QIFF (16) : la douce radicalité de Marina Rollman

Tu aimes les vidéos courtes et percutantes ? Tu es du genre à t’indigner, à te révolter contre les injustices et les aberrations de notre monde ? Installe-toi confortablement dans ton canapé (fonctionne aussi avec un lit, un fauteuil, un pouf…) et découvre notre série de vidéos/fictions qui va te donner envie de bouffer le monde !

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Marina Rollman est peut-être une chroniqueuse de France Inter moins connue que Guillaume Meurice ou Nicole Ferroni, mais elle mérite tout autant le détour.

La Suissesse a commencé sa carrière entre des études d’architecture, des boulots dans des boîtes de com’, et une dépression en lien avec cette société remplie de « jobs à la con » qui ne servent à rien d’autre qu’à payer un yacht à des actionnaires ou de patrons de multinationales.

C’est con mais je comprends très bien les gens qui ont des bac+ 5 et qui ouvrent des fromageries parce que ces boulots en carton, ça rend fou. C’est ça que j’aimerais bien creuser. Dans l’Occident post-national, post-religieux, comment on réinjecte du sens dans tout ce qu’on fait tous les jours ?

Alors, elle a décidé de transformer son destin grâce à l’humour. Un humour à la fois très doux mais franchement engagé, qui est parfois plus intéressant (pour la vision du monde qu’il suscite) qu’il ne provoque le rire. Un peu à la manière d’une Blanche Gardin ou d’un Haroun, si vous voulez (d’autres références humoristiques engagées).

Car si Marina Rollman n’a pas un humour ni vulgaire, ni agressif, elle arrive à être transgressive aux oreilles attentives, et délivre sa version d’un monde meilleur, un monde résolument plus tolérant, aux autres êtres, humains, animaux, végétaux…

Aujourd’hui dans 90% des cas, la drague hétérosexuelle d’un homme vers une femme, c’est pas : « Regarde, j’ai telle ou telle qualité, est-ce que ça te dirait qu’on partage ça ensemble ? » C’est plutôt : « Moi j’ai du désir, on y va ? » Que me propose un mec, sur un quai de métro, quand il me dit « Hey, vas-y, on nique ? » Cette idée que le désir masculin est prescripteur – « je veux, donc on fait » –, c’est fascinant.

Son humour est frontalement féministe, résolument anti-raciste, souvent un peu anti-capitaliste (et écolo) et ça fait du bien d’entendre des gens faire rire sans taper sur les plus fragiles, comme les humoristes à papa qu’on a connu majoritairement jusque dans les années 2000 (coucou Leeb, Laurent Gerra), ou les néo-patriotes intolérants à la Dieudonné !

C’est pas « on ne peut plus rien dire », c’est « on ne peut plus dire n’importe quoi ». Tu ne peux plus tenir de propos fallacieux ni t’emparer d’un groupe dont tu ne fais pas partie et en dire ce que tu en veux. Je trouve ça plutôt chouette parce que ça veut dire que de plus en plus de gens différents ont voix au chapitre.

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Marina Rollman a des choses à dire, et ses idées méritent fortement qu’on soit toujours plus nombreux à les entendre.

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