Les parfaites différences entre l’extrême droite et l’extrême gauche

« L’extrême ». Ah, comme c’est effrayant, l’extrême en politique !
A notre époque qui cherche à repousser les limites du possible (du souhaitable ?), on a pourtant tendance à valoriser les sports extrêmes, les goûts extrêmes, les relations et les amours extrêmes…

Mais en politique, l’extrême fait peur ou du moins, est pensé pour faire peur. C’est d’ailleurs pour cela que c’est ce terme, et pas un autre, qui a été choisi afin de qualifier certains groupes, groupuscules, partis, idéologies. Mais comment faire le tri entre les différentes composantes qui sont réunies dans les « extrêmes » ?

Déjà, on peut commencer par différencier l’extrême gauche de l’extrême droite. C’est même le premier réflexe à avoir, le plus évident, mais aussi le plus nécessaire.

Quelles actions concrètes ?

L’extrême gauche, quand apparaît-elle dans le paysage médiatique ?

Dans certaines manifs, s’illustrant parce qu’elle casse des vitrines ou des distributeurs de billets (quand c’est vraiment elle !), et dans des affrontements disparates et relativement peu porteurs avec la police.
De temps en temps, on en parle car elle est présente et active dans les ZAD, zones à défendre car elles représentent un horizon d’utopies non-bétonnées face à la jungle urbaine et quadrillée (géographiquement comme mentalement) que nous propose le capitalisme grandissant.
Enfin, on en entend parler lors d’affrontements avec l’extrême droite, dont l’un des derniers exemples a débouché sur la mort tragique de Clément Méric, militant antifa tué par des miliciens ultranationalistes…

L’extrême droite, quand apparaît-elle dans le paysage médiatique ?

Dernièrement, elle a beaucoup fait parler d’elle car elle est intervenue pour tabasser des étudiants militants, dans diverses universités, à Montpellier (avec le soutien plus que probable du Directeur de l’Université et de certains professeurs), à Lille, à Strasbourg, à Nantes… ou encore pour avoir tabassé les adolescents d’un lycée autogéré à Paris. Ou encore pour avoir empêché la solidarité nationale lors d’une marche en mémoire d’une vieille dame juive tuée, en en excluant le groupe FI (coucou la LDJ) et en escortant avec diligence le groupe FN (re-coucou la LDJ).
Ou encore, parce qu’elle est allée faire avorter des opérations de sauvetage de migrants en mer Méditerranée…

Face à ce parallèle, le constat est évident, net et froid : les groupes d’extrême gauche et d’extrême droite, que l’on cherche souvent à amalgamer pour empêcher de réfléchir et entretenir une peur dépolitisée, n’ont strictement rien à voir les uns avec les autres. Bien qu’ils puissent parfois utiliser la violence comme méthode d’action, considérant que le pacifisme ne sert à rien face à la violence du capitalisme et de l’Etat, les « extrêmes » n’orientent pas du tout leurs actes de la même façon.

A l’extrême gauche, l’éventuelle violence est dirigée contre les structures de la société ou ses symboles : les banques, la police, bref, le capitalisme et l’Etat en tant que dépositaire de la violence physique légitime.

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Tandis qu’à l’extrême droite… la violence est cette fois orientée vers l’extrême gauche, vers ceux qui luttent, qu’ils soient anarchistes, anticapitalistes, écologistes radicaux… ou simplement des militants FI, ou simplement des lycéens ou étudiants qui manifestent contre la casse sociale, contre le Gouvernement et ses décisions injustes, contre l’ordre établi.

Quel but idéologique ?

Qu’est-ce que cela nous montre ? Que l’extrême gauche, fidèle à ses racines historiques (lutte du bas vers le haut, contre la royauté puis contre la bourgeoisie, contre l’exploitation, elle qui a lutté durant la Révolution Française, durant la Commune de Paris puis dans la Résistance) et à sa tradition anticapitaliste (elle qui a initié les luttes syndicales, les Bourses du Travail, les grèves…), se bat pour une Révolution, matérielle et idéologique. Elle ne lutte pas pour l’immobilisme, elle ne lutte pas pour la violence en soi (ce qui paraît tout de même relativement évident) mais pour souffler sur les braises d’un capitalisme mortifère et faire advenir un monde plus juste, au plus vite.

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A l’inverse, et les exemples cités précédemment le montrent bien, l’extrême droite est la garante de l’ordre établi. Sa violence, il la tire de son intolérance : soutien au régime de Vichy, soutien au colonialisme, violence à l’encontre des minorités, des immigrés, des militants de gauche… Autrement, comment expliquer que des groupuscules d’extrême droite viennent s’attaquer à de pauvres étudiants occupant une fac ? En quoi ces étudiants gênent-ils directement l’idéologie de l’extrême droite, ou du FN ?
Le souci, c’est que ces étudiants ne respectent pas « l’ordre », ou du moins l’idée que s’en font les groupuscules violents du GUD, de la LDJ et de leurs petits copains.

L’extrême droite a toujours lutté pour une hiérarchie, un ordre établi, il a toujours soutenu les pouvoirs coercitifs car c’est dans son logiciel idéologique, et ce n’est pas pour rien qu’on fait de lui l’allié légitime du capitalisme. Rappelez-vous : à ses débuts, le FN était le plus libéral des partis, il soutenait les actionnaires contre les ouvriers. Et aujourd’hui encore, malgré les apparences et les tentatives de récupération politique, on ne trouve aucune critique de l’ultra-libéralisme dans son programme, seulement une obsession pour les frontières et ceux qui viennent de l’étranger ou ayant une autre religion.

Par ailleurs, avez-vous entendu Macron et sa clique, pourtant partout considérés comme « modérés », « centristes », stigmatiser les agissements de l’extrême droite dans les lycées et les universités ? Stigmatiser les paroles du CRIF et les actes de la LDJ, qui a posément choisi son camp entre un FN clairement affilié à l’extrême droite, et une FI qui ne l’est pas ? Ou dénoncer ce CRS prêt à mettre en joue un étudiant pour « défendre » Marine Le Pen ? Avez-vous entendu la police dénoncer les actes barbares des miliciens d’extrême droite ?
Non, car il existe une connivence de bon sens entre tous ces milieux. Les preuves sont réunies.

Pour boucler la boucle, les liens entre extrême droite et FN existent et sont démontrés (notamment avec le GUD, Ayoub, Troisième Voie…), tandis que la FI ne reconnaît pas les groupes d’extrême gauche, pas plus que les groupes d’extrême gauche ne se reconnaissent dans la FI. FI qui, du coup, peut être tout au plus qualifiée de parti de gauche radicale (et je dis bien tout au plus, la gauche radicale étant tout aussi bien représentée par certains groupes ou partis anarchistes, le NPA ou encore LO).

Bilan : Contrairement à l’extrême gauche, l’extrême droite ne s’attaque pas au système capitaliste, à la violence d’Etat, à l’idéologie ultra-libérale, mais au contraire, à ceux qui la remettent en cause. Ceci et la violence qui en découle devraient suffire pour discréditer cette mouvance auprès de tous ceux qui pensent qu’on peut changer le monde en soutenant des positions réactionnaires, et souvent xénophobes et intolérantes.

Soyons solidaires face aux fascistes. En tant que bras armé du grand Capital, ils sont nos premiers adversaires !

 

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Sources : Politis, RTBF, Humanité, CGT-Police

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