Un village italien (dont on ne parle pas) survit grâce aux migrants !

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« Immigration, migrants, Italie, débordée, envahie, clandestins, inadmissible, peur, frontières… » C’est certain, ce n’est pas dans le journal de 13h de Pernaut le facho ou dans celui de Pujadas que vous entendrez parler du village de Riace, en Calabre (dans le sud de l’Italie).

Sur TF1 et à la télé en général, on vous en tartinera des couches sur les Italiens qui n’en peuvent plus de voir « ces pauvres gens » débarquer jour après jour « chez eux ». Sur les touristes qui ne peuvent plus bronzer tranquilles et qui pestent. Sur les Calaisiens qui se plaignent de La Jungle et « du bruit et de l’odeur », pour reprendre une superbe expression d’un ancien chef de l’Etat bien français. Sur les policiers et des garde-côtes qui préféreraient que la mondialisation financière et ses conséquences restent loin de l’Europe.

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Pourtant, il existe un petit village en Italie qui ne résiste pas du tout aux « envahisseurs », bien au contraire : il les accueille à bras ouverts.

Riace est devenue célèbre pour les « bronzes » auxquels elle donne son nom, les Bronzes de Riace, deux sculptures grecques datées du Ve siècle av. J.-C. et découvertes en 1972 au large de la commune, mais qui ont quitté la commune pour un musée.

Elle s’est aussi fait connaître en accueillant depuis 1998 de nombreux réfugiés ou immigrés, ce qui lui a permis de relancer sa démographie alors que le village perdait sa population. Le maire, Domenico Lucano a rouvert les maisons inoccupées pour donner un toit aux réfugiés afghans, kurdes ou érythréens qui fuyaient les conflits et la misère.
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Depuis 1998, ce petit bourg d’Italie – un pays pas franchement réputé pour accueillir les migrants avec le sourire – a ouvert les portes de ses maisons et mis en place une vraie politique d’accueil (cours de langue, formations, etc.). Et ça fonctionne au top.

Sans les migrants, c’est bien simple, le village de Riace serait mort. C’est en tout cas la conviction profonde du maire de la ville, Domenico Lucano.

En 98 donc, 300 réfugiés kurdes ont été accueillis grâce à la volonté du maire de la ville, qui voyait bien que l’exode rural tuait son village à petit feu. Il demande donc aux propriétaires des maisons abandonnées dans l’arrière-pays de les mettre à disposition de ces personnes qui n’ont rien, en échange de travaux de restauration. L’aventure est lancée ! Et chaque année, de nouveaux migrants arrivent et s’installent dans le village, faisant vivre la diversité culturelle de Riace.

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L’idée directrice est là : une vraie politique d’intégration bien loin des ghettos où les étrangers sont parqués et scrutés de l’extérieur comme une menace ou de la vermine. Là, les migrants sont immédiatement mis dans le bain et se mêlent à la communauté. Peu à peu, les activités se mettent en place. Les réfugiés participent à la restauration des métiers traditionnels du pays, et bénéficient de cours d’italien en accéléré. Des liens se tissent.

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A Riace, un atelier de tissage rouvre, et la bonne nouvelle ne vient pas seule. Rapidement, des ateliers de poterie, de broderie, de production de chocolat ainsi qu’une verrerie et une menuiserie ouvrent !

Aujourd’hui, plus de 400 personnes (Kurdes, Afghan, Érythréens, Ghanéens…) cohabitent avec les 1700 résidents locaux « historiques. La plupart restent dans le village même après le programme d’échange terminé, alors qu’ils parlent italien et pourraient chercher à s’installer dans une grande ville. La vie est riche à Riace.

D’ailleurs, depuis que cette politique a été mise en place par le maire, les habitants sont heureux : que ce soit le pizzaïolo, le boucher, les buralistes, le cordonnier, tous ont vu leur travail reprendre vie, alors qu’ils étaient persuadés de mettre la clé sous la porte, il y a quelques années. La ville s’est repeuplée d’enfants, à tel point qu’un enseignant a été recruté et que l’école à rouvert ses portes après des années d’inactivités !

De nombreuses autres actions ont été mises en place : une monnaie locale, des productions coopératives, des solidarités inter-municipalités, des idées innovantes en terme de tri sélectif…

Oui, Riace est un modèle à prendre !

Fort de dix années d’expérience, nous portons un message pour les villes de l’arrière pays, qui ont vécu le problème de l’émigration : ils peuvent désormais se transformer en terre d’accueil au lieu de continuer à se dépeupler. Il s’agit de mettre en marche des mécanismes de microéconomie locale qui peuvent devenir de véritables alternatives pour repenser le futur de la communauté. Au final, les réfugiés ne sont pas un problème, plutôt une ressource.
Le maire de la ville, Domenico Lucano

Partout en France, des dizaines de villages se vident à chaque saison, obligeant le boucher, l’épicier, le boulanger à fermer boutique, mais aussi les enseignants à fermer l’école. Rideau. Fin. On ne compte plus le nombre de villages qui sont déserts, sans vie, hormis quelques vieilles personnes qui regrettent l’allégresse et l’animation de leurs souvenirs d’antan.

Pourquoi ne permet-on pas aux migrants de s’installer dans ces villages et de leur  redonner vie ?

Aucun destin n’est inéluctable. L’ouverture apportera toujours plus de satisfaction que le fait de se refermer sur soi. J’en veux pour preuve le petit village de Riace, en Italie…

 

Source : cafebabel, RTL, Wikipédia

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