Médias, tous contre le FN ? Le double discours indécent

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Les journalistes n’ont-ils aucun remord, aucune conscience, aucune dignité ?

Depuis l’annonce des deux candidats qualifiés pour le second tour de la Présidentielle, les médias font corps et « front » (républicain) avec le candidat Macron, exhortant chaque citoyen à faire barrage à Marine Le Pen, quitte à faire une vraie chasse aux abstentionnistes, aux votants blanc, accusés de tous les maux de la France. Evidemment, les premiers coupables sont les personnalités (le dangereux Mélenchon en tête), qui elles, devraient « comprendre » l’importance de dire « amen » à TOUT, tant que ce n’est pas Le Pen.

 

Bien sûr que le FN est un danger, bien sûr que personne ne veut du fascisme en France. Mais les abstentionnistes, ceux qui votent blanc, ceux qui hésitent, sont-ce eux qui ont fait monter le FN ? Sont-ce eux qui sont à culpabiliser, eux et eux seuls ?

Ne faut-il pas chercher à comprendre POURQUOI le FN est si haut dans les votes en France, au contraire d’un pays comme l’Espagne par exemple ? N’est-ce pas ça, le travail de journaliste ? Bien sûr qu’il y a de la colère dans les urnes… Bien sûr que le FN vient catalyser les espoirs déçus incarnés par la gauche et la droite depuis 40 ans. Mais pourquoi le FN, et pas un parti véritablement proche du peuple ?

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Les médias sont la cause de ce fossé entre les partis populaires et les classes populaires.

Les médias sont la cause de la puissance du FN

Pas un jour ne passe sans un sujet sur un fait divers violent, sans un sujet sur l’Islam, sans un sujet sur un quartier sensible, sans un sujet sur les migrants ou les Roms, sans un sujet sur le terrorisme. Alors même que des études sérieuses démontrent que la France est moins raciste qu’avant, et moins violente qu’avant. Et n’oublions pas que le FN, pourtant qualifié d’anti-républicain et censé être « diabolisé » par les médias, est constamment invité sur les plateaux télé, rarement embêté avec des questions pertinentes sur son programme, sur ses faits biaisés et sur ses mensonges, et donc libre de propager son message ô combien dangereux à des audiences massives.

Alors, pourquoi les médias cherchent-ils à entretenir ce climat de tension, de haine, de division, dans une époque qui porte déjà son lot de crises, d’injustices, d’inégalités.

N’est-ce pas une manière de « diviser pour mieux régner » ? N’est-ce pas une manière d’orienter le regard de la population – qui rappelons-le regarde encore beaucoup la télévision et son miroir déformant – vers des conséquences éparse d’un problème plus grand, pour éviter qu’elle ne se focalise sur ce qui la tue RÉELLEMENT, à petit feu ?

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En plus de focaliser l’attention des auditeurs sur les religions, les identités, les migrations, les médias ne font pas leur travail d’information quant aux problématiques économiques qui secouent notre pays et le détruisent bien plus sûrement que toutes les « invasions » et tous les « terrorismes » avec lesquels on nous bassine chaque jour. Le néo-libéralisme, conservateur, violent, est une arme de destruction massive, mais ça, les journalistes l’omettent, sciemment.

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Quid des aides accordées aux entreprises (avec notre argent) sans contrepartie et avec pour seul résultat des dividendes records pour les grands patrons et les actionnaires ? Quid des aides pour renflouer les banques (avec notre argent) quand elles coulaient à cause de leurs spéculations, sans contrepartie, et avec pour seul résultat… des dividendes records pour les grands patrons et les actionnaires !

C’est ce qu’on appelle la privatisation des profits et la socialisation des pertes. Ce n’est pas une expression, un mirage, c’est une réalité, qui ruine notre pays, détruit notre tissu économique et nos capacités à créer de l’emploi, et donc à créer de la vie en communauté, et donc à créer du lien social.

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C’est trop facile ensuite de venir tirer la sonnette d’alarme : c’est cette politique destructrice et le passage sous silence des vraies alternatives qui crée les conditions de l’émergence du FN. Ceux qu’il faut pointer du doigt, ce sont ceux qui veulent de ces politiques (grandes entreprises, banques et monde de la finance), ceux qui les relaient sans les critiquer (journalistes mainstream) et sans proposer d’alternatives, et ceux qui les appliquent sans sourciller (politiciens de Gouvernement).

Le syndrome Quatremer

Quatremer n’est pas à proprement parler un méchant réactionnaire : il est journaliste à Libération, spécialiste (méfiez-vous toujours de ce mot qui n’a rien de neutre) des questions européennes. Malgré tout, dans ses prises de position, on retrouve exactement tout ce qui est mentionné plus haut : une position parfaitement euro-béate, confondant volontairement UE et Europe pour empêcher de penser (car qui peut se dire contre l’Europe sans passer pour un gros nationaliste), éludant ou édulcorant les traités européens inéquitables, les évasions fiscales, les conséquences du libéralisme et des mesures d’austérité imposées par l’UE (en Grèce par exemple), mais à l’inverse, se faisant un plaisir de dire « Non au FN » en tapant sur qui en premier lieu ? Les électeurs de la FI, confondant joyeusement et sans aucune gêne l’extrême droite et la gauche de Mélenchon, forte il est vrai, mais loin d’être extrême ! Comme c’est original !

Voici un petit florilège emblématique de ses tweets, pour bien comprendre le schéma de pensée d’un journaliste mainstream qui a aucun moment ne réalise que c’est sa position qui peut être considérée comme extrémiste, irrespectueuse des alternatives à notre société ultra-libérale, et donc propice à la montée du Front National en France :

Lol !

Soyons en sûr : le FN au pouvoir ne résoudra jamais aucune crise, ni sociale, ni économique, ni politique. Mais le libéralisme non plus, c’est désormais prouvé et ce depuis plus de 40 ans. Et ça, les journalistes des grands médias ne le disent pas. Alors, il est juste de dire que ceux qui favorisent le FN ne sont pas les Insoumis de Mélenchon ou les abstentionnistes, à qui l’on tente de faire la morale : ce sont bien les moralisateurs, incapables de ne pas faire corps avec les intérêts de classe de ceux qui les emploient.

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Ce dont nous avons besoin, c’est d’un journalisme engagé qui change en profondeur notre rapport au Capitalisme, au Libéralisme, à l’Ecologie, aux Institutions Politiques, pour plus de dignité, d’égalité, de justice et de bonheur.

Qu’en pensez-vous ?

 

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