Pourquoi un contrôle accru des chômeurs serait d’une perversion inouïe

Selon des informations du Canard Enchaîné – qui font suite à des propos de Macron qui ne laissaient guère de doute -, le Gouvernement préparerait « en secret » une loi afin de renforcer le contrôle sur les chômeurs.

D’après ce document, il s’agira de « permettr[e] de moderniser les règles relatives à la proposition d’une offre raisonnable d’emploi. Elle sera génératrice d’une meilleure application des règles et d’un accompagnement plus efficace des demandeurs d’emploi ». 

Comment ? En obligeant le chômeur à remplir un « rapport d’activité mensuel » pour qu’il prouve qu’il est bien tous les jours de sa vie dans la recherche effrénée de son futur emploi, notamment.

Mais ce n’est pas tout : si un chômeur ne prouve pas que ses recherches sont suffisamment intenses, s’il refuse de participer à une formation (quand on sait à quoi ressemble certaines formations Pôle Emploi, il faut se pincer) ou s’il refuse deux offres d’emploi « raisonnables », il pourra voir son indemnité chômage réduite de moitié pendant 2 mois, voire carrément supprimée. A lui de refaire une demande au Pôle Emploi pour être remis sur les listes de demandeurs d’emploi…

Si certains trouvent peut-être « tout à fait normal » qu’on mette plus de pression sur les chômeurs (c’est vrai quoi, ce sont des fainéants qui se la coulent douce, peuvent penser certaines personnes totalement enfermées dans le cadre de pensée dominant, aka le cadre de pensée télévisuel made in BFM/MEDEF/LREM), rappelons tout de même que toucher le chômage est un droit, et que ceux qui en bénéficient ont cotisé pour.

Mais surtout, le plus choquant dans cette annonce, c’est qu’elle stigmatise, une fois encore, les plus fragiles de la population. On montre du doigt les chômeurs, on montre du doigt les migrants, on montre du doigt les étudiants ou les retraités.

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Pendant ce temps, on ne parle pas des politiciens qui augmentent leurs propres indemnités, des grandes boîtes qui font des bénéfices record tout en licenciant, des actionnaires qui aspirent tous les profits, des grands patrons qui s’exilent fiscalement et qui eux, devraient être stigmatisés, tous les jours, sur toutes les chaînes de télé… Elle est là la perversion !

Rappelons que le CICE a coûté 20 milliards d’euros PAR AN, que le MEDEF avait promis (sans obligation, mais promis quand même) de créer 1 million d’emplois, cela en a créé (ou sauvegardé) 100 000, ce qui fait la bagatelle de 235 000 euros dépensés PAR EMPLOI créé (on est loin du coût du SMIC, croyez-moi). Vive le marché. Et pendant ce temps-là, les mêmes se plaignent du coût des fonctionnaires, qui font souvent un travail utile et qui voient leur salaire gelé depuis des années…

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Fraude à Pôle Emploi : 58 millions.
Fraude fiscale : 3,4 MILLIARDS.
Evasion fiscale : 60 MILLIARDS.
Vous arrivez à vous représenter la différence ? C’est presque impossible, tant le fossé est énorme.

 

Comme le rappelle Guillaume Blardone, la fraude au chômage, c’est de la « pauvre fraude », qui ne ruine pas le pays, surtout si l’on rappelle qu’il existe des millions de personnes en France qui ont droit au RSA, à la CMU, et à d’autres aides, et qui ne le savent même pas, la faute à une information opaque et à des démarches complexes.

Le travail d’un gouvernement serait plutôt de faire une campagne de sensibilisation sur ce problème, et pas l’inverse. De penser à régler le problème de la pauvreté, pas de penser à régler leur compte aux pauvres. Mais non, vous comprenez, il faut penser au PIB…

Le but de cette réforme, si elle est mise en oeuvre, c’est de faire baisser artificiellement les chiffres du chômage en retirant les « tire-au-flanc » ou les tête-en-l’air (car il est déjà fréquent de se faire rayer des listes pendant un ou deux mois pour avoir oublié de s’actualiser) des comptabilisations.

 

Et si ça peut faire économiser quelques sous. Le souci, c’est qu’en faisant cela, on ne combat pas de le chômage, uniquement les chômeurs (un peu comme avec le mobilier urbain anti-SDF, qui lutte contre les SDF sans apporter aucune solution à cette misère sociale).

Imaginez par exemple, si on « inversait la pression », comme le propose un élu du Parti communiste dans le Nord, Fabien Roussel, c’est-à-dire « donner le pouvoir à chaque chômeur cherchant activement du travail de pouvoir sanctionner Pôle Emploi si ce dernier est incapable de lui proposer au moins deux offres à temps plein« . Et pourquoi pas ? Pourquoi toujours accepter d’être infériorisé, infantilisé, mis en position de dominé par ces intellectuels de basse-cour ?

Pour vous donner une petite idée de la perversion qui nourrit les discours de ceux qui envahissent l’espace médiatique, une petite sélection de tweets ! En espérant qu’elle vous inspirera et vous indignera bien :

 

 

 

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C’est simple comme réponse. Mais ce qu’il faut maintenant réussir à faire, c’est à convaincre notre voisin de palier, notre tata, le grand-père du pote, le collègue de taf, que ceux qui nous mettent vraiment dans le rouge en France, ce sont les exilés fiscaux et les grosses boîtes, et pas les chômeurs ou les immigrés.

Vous vous en sentez capables ? Alors, vous pouvez commencer par partager cet article, tout en ajoutant à vos interlocuteurs : mais au fait, ce ne serait pas ce gouvernement qui est hyper fainéant en préférant s’attaquer aux chômeurs plutôt qu’aux causes du chômage ?

A bon entendeur !

 

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