L'Indigné du Canapé

Législatives 2022 : de sombres enseignements et perspectives…

Voilà. Le cirque électoral est enfin terminé. Et même si on peut le regarder avec beaucoup de distance quand on est contre les institutions bourgeoises – pas dupes qu’elles ne changeront rien à notre situation -, une autre manière de voir les choses consiste à se dire que voter, c’est un acte politique parmi d’autres. C’est une manière d’imprimer un rapport de force, de mettre en avant d’autres idées que celles qui dégueulent sur toutes les chaînes, etc.

Bref, le cirque électoral est fini, quelles leçons peut-on en tirer ?

Au premier tour d’abord, on a pu constater que de nombreuses « têtes d’affiche » du gouvernement, mais aussi de droite et de l’extrême droite sont tombées dès ce premier tour. Blanquer, Wargon, Peltier, Valls, De Consigny, Zemmour, Attal (le flic pro-Zemmour) nous ont quitté dès le premier tour. Cela fait rudement plaisir et mérite un petit « cheh ! » même si cela ne change pas grand-chose à la panade dans laquelle on se trouve… Car le second tour a eu lieu, et c’est lui qui a donné le fin mot de l’histoire.

Avant d’y arriver, notons quand même que dans l’entre-deux tours, la majorité présidentielle a refusé de donner des consignes de votes dans les circonscriptions où la NUPES et le RN étaient face à face, renvoyant l’extrême droite et l’extrême gauche dos à dos. Extrême gauche, la NUPES ? Quelle ignorance politique ! Ni expropriation ni nationalisation, ni abolition de la propriété ou de la monnaie, aucun anticapitalisme en bref, juste de la régulation économique, du keynésianisme, pour réduire un peu les inégalités et la destruction du vivant. Vouloir avantager 80% des Français, c’est être extrémiste maintenant ?

Et de ce second tour alors, que peut-on retenir ?

1er enseignement : le mouvement LREM (ou Renaissance) a perdu plus de 100 députés en 5 ans. Il n’a plus la majorité absolue. C’est un camouflet pour un Président qui a absorbé les centristes de (fausse) « gauche », mais aussi le centre et une bonne partie de la droite en menant une politique de droite dure, dans les mots (dédaigneux des classes populaires) comme dans la politique (police et sécurité, immigration, école, santé, retraites, chômage, environnement). Mais ce camouflet est totalement logique au vu de la destruction de nos services publics et du creusement des inégalités pendant 5 ans, et au vu aussi de l’absence de programmes des députés de la « majorité. Néanmoins, on peut dire que pour un Président des riches et un mouvement sans programme, il fait encore bien trop de voix…

2ème enseignement : la progression de la NUPES est intéressante mais en trompe-l’œil. Oui, c’est mieux qu’en 2017, oui la dynamique est réelle. Mais si on prend un peu de recul en observant une tendance forte sur les 30 dernières années, la gauche est faible en France. Tout cumulé, les députés de gauche seront environ 30% à l’AN. C’est relativement faible. Tout le reste, c’est la droite et l’extrême droite. Nous vivons dans un pays réactionnaire, un pays sclérosé, un pays qui a complètement mis de côté sa propension à la justice sociale, politique et climatique et qui préfère s’énerver sur le voile ou sur le fait que des personnes aient une couleur de peau différente plutôt que de réclamer des comptes aux grands patrons concernant leurs dividendes records, concernant leurs niveaux de pollution, plutôt que de vouloir améliorer le fonctionnement des institutions (politique, médiatiques, policière), qui s’enlisent dans les thèmes qu’imposent les dominants pour éviter qu’on les cible eux…

3ème enseignement : l’extrême droite progresse énormément, en multipliant par plus de 10 son nombre de députés par rapport à 2017, et en atteignant des scores jamais vus dans l’Histoire. On verra comment voteront ces députés, mais il y a peu de doutes. Espérons que le fait de les voir voter des lois en faveur du capital et contre les droits humains fasse l’effet d’une bombe à leurs électeurs (mais j’en doute).

L’enseignement le plus important, c’est la connivence entre LREM et RN

Finalement, le vrai enseignement, qu’on n’a jamais cessé de répéter ici, c’est que reprendre les mots, les postures, les fantasmes et les peurs de l’extrême droite, ce n’est pas combattre l’extrême droite, c’est la légitimer et la renforcer (un diction dit qu’on préfère toujours l’originale à la copie). LREM n’a eu de cesse de faire cela pendant 5 ans. On en voit le résultat.

Lire aussi : L’odieuse connivence entre LREM et RN (2018)

L’extrême droite est le marche-pied de LREM pour prendre le pouvoir présidentiel. Mais LREM est aussi devenu le marche-pied de l’extrême droite pour gagner en crédibilité et cela se vérifie lors de ces Législatives.

Evidemment, l’une des choses les plus honteuses de cette Cinquième République moribonde est le refus de LREM de dire clairement qu’il fallait choisir la NUPES face au RN dans les configurations où c’était soit l’un soit l’autre. Alors même que le parti présidentiel tenait le discours opposé (et culpabilisant envers la LFI) au second tour des Présidentielles, quand il fallait l’emporter face au RN.

Oui, LREM s’est rapproché dans les pensées et dans les actes de l’extrême droite. Et sa façon de disqualifier toute la gauche en la rendant « anti-républicaine » en fait un parti ne supportant plus aucune contradiction démocratique, donc assez peu républicain et assez extrême lui-même. A noter. Et petit clin d’oeil au regard noir aux médias qui ont laissé faire sans moufter. On retrouve bien là les dynamiques du capitalisme, qui est aveugle à tout sauf à ses intérêts de classe, et qui préférera toujours un Hitler capitaliste à un Front Populaire voulant réguler/limiter/encadrer le capitalisme (car non, la NUPES n’a RIEN d’extrême gauche, je le répète).

D’ailleurs, dès les premiers jours de cette nouvelle Assemblée, un petit mec comme Woerth, multi-condamné, a affirmé préférer le RN plutôt que la NUPES à la Commission des Finances, de peur que les députés NUPES fassent leur boulot (donc fassent du contrôle fiscal) au contraire des députés RN ou LREM. Cela en dit long…

Bilan : on est vraiment dans de sales draps. Sauf que maintenant que l’épisode électoral est fini, l’étendue des choix d’action est devant nous. Le boycott, les pétitions, oui. La désobéissance civile, les grèves massives, la manifestation. Oui aussi. L’information, la communication sur des thèmes alternatifs. Trois fois oui. L’action syndicale, associative, l’entraide et la solidarité en dehors des institutions que sont le travail, l’école, l’Etat, etc. Encore oui.

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