L’inégalité se creuse dans les écoles : vite, la lutte des classes !

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Une étude récente publiée dans Libération démontre que dans les écoles aussi, les inégalités se creusent. Surtout en France.

On le savait, l’école est assez mal aimée par sa propre République. Elle qui est censée diffuser des messages de liberté, égalité, fraternité, la tolérance, les connaissances, la laïcité, etc, n’est que l’ombre d’elle-même. Aucune politique publique « professionnelle » ne cherche à réellement améliorer l’école du vivre ensemble, l’école de la vraie démocratie. Ce que l’on veut, c’est bâtir une école efficace, l’école des travailleurs dociles et de la croissance économique.

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Sauf que pendant que l’on travaille d’arrache-pied sur ce mythe de croissance totalement dépassé, on oublie des réalités simples et pourtant violentes pour notre société et l’idéal de vie en commun que l’on défend. Voici un condensé et dans le désordre des résultats de cette étude sur l’éducation, en France donc :

On redouble plus quand on a des parents ouvriers (20,5% contre 3,6% pour les catégories très favorisées), les enfants d’ouvriers sont abonnés à la voie professionnelle (47% contre 10% pour les enfants de cadres), on réussit moins bien au brevet quand on vient d’un milieu modeste (75% de réussite contre 95% de réussite dans les milieux favorisés, on a deux fois plus de chances de redoubler (21,7% contre 11,6%) quand on vient d’un quartier sensible (ZUS).

Ouf, reprenons notre souffle quelques instants. C’est reparti on a 5 fois plus de chances d’être sans diplôme quand on est fils ou fille d’immigrés, mais cela est avant tout lié au secteur socio-économique (que les suprémacistes se calment immédiatement) car oui, les Français fils ou filles d’immigrés vivent généralement dans des conditions bien plus précaires que les autres : à niveau de vie égal, les enfants réussissent tout aussi bien qu’ils soient dans une famille immigrée ou non. Enfin, on apprend que les devoirs aussi aggravent les inégalités puisqu’un jeune d’un milieu modeste passera seulement 4h par semaine sur ses devoir contre 6h15 pour un camarade d’un milieu plus confortable.

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Souvent (car tout est lié), ce sont les enfants d’immigrés qui vivent dans des familles aux revenus modestes et dans des zones sensibles. Ils ont donc toutes les conditions réunies pour être en échec. Cela ne veut pas dire qu’aucun s’en sort, heureusement (de la même manière que tous les enfants de milieu aisé ne réussissent pas tous leurs études), mais il parait anormal que les inégalités s’accentuent d’années en années sans émouvoir personne et sans déclencher de vrais plans pour remédier à cela.

Tout cela prouve que l’intégration en France n’est pas réussie et fait perdurer, creuse même, les inégalités et les injustices. Et rien ne crée de meilleur terreau à la vengeance et à la haine que l’injustice vécue dès la petite enfance.

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La France championne du monde des inégalités à l’école :

«Les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté», relèvent les experts de l’OCDE. Ces inégalités, déjà pointées dans les précédentes enquêtes, continuent d’augmenter. «En France, lorsqu’on appartient à un milieu défavorisé, on a clairement moins de chances de réussir qu’en 2003.» Eric Charbonnier s’interroge : «Cela fait des années qu’on le sait, que des rapports le démontrent… Et, dans les faits, les inégalités continuent d’augmenter.» Selon lui, la France serait même en tête des pays où les inégalités se sont les plus creusées, ou pas loin de l’être. » –Enquête Pisa 2013 sur l’éducation dans le monde

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La France est aussi l’un des pays d’Europe où les profs sont les moins correctement payés. Mais c’est aussi le pays où on leur demande de régler tous les soucis : normal, ils sont en première ligne, une ligne où les politiciens ne viennent jamais, même ceux qui cumulent les mandats en faisant maire, député, président d’association etc.

 

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