Rêve d’or : Un espoir d’évasion en forme de prison

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Parfois, la simple traduction d’un titre vous met la puce à l’oreille. Vous met sur la voie. Le film Rêve d’or en est l’illustration idéale. Son titre original, Jaula de oro, veut littéralement dire « Prison dorée ». Allez savoir pourquoi les traducteurs français ont jugé plus opportun de le traduire par « Rêve d’or ». Mais cela nous permet de vite comprendre qu’un espoir va probablement se transformer en cauchemar dans ce drame ultra-réaliste signé Diego Quemada-Diez.

L’histoire ? Trois ados des bidonvilles du Guatemala – deux gars et une fille qui se fait passer pour un mec – décident de se mettre en route vers la terre de tous les possibles, les États-Unis. Durant leur périple, ils rencontrent un Indien du Chiapas, lui aussi en route vers le Pays de l’Oncle Sam (pour des raisons inconnues). C’est l’espoir d’une vie meilleure qui guide leurs pas. Mais sur les toits des trains de marchandise et le long des voies de chemin de fer, une impitoyable réalité les attend.

Point de mélo dans la réalisation, point de musique tire-larmes, on est loin du drama à l’américaine. Et ça peut surprendre notre œil trop mal habitué… Dans La Jaula de Oro (je préfère de loin ce titre), on vise le réalisme jusqu’à suggérer la fiction documentaire. Il faut d’ailleurs féliciter les adolescents, amateurs. Magnifiques, ils portent ce film de bout en bout avec une justesse troublante.

Les longueurs des plans, les décors imposants et ces ados qui marchent à n’en plus pouvoir nous immergent au cœur des difficultés de ce voyage-survie. Le traumatisme que peut représenter certaines scènes nous fait mesurer la violence de la vie dans ces contrées abandonnées. Cette quête d’un monde plus beau nous semble clairement une illusion perdue d’avance.

Le réalisateur ne se fait pas moralisateur dans son film, bien qu’il ait une idée bien arrêtée sur la question de l’immigration. Diego Quemada-Diez milite pour un monde ouvert et humaniste !

Nous avons écrit cette histoire dans l’espoir de détruire les conventions qui nous emprisonnent, afin de réinventer notre propre réalité. Je rêve que ces barrières qui nous séparent sautent, que nous embarquions dans un train dont la destination est sans importance, dont les passagers savent que nos existences sont interconnectées et que les obstacles rencontrés sur la route nous inspirent pour célébrer la vie avec un respect et une conscience qui transcendent les races, les classes et les croyances.

Dans la période trouble que l’on traverse où la facilité consiste à accuser l’autre d’être coupable, La Jaula de Oro fait un bien fou. L’homme est un être qui sait aimer au-delà de tous les clivages. Faites passer le message !

Photo : © DR

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