RATP : bipez, vous êtes filmés !

Validateur-Navigo-Bus

La politesse, ça n’a pas de prix. Sauf depuis que la RATP a rendu ostensiblement obligatoire la validation des pass navigo sous peine d’une nouvelle amende, toute neuve. Désormais, il faut payer ET valider pour que – certains – conducteurs daignent vous dire bonjour…

À chaque fois que j’entre dans un bus, je garde volontairement mon pass navigo dans ma poche et lance d’une voix audible « Bonjour Monsieur ! » à l’adresse du conducteur (ou Madame si c’est une conductrice, évidemment). Il arrive que ce dernier, tout obnubilé qu’il est par la petite boîte violette devant lui qui est censée sonner à mon passage, ne me regarde pas mais remarque que je ne valide rien…

Il lève alors les yeux vers moi, et me punis littéralement en refusant de répondre à ma salutation. Parfois, dans un geste de mépris génial, il va même jusqu’à actionner un bouton pour que tout le bus sache que je n’ai pas validé mon titre de transport. Héroïque !

Attention, je ne suis pas indigné contre la validation du titre de transport. C’est normal, il faut composter son ticket pour ne pas utiliser le même à chaque voyage. Mais pour un pass qui se paie au mois et qui est donc en règle quoi qu’il arrive, les raisons qui ont poussées à la RATP à punir d’une amende – de 5€, ce qui prouve que c’est une pseudo-amende – la non-validation sont plus cyniques.

Valider son pass, du pistage camouflé

La version officielle de la RATP : « La validation systématique nous permet de connaître les fréquentations dans les transports et donc de mieux adapter l’offre à la demande »… Et j’ai demandé à des agents, ils ont tous la même réponse stéréotypée. Mais derrière cette phrase, qu’est-ce qu’on nous dit ? « On veut vous pister et connaître la manière dont vous vous déplacer mais on ne veut pas le crier trop fort ».

Ces pass sont en effet sertis de puces RFID et permettent de géolocaliser leurs propriétaires. Idéologiquement, de nombreux voyageurs aimeraient pouvoir s’en passer, mais ils sont tout de même bien moins chers que de voyager à l’unité. L’argent, c’est le nerf de la guerre… Alors, il faut subir, les annonces vocales dans le bus, et même dans les gares, où des voix monocordes nous rappellent sans cesse qu’il faut « valider, valider, valider » sous peine d’être hors-la-loi. On y ajoute les annonces effrayantes sur les pickpockets et les vendeurs à la sauvette, et les caméras de surveillance cachées jusque derrière les écrans publicitaires et on est dans 1984 : « Big Brother is watching you ! »

Mais le plus drôle – ou triste, c’est selon l’humour du jour – reste quand même quand certains conducteurs eux-mêmes, dont le jugement personnel semble être annihilé une fois leur uniforme verdâtre sur les épaules, se font les gardiens de cette grande et belle machine. Je m’amuse très souvent au jeu dont je vous ai parlé au début de l’article.

Je vous invite vous aussi à tenter votre chance au jeu du « Bonjour vs validation ». Vous n’en reviendrez pas de découvrir le prix dérisoire de la politesse, de nos jours…

Photo : © DR

Un commentaire

  1. J’aime bien ton article ! Oui, les puces RFID sont partout T_T. Un mélange de 1984 et des Arcanes du Chaos. Heureusement, il reste certains contrôleurs humains, voire très gentils (mais c’est rare)… La semaine dernière, l’un d’eux a dit à une amie de « frauder plus discrètement la prochaine fois ».
    Par contre les chauffeurs de bus… Ce n’est pas leur boulot de contrôler alors je ne comprends pas pourquoi ils se focalisent là dessus. Peut-être sont ils fliqués si le taux de non validation dans leur bus est important ?

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