« Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt », ou la propagande décomplexée

Quand les lanceurs d’alerte font la lumière sur un scandale financier à plusieurs milliards, leurs employeurs et le Gouvernement préfèrent les accuser de trahison.
Oui, quand les lanceurs d’alerte financiers jouent à fond leur rôle de citoyen pour prévenir leurs pairs qu’ils, et même qu’on se fait voler, la loi est modifiée, pour protéger toujours plus les entreprises fraudeuses, coucou la Loi sur le Secret des Affaires.

Quand le lanceur d’alerte travaille pour un groupe pollueur, point de répit : il se fait lui aussi licencier pour faute grave, car « on ne trahit pas » la maison-mère, même quand elle faute, même quand elle mérite une sanction judiciaire, même quand c’est un cours d’eau entier (notre bien commun) qui est pollué.

Mais ce n’est pas tout.
Quand une enseignante se fait filmer en train d’être braquée par un élève, le Ministre de l’Education préfère réaffirmer l’interdiction du portable (pour éviter les vidéos problématiques ?), plutôt que d’évoquer le cœur du problème : les conditions de travail difficiles des profs ET des élèves, dues aux coupes budgétaires, aux effectifs d’élèves toujours plus importants, à des inégalités sociales toujours plus profondes, et surtout, à un silence coupable des hiérarchies qui ne doivent surtout pas faire remonter de problème au sommet de l’Etat (tout va bien, Madame la Marquise).

Quand le Gouvernement décide de modifier en profondeur les programmes de lycée, notamment celui de SES, il la joue fine en invisibilisant le chômage (pouf, plus de chômeurs), l’Etat, voire les classes sociales. En effet, plutôt que traiter de ces problèmes réels, on essaie de faire croire qu’ils n’existent pas… Pratique.

Quand on apprend que la chasse fait chaque année des dizaines de blessés et/ou de morts, on ne propose pas de limiter les zones et périodes de chasse, non non, mais plutôt de limiter les zones accessibles aux joggeurs et les cyclistes.

Quand des journalistes font correctement leur travail d’investigation et ciblent les atrocités commises par l’Armée israélienne dans un reportage, on préfère accuser l’émission en question, plutôt que les véritables bourreaux.

Dernier exemple, mais cet article coup de gueule n’est pas exhaustif.
Quand le lanceur d’alerte travaille dans un EHPAD et dénonce les conditions de son travail et les conditions de vie des résidents, on ne le plaint pas, non non, on ne l’écoute pas, non non… On  le licencie aussi, car c’est toujours la même rengaine :

😡😡 Le VRAI problème, c’est que le problème se sache, pas qu’il existe. On élimine donc celui qui fait connaître le problème, pas le problème en lui-même. 😡😡 etc.

Même tarif quand le lanceur d’alerte fait la lumière sur de nombreux cas de malformations de nouveaux nés : menacée de licenciement, car toute les vérités ne sont pas bonnes à dire.

C’est exactement ce qu’évoque la petite histoire du sage et de l’imbécile.
Ceux qui refusent d’expliquer et de comprendre, en arguant que « comprendre, c’est excuser » (c’est l’un des arguments les plus idiots que j’ai jamais entendu, mais croyez-moi, je l’ai entendu, et souvent) devraient avoir honte d’exprimer leur avis publiquement.

A méditer.

 

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2 commentaires

  1. Je crois qu’il manque le mot « manques » dans ta phrase 《aux effectifs toujours plus importants》,parlant des écoles. Sinon je profite de ce message futile pour te remercier pour la qualité de tes articles. Salutations !

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