennent. C’est à croire que chez ces gens-là, l’un n’existe qu’avec l’autre, le musulman n’existe que comme repoussoir à la laïcité et la laïcité comme remède au musulman. Dans cette dialectique abjecte, on ne célèbre un « nous » que parce qu’il y a un « eux » que l’on condamne du même mouvement. Cette vision des choses conduit à une impasse : il ne sera jamais permis à l’autre de « s’intégrer » véritablement car alors, le « nous » perdrait son fondement. Il est donc constamment nécessaire de rappeler qu’il existe un « eux », qu’il est irréductible, récalcitrant. Il faut le répéter encore et encore. Ces affiches remplissent cette fonction. 

Conclusion conclusive : la laïcité, dans ces affiches, c’est l’exact inverse de ce qu’est la laïcité dans la loi de 1905. C’est une laïcité devenue dogme qui est professée ici, un dogme de l’assimilation et de l’invisibilisation, une fausse laïcité qui n’est que racisme.”

Source : https://twitter.com/SudEducation77

Pour creuser sur le sujet :
>> Non à tous les racismes, non à toutes les récupérations du racisme
>> Racisme : s’offusquer des mots pour détourner les regards du réel
>> La loi “contre les séparatismes”, une offensive liberticide

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