Mais où s’enfuient les libertés individuelles européennes ?

lois-liberticides-europe

Même celui qui observe avec attention et raison la société est nécessairement subjectif. Mais il arrive que la réalité soit si dure qu’affirmer sa prise de position en devient inutile. Un surplus. Décrire est déjà suffisamment violent. Et à voir comment les États réduisent les libertés de leurs concitoyens un peu partout en Europe, il est un devoir de rendre compte. Pour pousser les puissants à rendre des comptes.

Espagne, France, Grèce, Turquie… Les libertés en Europe ont du plomb dans l’aile. Petit panorama qui fait froid dans le dos.

France

Quoi qu’on en dise, qu’on aime ou pas l’humoriste (l’homme est difficilement défendable par les humanistes), l’interdiction express du spectacle Le Mur de Dieudonné (et l’acharnement judiciaire qui s’en est suivi) soulève pas mal de questions en ce qui concerne la liberté d’expression en France d’abord, mais aussi la manière dont certaines décisions étatiques peuvent être poussées contre toute attente, tandis que d’autres dossiers bien plus importants pour notre liberté à tous – lutte contre le mal logement, la malbouffe ? Encadrement des prix de première consommation ?  Régulation de la finance ? Lutte contre la corruption des marchés publics ? Revenu de base ? etc. – semblent complètement ignorés par le pouvoir…

En outre, depuis le 10 décembre 2013, le Sénat a voté une loi liberticide concernant notre liberté sur Internet. Auparavant, l’administration ne pouvait avoir accès à nos données personnelles uniquement dans le cadre d’une enquête anti-terroriste. Désormais, les administrations peuvent demander l’accès direct aux informations personnelles d’un ou plusieurs individus aux hébergeurs de sites Internet et aux fournisseurs d’accès à n’importe quel moment et sans passer par un juge, afin de contrer la délinquance organisée et préserver le « potentiel scientifique et économique de la France. » Une véritable aberration…

Et que dire de la décision du gouvernement d’interdire une manifestation de soutien à la Palestine pour la PAIX dans cette région du monde, au motif des risques de débordements antisémites… On a rarement vu plus intelligent pour mettre de l’huile sur le feu. Il faut rappeler que manifester est un droit constitutionnel qui n’a que très rarement été bafoué sous les différentes républiques. Vigilance donc !

Allemagne (Hambourg)

Une bataille contre la gentrification a secoué la ville d’Hambourg fin 2013, célèbre et admirée pour sa mixité sociale. Mais à qui appartient la ville si ce n’est à ses habitants ? Jusqu’où le capitalisme et la rentabilité peuvent grappiller de la place ? Peut-on déloger des foyers modestes afin de construire des habitations flambant neuves destinées à une catégorie socio-économique plus élevée ? Si à Marseille où le même phénomène de gentrification a eu lieu à l’occasion de Marseille Capitale de la culture 2013, la population a fini par se résigner, les révoltes ont éclaté à Hambourg.

Suite à ces mouvements sociaux, les policiers se sont vus autorisés à fouiller n’importe quel citoyen circulant dans des zones déterminées par la police comme étant « à hauts risques ». Omnipotence du monde de l’immobilier et des garants de l’ordre, et répression des femmes et des hommes qui défendent leur ville et leur logement. On en est là et les mots manquent…

Espagne

En Espagne, afin de lutter contre le mécontentement des citoyens qui de plus en plus s’organisent sous l’impulsion des Indignés, le gouvernement a voté des lois de « Sécurité citoyenne » carrément liberticides. En se couvrant de « sécurité », tous les manifestants sont considérés comme dangereux.

Instaurer la répression et le silence, le meilleur moyen de se couvrir des révoltes mais aussi de faire monter les crispations, les tensions et les fascismes…

Ces derniers mois, voilà toutes les lois contre la liberté qui sont passées en Espagne : privatisation des théâtres, tentatives de privatiser les hôpitaux, droit du travail ébranlé et transformé depuis sa base, licenciements innombrables, familles chassées de leur domicile, éducation civique suspendue dans les écoles, etc. Pour une liste plus détaillée, lire ci-dessous l’article reprenant la lettre de la combattante indignée Astrid Menasanch Tobieson.

Lire la lettre d’Astrid : L’Espagne, bientôt une « démocratie » totalitaire ?

Et il nous faut également impérativement mentionner la loi totalement aberrante restreignant fortement le droit à l’avortement, faisant régresser le pays de plusieurs décennies…

Du coup, de nombreuses marches et mouvements agitent le pays depuis le mois de mars. Des millions se réunissent « pour la dignité »… Car oui, c’est maintenant la dignité humaine qui est foulée au pied par nos dirigeants et les élites oligarchiques. Insupportable.

Turquie

Vente d’alcool interdite après 22 heures dans les épiceries, politique d’urbanisation agressive, interdiction pour les syndicats de manifester sur Taksim le 1er mai, attaques répétées contre le droit à l’avortement ou la limitation d’accès à la pilule du lendemain, injonctions répétées aux couples turcs de « faire au moins trois enfants », violences policières. Erdogan y va fort, et le peuple se rebelle de plus en plus.

En outre, suite au récent scandale de corruption ayant agité la pyramide, l’État se prépare à sortir des cartons une loi visant à renforcer le contrôle des magistrats par le Gouvernement. Et la séparation des pouvoirs dans tout ça ?

Enfin, une loi liberticide de contrôle d’Internet a été adoptée en 2014. Elle permettra à l’autorité étatique de bloquer sans aucune décision de justice préalable tous les sites jugés comme portant « atteinte à la vie privée » ou publiant un contenu considéré « discriminatoires ou insultants ». Un peu plus tôt dans l’année, Twitter a même été interdit durant quelques temps en Turquie… Oui, tous les moyens sont bons.

Bosnie-Herzégovine

«Nous voulons le droit de nous soigner, le droit de manger, le droit de vivre.»

En Bosnie-Herzégovine, de nombreux manifestants ont dénoncé au début de l’année leurs dirigeants qu’ils considèrent comme corrompus et discrédités, et cela peu importe le bord politique. Ils dénoncent de véritables « vols » commis par les élus au nom de cette sacro-sainte « transition économique » : par exemple, l’accaparement des ressources publiques par une poignée d’individus. Ils ont en contre partie réclamé la fin de toutes les privatisations effectuées depuis 20 ans. Un beau mouvement social plein d’idées justes qui émerge au moment où les libertés sont plus que jamais en danger…

De plus, c’est un mouvement qui transcende les barrières nationales, ethniques, politiques, ce qui inquiète les dirigeants. Ne devraient-ils pas pourtant se réjouir ? Oui, mais cela irait contre leur politique du diviser pour mieux régner !

Grèce…

Depuis octobre 2013 en Grèce, le Code pénal compte le fameux article 458A, qui est une mesure relative à la « violation du droit communautaire ». Il prévoit un emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans pour les citoyens qui agissent contre les structures européennes, mais aussi, pour ceux qui protestent ou expriment un désaccord comme l’opposition aux sanctions.

On peut y ajouter les 3 millions de personnes qui se retrouvent sans couverture sociale (et quasiment autant dans la pauvreté) afin de faire plaisir aux ordres d’austérité dictés par le FMI, et donc sous sa responsabilité… Une honte !

… Hongrie, Bulgarie

La liberté de la presse bat également de l’aile, à plusieurs endroits en Europe, notamment en Grèce, en Bulgarie et en Hongrie. Selon un rapport de la Freedom House, la Hongrie a perdu 16 places et arrive dorénavant en 56e position des pays garantissant le mieux la liberté à sa presse nationale. La Grèce est passée de la 70e à la 84e place. Selon ce même rapport, les journalistes grecs travaillent dans des conditions sociales et professionnelles désastreuses et sont exposés au mécontentement populaire.

La Bulgarie a perdu sept places et figure maintenant à la 87e position. La Commission européenne a par le passé critiqué la concentration excessive de médias en Bulgarie. Le pays se retrouve au cœur d’un scandale d’espionnage illégal d’une ampleur sans précédent, appelé « Watergate bulgare ». Selon des rapports dont la fiabilité se confirme, de nombreux journalistes ont été illégalement mis sur écoute. Génial !

Au niveau européen

Le Traité de Lisbonne et surtout son article 123 qui permet aux lobbies financiers de prendre en otage les économies des peuples européens, le TAFTA négocié secrètement entre l’U.E et les Etats-Unis et qui pourrait entièrement redéfinir les choix économiques et sociaux des pays, ou encore le scandale de « l’affaire Snowden » – de nombreux Etats européens et mondiaux ainsi que de très nombreux civils – nous ! – ont été mis sur écoute de manière opaque et totalement illégale par la NSA, service secret américain -, nous sommes pris en otage par une oligarchie qui redéfinit nos libertés sans que nous

Sans oublier…

On peut y ajouter entre autres les lois homophobes en Russie, les tortures dans les prisons géorgiennes,  et certainement de nombreuses autres qui sont passées sous silence par les médias « mainstream » français.

D’ailleurs, si vous voulez ajouter votre pierre à l’édifice, laissez un commentaire, je me chargerai de les intégrer à l’article.

Il est important de s’indigner et de communiquer contre les lois liberticides qui font régresser l’émancipation de la société et de toutes les femmes et hommes qui la composent. Car qui pourra affirmer que toutes ces lois sont faites pour nous, pour notre progression, notre émancipation, le Bien Commun ?

Merci.

L’Indigné du Canapé

 

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas utilisé à des fins commerciales. Champs obligatoires *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.