Manger en préservant sa santé grâce à l’indicateur nutritionnel ?

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Afin de lutter contre la désinformation alimentaire et faire face aux publicités et au marketing qui induisent en erreur les consommateurs, un professeur de nutrition – qui est également directeur d’études – a proposé une idée qui a été validée par le gouvernement : un code couleur simple, facile à comprendre, qui donnerait des indicateurs nutritionnels aux acheteurs.

Grâce à cet indicateur coloriel, vous pourriez en un coup d’œil connaître quatre paramètres sur l’aliment que vous comptez acheter : son apport calorique pour 100 g, sa teneur en sucre, en graisses saturées et en sel.

Le logo se déclinerait en 5 couleurs (vert, jaune, orange, rose, rouge) du vert (aliment sain) au rouge, quand l’aliment comporte certains ingrédients en excès et menace votre santé sur le long terme.

« Fin février, l’association UFC-Que choisir a publié le résultat d’une étude appliquée à 300 produits alimentaires commercialisés en grande distribution. Selon l’association, le modèle coloriel est un antidote fiable, simple et efficace contre le marketing alimentaire. »
Le Monde

C’est drôle par exemple de se rendre compte que Special K de Kellogg’s et Fitness de Nestlé – qui grâce au marketing, vous feraient croire que plus vous en mangerez, plus vous aurez la « taillefine » – obtiennent une méchante pastille orange tandis qu’un gros cassoulet de chez William Saurin décroche une pastille verte !

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Quelques leçons tirées de l’étude de UFC-Que Choisir

En suivant ce nouvel indicateur coloriel simplifié, on apprend sans surprise que manger des aliments type « légumes et purées, soupes, compotes, salades composées » ne comporte pas de risques (pastilles vertes et jaunes). Pareil pour le pain et le pain de mie ; Que les chips et les tortillas sont en revanche souvent notées de manière médiocre (jaune ou orange) ; Et que les biscuits, viennoiseries et gâteaux obtiennent presque toujours des notes roses ou rouges car ils contiennent trop de sucres et de matières grasses. En revanche, les produits laitiers, les céréales et barres céréalières et les plats préparés sont très hétérogènes et peuvent être – selon les marques – très bon ou très mauvais pour la santé.

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Pour entrer un peu plus dans le détail, suivons l’exemple de l’étude et tentons de prendre un repas équilibré grâce à ce système de code couleur :

En entrée, 2/3 des produits sont plutôt bien notés. On pourra par exemple choisir une salade de céleris, notée en vert. En revanche, on voit bien qu’il vaut mieux éviter le pâté, noté en rouge.

En plat principal, étonnamment, la plupart des produits sont également de bonne qualité nutritionnelle (les mauvais élèves sont les aliments gras type cordon-bleu, quiche, croque-monsieur). On choisira donc un plat préparé, surtout s’il contient des légumes et pas seulement des féculents.

En dessert, on a bien vu que tout ce qui était à base de fruits était sain, et que tous les gâteaux étaient mal notés, car trop sucrés. Intéressons-nous alors à un cas moins simple : les produits laitiers. Grâce à l’indicateur coloriel, on verrait que la plupart sont bien notés, mais que les mauvais élèves sont Perle de lait et Fjord, enrichis en matières grasses.

Utile non ?

Bref, l’idée semble séduisante, et l’État à travers Marisol Touraine, Ministre de la Santé, semblait emballé lui aussi.

Les lobbies entrent en jeu

Seul souci, l’industrie alimentaire ne veut pas du tout que les consommateurs sachent – facilement en plus – ce qu’ils mangent. Cet étiquetage facile fonctionnerait comme un pare-feu et risquerait de lutter contre la pub qui – à grands renforts de gamins blonds, de jeux de mots savoureux, de références populaires et de sourires – vous ferait prendre des vessies pour des lanternes et Mcdo et Coca pour les chantres d’une alimentation saine et respectueuse de l’environnement.

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Oui, ils se dressent contre le projet, et avec des arguments forts : on le sait, la démocratie libérale n’est pas la même pour tous selon que l’on ait des moyens ou non.

« L’Association nationale des industries alimentaires [ANIA] maintient son opposition à tout dispositif d’étiquetage nutritionnel simpliste reposant uniquement sur un code de couleurs et une approche médicalisée de l’alimentation »…

Après avoir réussi à rendre ce projet d’étiquetage optionnel et non obligatoire (et ne s’appliquant qu’aux produits transformés et non aux produits bruts), les industries agroalimentaires continuent leur forcing : elles ont par exemple livré « clé en main » une série d’amendements afin que les députés défavorables au projet aient des choses un peu subtiles à décrier. Si ça, ce n’est pas du lobbying malhonnête ? A travers ces méthodes, sont-ce les consommateurs qui sont protégés ou les intérêts de ces riches industries ?

Mais ce n’est pas tout. La grande distribution aussi se dresse contre le désir de bien être de ses fidèles…

Afin de tromper ses clients, Carrefour a créé fin 2014 son propre code couleur (vert, bleu, orange et violet), portant lui sur la fréquence conseillée d’utilisation des produits. Et évidemment, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe de nombreuses enseignes dont Auchan, Carrefour, Casino, Franprix, Super U, soutient depuis l’idée de Carrefour…

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Brouiller les pistes, tromper, rendre opaque. C’est du propre, le monde des grosses industries ! Espérons pour une fois que le Gouvernement tienne bon face aux lobbies dans l’intérêt des citoyens. En interdisant le code couleur factice des grandes surfaces. Et pourquoi pas, à terme, en rendant obligatoire l’indicateur nutritionnel !

En attendant, pourquoi ne pas se servir des codes-barres des produits pour créer une application qui indiquerait ce code couleur. Puisque l’État ne nous défend plus, construisons sans lui, qu’en pensez-vous chers développeurs ?

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Source : UFC-Que Choisir

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