Pourquoi avoir choisi le nom « L’Indigné du Canapé » ?

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Il fait sourire, il amuse, il surprend (parfois), il déçoit (rarement) : le nom du site « L’Indigné du Canapé », ne laisse jamais indifférent.  Mais pourquoi avoir choisi ce nom-là plutôt qu’un autre ? Explications.

Le projet « L’Indigné du Canapé » partait d’un constat : la plupart des médias ne nous informent pas suffisamment bien sur les VRAIS sujets importants : les vraies raisons des guerres, les vraies actions des multinationales, les fonctionnements de la finance et des lobbies, de l’économie, la honte des exils fiscaux, les OGM, le TAFTA… Il ne parle pas non plus souvent (et très rarement en bien) de l’anarchie et de la décroissance, du boycott, de la désobéissance civile, et de toutes ces personnes qui s’impliquent au quotidien pour que les choses changent vraiment.

Grâce à Internet, j’avais un moyen pas trop cher pour agir : j’ai pris ma plume, et je me suis mis à écrire.

Construit comme un « vrai » site Internet, « L’Indigné du Canapé » n’en reste pas moins une sorte de blog sur lequel je suis seul à écrire – bien que depuis avril 2016, j’ai ouvert une catégorie participative, « Paroles d’indigné.e.s » : j’ai donc opté pour un nom de site personnel, individuel, et pas un nom « généraliste ».

Comme je l’ai dit et le répète souvent, l’information n’est jamais objective : chez moi, elle est subjective ; et je l’assume.

Pourquoi « Canapé » ?

Durant mon adolescence et mes premiers pas dans le monde des adultes, ma propension à râler contre les injustices sans « agir » réellement m’avait valu le surnom ironique et bienveillant de « rebelle de canapé ». J’ai aimé, et des années plus tard, j’ai réutilisé ce terme pour ce site Internet.

Je le sais, le terme de « canapé » me porte souvent préjudice. Il arrive fréquemment que des personnes qui naviguent sur le site ou sur la page Facebook dédiée me lancent des critiques sarcastiques « ad nominem » en claironnant fièrement que je ne suis « qu’un mec qui s’énerve sur son canapé » mais qui n’agit pas. C’est fatigant de lire ce genre de commentaires non constructifs, mais c’est aussi extrêmement intéressant de voir à quel point la nature humaine préfère s’attaquer à l’identité – au « physique » – plutôt que de critiquer le fond, les idées.

Évidemment, il est faux de penser que je n’agis pas pour défendre mes convictions. Mais mes actions personnelles, à un niveau individuel ou collectif, dans le milieu associatif par exemple, sont décorrélées du personnage L’Indigné du Canapé. Je n’en parle donc pas.

Écrire sur L’Indigné du Canapé est une action en soi, ne l’oublions pas. Lire, réfléchir, écrire, partager, diffuser, ce n’est pas « rien », ce n’est pas « inutile », ce n’est pas être inactif. Il y a une sacrée différence entre le fait de se balader sur la page d’un média et de balancer une vanne ou un commentaire ici ou là et le fait d’écrire des dizaines d’articles et des centaines de posts par an sur les réseaux, non ?

Concrètement, pour lire et écrire, n’est-il pas plus pratique de s’asseoir quelque part ? Je tire mon chapeau à ceux qui lisent et écrivent debout, tout le temps.

Oui, j’agis et quitte mon « canapé » régulièrement, mais dans mes moments de réflexion et d’écriture, je me retrouve assis, comme la majorité d’entre vous. C’est pourquoi j’ai trouvé ce nom pertinent. Qu’il fasse parler ou en décourage certains, tant pis. Il n’auront pas pris la peine de creuser et de se confronter à mes idées.

Comme le dit le vieil adage : « La critique est aisée, mais l’art est difficile ».

Pourquoi « Indigné » ?

Comme je l’ai écrit sur la page « A propos » du site, je revendique une filiation avec les Indignés espagnols qui ont pris les places espagnoles en 2011. Le terme s’imposait donc à moi. Mais (car il y a souvent un mais)…

Pour beaucoup de personnes – qui adorent critiquer -, le terme « indigné »serait « impropre, bancal, limité ». Il évoquerait un cri de plainte, un constat critique, mais pas l’action qui doit suivre. Je dois dire que je ne suis pas d’accord.

« A l’origine était le cri », écrit John Holloway dans son livre « Changer le monde sans prendre le pouvoir ». Et dans chaque cri, il y a un « non » et un « oui » qui s’additionnent. Un « Non, le monde tel qu’il est ne me convient pas » ; mais aussi un « Oui, je veux agir pour qu’un autre monde voie le jour ». Celui qui est inactif ne crie même pas. Il subit, silencieusement. Ou il devient cynique, et passe plus de temps à critiquer celui qui tente de se lever et de changer les choses qu’à critiquer les causes de nos maux.

L’Indigné, lui, s’exprime, s’exclame, s’expose.

Alors oui, je crie. J’écris sur des sujets qui m’interpellent, qui me font honte, ces injustices, ces inégalités, ces scandales, ces aberrations. Mais je découvre aussi de belles initiatives, de belles actions, et je les révèle, je les partage, je les diffuse !

L’indignation est un cri de courage pour essayer de retrouver notre dignité perdue. Pour que tout le monde soit capable de la retrouver, et pas simplement un seul parmi tant d’autres.

Et pour cela, je prends le temps. Le temps de m’asseoir et de m’instruire, dignement. Le temps d’écrire et d’échanger, simplement.

En espérant que ce texte vous aura permis de mieux comprendre les différents sens de ce titre. Ironique, oui. Mais aussi subjectif. Et véridique, autant que possible.

 

Dignement,

L’indigné du Canapé

 

Vous pouvez aussi suivre les réflexions de L’Indigné du Canapé sur Facebook et Twitter !

3 commentaires

  1. Bonjour, depuis que je vous suis, et c’est pour cela que je le fais, j’ai perçu le sens de l’ indigné du canapé tout comme vous décrivez le but de votre démarche. Il est clairement mis en avant dans le descriptif de présentation, et comme vous le préciser il appartient à chacun de se creuser la tête et de réfléchir à ce qui nous est présenté ou pas… à mon sens vous le faites avec perspicacité et justesse. Je ne suis pas une intellectuelle, mais nous n’avons pas besoin de l’ être tous, il faut également des personnes, dont je fais partie, qui pensent, réfléchissent et agissent sur le monde de proximité et bien plus loin… à chacun ses possibilités, certe, mais faire et s’indigner OUI !!! L’indignation est une action.
    Merci et félicitations pour votre travail car c’est beaucoup de temps que vous consacrer à nous interpeller et à vous indigner…
    Indignée votre … Cécile

  2. Merci de noter les sources et de compiler des infos qui autrement demanderais énormément de temps à trouver dans les méandres parfois discrets ou orientés du net (qu’on le fasse de son canapé ou pas).

    En me laissant guider par les liens de plusieurs sites, je me suis rendu compte que la subjectivité est souvent de mise selon le côté de la barricade où l’on se trouve, ce qui ne me dérange pas dans la mesure où il y a de la pertinence dans les propos.

    Personne n’est le détenteur d’une seule vérité, le crime c’est de la cacher.

    Bravo.

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