Le racisme culturel, le danger à combattre

FB_20131124_15_00_27_Saved_PictureLa France vit depuis quelques années un véritable retour en force du racisme quotidien, ordinaire. Banalisé aussi par des humoristes qui s’adressent à un public pas toujours soucieux de faire la part des choses – ou pas motivé à le faire – ce racisme culturel est en passe de devenir aussi dangereux que le racisme biologique…

Christiane Taubira comparée à un singe par une candidate du FN ; huée par des cris de singes par des familles entières – enfants compris – lors d’une honteuse manif pour tous ; le journal Minute qui met une banane en Une ; Twitter qui s’enflamme de commentaires à vomir sur la nouvelle Miss France 2014 Flora Coquerel, soi-disant pas du tout représentative de la France à cause de sa couleur de peau ; François Hollande qui blague sur l’Algérie et le terrorisme ; Manuel Valls qui parle des Roms comme de marchandises à déplacer… Les exemples sont légion.

La crise a toujours facilité les extrémismes. « C’est pas moi, c’est les autres » chantait Abd Al Malik… Quand tout va mal, stigmatiser les minorités est la solution de facilité, et avec l’Internet qui permet de tout dire en avançant masqué, une parole plus décomplexée se fait entendre. Comme un effet de mode. Comme une sensation que le FN représente de plus en plus une vraie menace. Et avec toute une classe dirigeante – de l’extrême droite à la gauche libérale socialiste – qui lui emboîte le pas pour banaliser un peu plus un discours déplorable.

Le racisme primaire, celui qui disait que les « races » n’étaient pas toutes égales, a quasiment disparu des discours. Mais pas des actions : c’est ce « darwinisme social » qui partout dans le monde, justifie les guerres, les colonisations, les délocalisations, les pillages de richesses naturelles… En fait, le racisme a su changer son angle d’attaque.

Du racisme biologique au racisme culturel

Depuis 5 ans, le Centre d’études européennes de Sciences Po sonde les Français, et il apparait qu’encore 8% des gens pensent que les Blancs sont supérieurs aux Noirs, Arabes ou Asiatiques (on imagine même qu’ils seraient capables de nous faire un classement des « races », digne des années 1880)…. Un chiffre qui fait peur, mais qui régresse.

De nos jours, dans les discours de nos chers élus qui nous représentent si bien, on n’entendra pas que l’homme occidental a pour mission d’éduquer tel ou tel peuple, de lui faire acquérir tel ou tel savoir-faire ou savoir-vivre. Mais l’idée est toujours là, sous-jacente. On va expliquer que « leur » culture n’est pas adaptée à la « nôtre », et cela va consciemment ou inconsciemment alimenter méfiances, rejets, clans, peurs et violences.

C’est ce que l’on appelle le racisme culturel, un néoracisme qui se banalise, et que beaucoup ne voient même plus comme du racisme. Pas un racisme ? Il inclut pourtant des idées identitaires très fortes, défendant une doctrine « d’homogénéité et de pureté » et voyant l’immigration comme « invasion et pollution », selon Pierre-André Taguieff, auteur du Dictionnaire historique et critique du racisme (PUF).

Patrick Simon, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), nous explique le néoracisme ainsi : « La société française a compris que l’immigration n’était pas un phénomène périphérique : les enfants d’immigrés étaient dans les écoles, les immigrés dans les quartiers, ils étaient au cœur de notre monde. Certains Français ont alors eu une réaction “nativiste” : ils n’ont pas parlé de “race” – supérieure ou inférieure – mais ils ont proclamé qu’ils étaient les propriétaires légitimes de la France et qu’ils avaient, à ce titre, droit à des privilèges. Le Front national a résumé ce discours sur les valeurs culturelles en un slogan, “La France aux Français”. » Vous avez déjà entendu quelqu’un, même se disant loin des idées de l’extrême-droite, vous tenir ce genre de propos, non ?

Recul du communautarisme // Rejet de certaines minorités

Contrairement aux idées reçues, il paraîtrait que le communautarisme recule d’années en années. Le fait d’avoir grandi dans un pays métissé implique que les jeunes de 2000 ont beaucoup moins de préjugés que ceux des années 80. Le racisme envers les Noirs et les Juifs par exemple, est en baisse. Cela peut aussi expliquer pourquoi les actes de racisme envers Christiane Taubira et la Miss France ont autant ému l’opinion (d’une majorité).

Ba_O8-CIEAAeJfdPourtant, les discriminations persistent à tous les niveaux : accès aux hautes études, à l’emploi, à la propriété (tout est lié) restent plus compliqué pour les immigrés et leurs enfants que pour ceux qui ont la tête « qui passe bien ». Un problème qui n’a jamais été pris en compte depuis des décennies et qui ne l’est toujours pas aujourd’hui. Lorsqu’on parle des banlieues, de ces jeunes qui n’aiment soi-disant pas la France, se rend-on toujours compte que c’est la France qui leur a toujours donné l’impression – et prouvé dans les faits – qu’elle ne les aimait pas ? La dernière grande loi contre le racisme date de 72 et depuis, plus rien, sauf des mots à la tribune pour dire : « C’est mal ! ». C’est à se demander à quoi servent nos élus…

Plus inquiétant encore, Musulmans et Maghrébins ont remplacé les Juifs dans l’imaginaire collectif selon Vincent Tiberj, chercheur pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Ils sont les nouveaux boucs-émissaires de la société française. On leur reproche de vouloir islamiser le pays quand ils veulent simplement obtenir quelques aménagements des habitudes sociales

Voir ses enfants avoir la possibilité de ne pas manger de porc (voire de manger hallal), obtenir des lieux aménagés pour prier par exemple, ce n’est pas imposer quoi que ce soit aux autres. Pourquoi certains de ces « autres » se sentent offusqués en leur qualité de Français ? Ces pseudo scandales bien vite amplifiés par le FN (et bien efficacement relayées par les médias) surfent sur les appréhensions de quelques-uns et remplissent d’un courage haineux les intolérants et les faibles qui vont toujours dans le sens du vent !

Ceci dit, cette peur semble assez inexplicable dans les faits. « Le communautarisme serait peut-être une menace si les Musulmans avaient du pouvoir, mais ce n’est pas du tout le cas, explique le sociologue Ahmed Boubeker. Les Musulmans sont très minoritaires au sein de la société française, ils ne sont pas représentés dans les élites politiques, économiques ou sociales et n’ont aucun relais auprès des pouvoirs publics. »

En effet en Hexagone, les Musulmans représentent à peine 5% de la population, pas tous de fervents pratiquants. Selon certaines études, cette peur viendrait de l’époque de la colonisation, et pouvait se résumer en une phrase très drôle si elle n’était pas si grave : « Le Noir fait rire, l’Arabe fait peur ». Bref, les Français ont encore beaucoup de travail sur eux à faire afin de comprendre certains de leurs compatriotes.

FB_20140105_10_22_51_Saved_PictureAu niveau des dirigeants, le danger est criant quand ils défendent la préservation d’une culture française traditionnelle au nom des « valeurs républicaines », amalgamant culture, religion, politique et nationalité : malsain. Car le FN et même l’UMP (voire certains membres du PS) se sont engouffrés dans la brèche et pratiquent le racisme culturel comme ils débattraient du SMIC à l’Assemblée : en ne s’y intéressant que d’un seul point de vue (électif), et sans se rendre compte que leurs actes impactent – au niveau des représentations culturelles – tout un pays, et sur plusieurs générations !

La France est riche et métissée, telle est son Histoire. Et nous irons plus loin en partageant nos différences plutôt qu’en nous renfermant sur nos ressemblances !

 

Photos : © DR

14 commentaires

  1. Simplement on peut noter que le point de vue exprimé est porteur de contradictions:

    a – alors que habitué du métissage, le racisme exprimé diminue, les discriminations restent. S’agit t il d’un rejet d’une certaine conception de la religion ?

    b- Les maghrébins remplacent les juifs dans l’imaginaire.
    5% de musulmans contre 0,5% de juifs donc ?
    Qui représentent une religion étrange, allogène et incompréhensible ?

    c- on parle de france « métissée » avec seulement 5% de musulmans.
    Le métissage est il donc négligeable et donc aussi le fait musulman, ou bien le pourcentage de musulmans, ou assimilé est il beaucoup plus important ?

    d- rendre possible la visibilité publique de la prière ou de l’interdit alimentaire est il une islamisation ou un aménagement ? On ne peut se départir de l’idée qu’il s’agit tout de même d’une islamisation, au moins partielle…

    La défense de l’identité culturelle musulmane est le point commun de ces argumentations.
    Une piste: la religion musulmane, comme religion et comme identité n’a pas d’intérêt et doit être abandonnée par les populations qui souhaitent s’intégrer dans un monde profondément athée.
    Il y a incompatibilité fondamentale entre le monde moderne et le monde religieux: Dieu doit céder la place, Inch Allah.

    • A François Carmignola

      Je ne vois pas les contradictions que vous notez. Le propre de l’article est de parler de la métamorphose du racisme, qui est passé d’un racisme biologique à un racisme culturel. Faisant croire au passage que la différenciation culturelle entre Français de souche et autres Français n’était pas du racisme, mais un principe normal de primauté d’une culture et de traditions plus anciennes, etc.

      La France est plus métissée qu’avant, oui. Moins raciste, oui.
      Mais le racisme n’est pas mort en France, les minorités sont toujours stigmatisées par certains.
      Les Musulmans, et par extension les Arabes, ne sont pas les seuls victimes de ce racisme ordinaire (même si VOUS semblez faire une fixette sur eux).
      L’autre exemple frappant qui me vient est celui des Roms.
      Les Musulmans représentent 5% de la population. Oui, c’est une minorité.
      Est-ce pour autant qu’ils n’ont aucun droit en France. Qu’ils ne peuvent pas pratiquer leur religion, et bénéficier d’aménagements sociaux pour le faire.
      Je ne le pense pas. La France est laïque, oui (athée, pas fondamentalement), mais elle n’empêche pas le culte.
      En tant qu’agnostique, je ne suis pas contre l’idée d’un pays parfaitement laïque, où la religion est uniquement un choix personnel, mais nous sommes des êtres sociaux et il faut savoir composer avec tout le monde, même ceux qui pensent différemment. En tant qu’humaniste qui aime la justice sociale, je pense aussi que la meilleure manière de faire avancer les choses, c’est de ne pas être dans le mépris, le déni, la négation. Des lieux de prière, des plats sans porc, mais aussi une vraie liberté de circulation pour les Roms sans être obligé de pointer au commissariat tous les 6 mois (oui, on le demande aux citoyens FRANÇAIS qui sont « gens du voyage ») devraient être des choses normales pour que nous vivions tous en bonne intelligence…
      Si des gens veulent obtenir des choses pour eux, sans que cela nuise aux autres, pourquoi leur refuser ? C’est le meilleur moyen d’alimenter le déception, le rejet, bref, le communautarisme.
      A moins que ce ne soit pas peur, par repli identitaire, bref, pour des arguments pour moi non compatibles avec le « Liberté Égalité Fraternité ».

      • Je maintiens que vous présentez des arguments contradictoires:
        – on ne peut parler de métissage de la société avec une proportion allogène aussi faible (5%).
        – Dans une société laïque, autoriser l’expression publique de pratiques religieuses n’est pas un « aménagement ». On ne peut défendre la laïcité et son contraire.
        – Vous êtes un peu injuste de dire que je fais une « fixette »: les problèmes « culturels » ont lieu avec les musulmans, qu’il soient maghrébins ou sub sahariens et vous le reconnaissez d’ailleurs.
        – Le communautarisme musulman est parfaitement possible en France avec 5% de la population. Pour preuve, le communautarisme juif, qui a des effets caractérisés, avec une population dix fois moindre.

        Vous êtes athée et laïque (et moi aussi) et vous respecte donc tout à fait, mais je ne suis pas d’accord avec vous: le communautarisme musulman, qu’il soit cause ou conséquence des discriminations dont est victime une immigration qui se passe mal (pour plein d’autres raisons) est un problème. Il ne se résoudra pas avec des « aménagements », mais par la nécessaire disparition d’une religion, cause de désagréments inutiles.

        Qualifier de racisme ce désaccord fondamental sur les manières de vivre est dangereux, car il pourrait permettre à certains de revendiquer le terme…
        Je suis ennemi de toutes les religions, y compris bien sur de celle qui fit l’histoire de mon pays, le catholicisme. Pratiquement éradiqué, ce culte mortifère source de toutes les arriérations devrait donc au nom de l’antiracisme être remplacé par quelquechose d’encore plus autoritaire, maniéré et primitif ?

        • Je suis profondément athée également. Mais je suis aussi fondamentalement laïc, ce que je ne retrouve pas dans votre discours, bien que vous vous en réclamiez.
          Selon moi, la laïcité implique de ne pas contraindre les autres à adopter son culte (ou non culte).
          Alors, certes, en tant qu’athée, je réprouve toute les religions qu’elle quelle soit. Ce sont des modes de vie archaïques tout à fait inadaptées au fonctionnement du monde tel qu’il est.
          Mais dans la mesure où l’on autorise le catholicisme et qu’il y a pratiquement autant de lieux de culte catholiques que de communes en France, je ne vois pas en quoi il serait problématique d’accorder des lieux de culte à une population, surtout quand elle représente 1 personne sur 20.
          La France doit changer, s’adapter à sa population qui a déjà changé. Cela ne veut pas dire renier notre Histoire, loin de là. Je ne tiens pas à ce que l’on rase toutes les églises, les châteaux… sous prétexte qu’ils sont les traces d’un modèle dépassé qui s’essouffle ou d’un système archaïque qui se trouvait être très violent. Ni même les traces de la Shoah et autres exactions de l’occupation, qui est une part de notre histoire que l’on doit conserver. L’immigration musulmane fait partie de l’histoire de la France, accordons lui la place qu’elle représente, au même titre que les cultes catholique, juif, protestant, orthodoxe… qui chacun dans leur mesure ont eu un impact sur notre histoire.

          Alors bien sûr, cela doit se faire en fonction de l’ENSEMBLE de la population française. Cela signifie que les populations immigrantes doivent également s’intégrer, ne pas se placer en rupture totale avec la nation. Cela implique l’apprentissage de la langue, des rudiments de la culture française, l’acceptation des autres tels qu’ils fonctionnent… Tant que leurs pratiques ne nous concernent pas directement et qu’elles sont en accords avec les lois (qui peuvent être modifiées à tout moment, dans leur sens ou non), il me semble que l’on peut leur laisser l’autonomie sur le reste de leurs actions. Si porter le voile, tant que cela est en accord avec la loi obligeant chacun à être à visage découvert dans la sphère publique, leur plaît, très bien, ça ne m’impacte en rien. Pour finir dans le cliché le plus extrême : s’ils veulent égorger leur propre mouton dans leur baignoire/cave pour l’Aïd, bah qu’ils le fassent, je m’en moque.
          Il faut juste prendre en compte leur point de vue comme le notre, à l’échelle de ce qu’ils représentent, dans l’élaboration de nos lois, de notre France future et au final de notre Histoire commune qui se créera sur ses bases. C’est ce qu’on appelle la démocratie. Il n’est nulle part question de perte d’Histoire, de régression culturel mais juste d’évolution selon la volonté de l’ensemble du peuple…

  2. Le défi du 21è siècle est de savoir vivre en France .. Les mutations par définition sont longues, mais au bout du chemin se trouve l’aboutissement d’un rêve commun !

    Merci l’indigné d’essayer modestement, mais toujours avec talent et maestria de faire avancer les choses ..

  3. Excellent article que je partage, une des rares bonnes analyses sur la situation actuelle du racisme en France. Tout y est, c’est si complet que rien ne se trouve à ajouter.
    Si ce n’est…qu’il reste donc des humanistes en France 🙂

    Je découvre au passage ce blog et j’apprécie vraiment – très bonne qualité d’écriture, un parti pris, certes, mais avec des idées qui se défendent derrière et sont très bien défendues, des analyses construites, intelligentes et de qualité nettement supérieur aux torchons qui s’appellent encore -avec culot – journaux. Du bon, du très bon !

    Bien à vous.

    • « Oh my » ! Merci beaucoup Milkachoco, me voilà touché ! <3
      Eh bien, j'espère avoir l'occasion de vous relire sur ce blog prochainement,
      et merci encore pour votre com qui me donne du baume au cœur pour continuer ma modeste "mission" !

      L' I

  4. Merci d’encourager à une autre réflexion sur un sujet encore trop récurrent.
    Il serait tant que les médias nous montrent un peu plus la richesse que ce métissage apporte.
    En tout cas, bien joué pour la « mission » que tu t’es donnée. C’est une petite bouffée d’espoir à chaque fois 😉

  5. L’an passé, il y a eu une expo formidable à l’abbaye de Daoulas, en Finistère. le dossier de presse est toujours consultable : file:///C:/Users/HP/AppData/Local/Temp/tous-des-sauvages-exposition-temporaire-dossier-de-presse-2013.pdf

  6. Prof de philo fraîchement retraité, je découvre votre blog grâce à une ancienne étudiante (quel magnifique « retour sur investissement » !)
    Félicitations pour cet excellent article, même si on peut évidemment y trouver des formules à nuancer en fonction de la subjectivité propre à chacun.
    Je veux juste réagir face à l’intervention d’un de vos lecteurs qui n’hésite pas à écrire « la religion musulmane, comme religion et comme identité n’a pas d’intérêt et doit être abandonnée par les populations qui souhaitent s’intégrer dans un monde profondément athée ».
    Eduqué dans le christianisme comme beaucoup, j ‘ai pour ma part abandonné l’idée de dieu il y a plus de 40 ans et je suis toujours autant surpris par l’arrogance de certains tenants de la laïcité qui voudraient imposer leur manière de concevoir le monde à ceux qui ne la partagent pas. Si les différents monothéismes (et pas seulement l’islam) ont été et restent malheureusement des facteurs belligènes, un athéisme qui se présente comme « ennemi de toutes les religions » et se ferme à tout ce qui n’est pas lui, n’est assurément pas une voie vers la liberté, une valeur qui ne s’impose pas, faut-il le souligner. Je ne chargerai pas la barque en soulignant l’absence des 2 autres vertus cardinales que sont l’égalité et la fraternité de cette vision étroite de l’athéisme.
    Merci pour votre travail salutaire.
    Bien à vous.

    • Excellent commentaire, je n’aurais pu dire mieux !
      Merci pour toutes ces idées, tous le monde ne peut être d’accord avec tous les articles, mais au moins il nous est possible de lire quelques lignes qui sortent des pensées ordinaires !
      Continuez comme ça, c’est de l’excellent travail !

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