Combattre les idées reçues de l’ultra-libéralisme dominant

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Notre société est industrielle, marchande, capitaliste, et de plus en plus libérale. Malgré ses failles inacceptables (exclusion, pauvreté, inégalités, injustices, racisme et discriminations, sexisme, écocide, etc.), cette société survit grâce à ceux qui en profitent le mieux, se gavant tant qu’ils le peuvent : grand patronat et syndicats associés, politiciens adoubés, monde journalistique approuvé, bourgeoisie et aristocratie, bref, toute la clique possédant à la fois les capitaux économiques, financiers et culturels, comme l’aurait dit Bourdieu en son temps, et les Pinçon-Charlot aujourd’hui.

Cette clique, elle est ultra-minoritaire en nombre, mais elle possède les moyens de production (elle peut donc faire pression sur la problématique de l’emploi et donc du chômage), les moyens de coercition légitime (on la retrouve à la tête de toutes les instances politiques) et enfin, les organes de propagande (les plus fortunés possèdent les médias dominants, on le sait). Du coup, elle peut faire en sorte que ça dure, encore et encore.

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Avec cette Sainte Trinité, difficile de croire encore que nous vivons en démocratie : nous sommes en régime oligarchique, et ce n’est pas complotiste de le dire, c’est une observation sociologique. Notre droit de vote est plutôt un devoir, celui de nous déposséder de notre pouvoir « politique » en le remettant sciemment à d’autres, qui ne nous représentent pas et ne connaissent même pas nos problématiques quotidiennes, deux ou trois fois tous les 5 ans…

Le meilleur moyen pour cette oligarchie de maintenir sa domination « légitime » sur ses administrés, c’est de convaincre ses derniers qu’elle est la plus à même de diriger, de prendre des décisions, de régner. Mais Comment manipuler l’opinion en démocratie ?
Vaste débat, et pourtant. Déjà en 1928, Edward Bernays (père fondateur des relations publiques aux USA et grand amateur de psychologie), intitulait son ouvrage phare de la sorte, et écrivait :

La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.

Une phrase qui rappelle celle de Noam Chomsky : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un Etat totalitaire ».

Malgré tout, la propagande est violente, elle aussi, car elle revient souvent à criminaliser les victimes, afin de faire oublier qui est le véritable bourreau. Les exemples sont légions, et il convient de ne pas les traiter à la légère, car ils sont d’une brutalité sans nom, et mènent à des conséquences désastreuses.

  • On incrimine le demandeur d’emploi, quand on ne parle jamais du patron voyou (coucou Gattaz et le MEDEF).
  • On criminalise la jeunesse, surtout celle qui est déjà marginalisée et ghettoïsée, mais on ne dit rien du délinquant en col blanc qui à coup de millions, détruit des dizaines ou des centaines de vies.
  • On envoie en prison le SDF pour un paquet de pâtes, mais pas le politicien qui a fraudé ou volé des millions (de nos poches). De la même façon, on envoie plus facilement en prison le chômeur que le travailleur (à délit équivalent).
  • On parle de la fraude au RSA, la goutte d’eau, mais on néglige les fraudes et les exils, ces vagues qui nous privent de moyens pour faciliter la vie de milliers de travailleurs, dans des secteurs aussi critiques que la santé ou l’éducation.
  • On débat sur des produits cancérigènes pendant des mois et des mois (ça brasse tellement) au lieu de les interdire directement, pendant que des centaines d’espèces disparaissent sous nos yeux
  • En regardant sur la gauche, on pointe du doigt l’immigré qui a fui la misère, la guerre, la persécution, la soif peut-être, et on l’accuse de tous les maux (économiques, encore), sans voir celui qui nous fait les poches sur la droite !
    etc.

Pour illustrer ces dérives de la pensée, dérives qu’on doit condamner et dans lesquelles on doit empêcher tout esprit de tomber (car ce sont tout simplement des manipulations), je vous invite à lire ces panneaux concoctés par le collectif 50 Assos contre l’exclusion :

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« Loin de « profiter du système » comme certains le clament haut et fort, les personnes en situation d’exclusion ont des conditions de vie insoutenables : privations multiples, honte du regard de l’autre, parcours du combattant pour accéder à ses droits… Pourtant, des solutions existent pour sortir les personnes de l’exclusion ; les acteurs de la solidarité les expérimentent tous les jours. Alors ensemble, choisissons le juste combat : attaquons-nous aux causes de la pauvreté, et non aux pauvres ! »
50 Assos contre l’exclusion

Un uppercut aux idées reçues sur l’exclusion, à une époque où elles ont plutôt la belle vie… Mais pour celui qui a quelque peu étudié l’Histoire ou la sociologie, ce n’est pas une surprise : les discours intolérants et violents resurgissent toujours en période de crise, bien orientés par ceux qui ont le pouvoir et qui eux, ne subissent pas les galères du quotidien !

En guise de conclusion, j’aimerais vous parler d’un grand homme, Frantz Fanon. Dans Les damnés de la terre, livre consacré à la violence coloniale en Algérie (encore française), Fanon expose avec brio la manière dont les partis « nationaux » (un concept importé de France) utilisent et manipulent les masses (citadins contre ruraux, prolétaires contre paysans, jeune bourgeoisie souvent commerçante contre chefs coutumiers) pour s’extraire du problème de l’injustice, alors qu’ils en sont la cause principale. Elle est là, la manipulation, elle est là, la violence. On peut rajouter à ces manipulations celles consistant à opposer tribu contre tribu (au Rwanda ou au Congo, cela a eu des conséquences calamiteuses…) ou encore, une religion à une autre (au hasard, les Juifs aux Musulmans).

Lire aussi : Peaux noires, masques blancs : lire Frantz Fanon, lutter contre les stéréotypes !

Cette stratégie colonialiste du « Diviser pour mieux régner », elle a encore lieu, partout dans le monde. Et sous nos yeux, elle s’étale, renforcée par notre incroyable léthargie.

Rappel : la propagande est violente, car elle revient à criminaliser une victime pour faire oublier qui est le véritable bourreau !

Les paroles politique et médiatique se déportent de plus en plus vers la droite, vers le conservatisme, vers un discours nationaliste, vers un monde où la valeur centrale est la réussite, une réussite avant tout économique. A force d’irriguer écrans de télé et pensées, elles transforment de fait notre société en zone où les droits sont à deux vitesses, sans qu’on le dise, donc sans qu’on le pense.

On en vient à créer (et à accepter) une société dans laquelle on n’a pas les mêmes chances selon qu’on soit un Français blanc, arabe ou noir, selon qu’on soit un homme ou une femme, selon qu’on vienne de Neuilly-sur-Seine ou de Trappes, selon qu’on soit chômeur ou salarié, selon que notre famille ait une particule ou ait une consonance étrangère, selon qu’on ait un patrimoine ou pas… Celui qui rassemble tous les « stigmates » du dominé (par son origine ou sa culture, son groupe social, son lieu d’habitation, ses capitaux culturels et économiques) paie le prix fort de cette propagande et de cette réalité sociale.

Bref, le mérite n’existe pas, ce n’est qu’une illusion. La justice, c’est l’égalité, ou la recherche d’une égalité la plus grande possible. Ne cherchons plus d’excuses, ni à soi-même ni à ceux qui nous dirigent. Obligeons notre société industrielle, marchande, capitaliste, libérale, inégale, injuste raciste, sexiste, discriminatoire, écocide, à se remettre en question.

Combattons le capitalisme !

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Source : 50 Assos contre l’exclusion, Les Damnés de la Terre,

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