Remaniement du gouvernement Hollande (PS) : des erreurs et des insultes

Hollande-valls-remaniementHollande n’a jamais vraiment appliqué ses promesses électorales majeures. Il n’a jamais mené une politique fidèle au parti socialiste (alors une politique de gauche, je n’en parle même pas). Quelques preuves : Hollande a renoncé à la fameuse taxe à 75% des salaires supérieurs au million d’euros. Il n’a pas inversé la courbe du chômage. Si son ennemi est « la finance », il n’a rien fait pour le prouver, encore moins pour l’arrêter.Il n’a pas réduit le déficit public à 3% du PIB (ni en 2013 ni en 2014). Il n’est pas parvenu et ne saura pas réorienter le budget européen. Il a renoncé à inscrire dans la Constitution les principes de la loi de 1905 sur la laïcité. Plus question de délivrer un récépissé de contrôle d’identité pour lutter contre le délit de faciès. Et enfin, le droit de vote des étrangers aux élections locales est reporté jusqu’à nouvel ordre (donc, à jamais).

Et en terme de justice sociale, son « Pacte de responsabilité », le nombre d’expulsions de son gouvernement (de Roms, de sans-papiers, de squats, de lieux de résistance etc.), son ignorance des nécessités en terme de logement et d’écologie sont autant d’insultes à la gauche et à M. Jaurès, dont ils aiment tant s’approprier l’image !

Résultat : 85% de Français ne font pas confiance au Gouvernement. 17% soutiennent encore le Président, 36% sont encore derrière le Premier Ministre… C’est normal, mais cela ne change rien. Vive la démocratie !

Lors de son premier remaniement ministériel, Hollande avait nommé comme Premier ministre Valls, qui fait partie de la branche la plus à droite de son parti. Valls n’a pas la cote non plus, tant il continue de taper sur les plus modestes et de laisser les gros en paix. Tant il se comporte en individualiste omnipotent, on l’a vu dans les condamnations liberticides des spectacles de Dieudonné (je ne défends certainement pas l’homme Dieudonné, mais sa liberté d’expression) que dans ses interdictions unilatérales de certaines manifestations pacifistes de soutien au peuple de Palestine.

Alors, lors de cette rentrée, le ministre de l’économie, Arnaud de Montebourg en a eu assez des choix politiques des dirigeants de son parti, et a voulu ouvrir un débat, afin de réorienter les priorités gouvernementales vers ses vrais objectifs (sociaux) : une économie plus juste qui viendrait en aide aux plus modestes, une opposition à la politique d’austérité imposée par l’Europe et l’Allemagne en tête, bref, une politique un peu plus à gauche.

Inadmissible sortie ! « La ligne jaune a été franchie », on a tapé sur les doigts le méchant partisan qui ose rompre le pacte. Qui ose remettre en question ces décisions qui ne fonctionnent pas… Qui réfléchit, quoi !

Bref, on a tiré sur l’ambulance (et loin de moi l’idée de penser que Montebourg est un sauveur) au lieu de le mettre dans les bonnes dispositions pour tenter de changer les choses. Le remaniement, c’est une manière abrupte, violente, de « clore le débat », pour reprendre les mots d’Aurélie Filippetti qui a choisi de quitter le gouvernement. Et nous serions toujours dans une démocratie ?

Demain, nous aurons un nouveau gouvernement, encore plus libéral que le dernier… Incompréhensible, cette violence étatique. On est vraiment en droit de douter, « nos vies valent plus que leurs profits » ?

Comment comprendre que la FRANCE ENTIÈRE n’ait pas ouvert les yeux sur cette mascarade. Tout est pathétique dans cette République en général et ce gouvernement en particulier :

– Montebourg ouvre un débat, Valls répond que ce débat ne devrait pas se tenir dans l’espace public. Ce que l’on doit en comprendre : la politique serait devenue une affaire privée. Mais depuis quand les Français ne peuvent-ils même plus entendre (et on ne parle pas d’intervenir) les problématiques économiques de leur propre pays ?

La démission du gouvernement sans le départ de Valls (tu parles d’un remaniement) qui est sans doute le plus dangereux et libéral de tous est une arnaque, un coup médiatique. Et les pauvres ministres, Royal, Hamon et Taubira en tête, assurent que le « travail continue » (on se demande bien lequel)…

– Hollande nous explique – à nous, le peuple – que nous sommes maîtres de notre avenir alors que lui et Valls sont toujours là contre l’avis général, alors que la France entière leur « crache » symboliquement à la figure. Proposez un référendum sur la politique économique si vous voulez nous voir maîtres de notre destin !

– Et que dire de cette rhétorique malsaine qui nous invite – nous contraint plutôt – à un attachement sans faille et « sans limite » à la « république » et la « démocratie » ? Il faut bien comprendre une chose : la république n’a plus aucune légitimité et que notre système n’a plus rien de démocratique. Nous vivons dans une oligarchie ploutocratique (je vous laisse en vérifier la définition) !

Voir que les gens restent dans cet état de passivité après autant d’insultes de la part de ces pseudo technocrates qui sont payés par nous pour nous diriger est assez insupportable…

Désobéissance, abstention, et bientôt, la rue !

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