L’industrie de la viande : les coulisses d’un vrai carnage !

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Qu’on aime manger de la viande ou que l’on soit un vegan convaincu, qu’on soit certain qu’elle soit indispensable à notre équilibre alimentaire ou qu’on soit persuadé que seuls les lobbies ont un intérêt dans cette idée, consommer la chair d’autres animaux est dans la culture culinaire de la grande majorité des peuples et populations du monde. Mais à notre époque où la surconsommation est devenue une culture à elle seule, le fait de « consommer » de la viande pose question.

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Déjà parce que l’on peut douter de la pertinence de manger nos congénères – d’autres espèces animales – alors qu’on leur reconnait de plus en plus de qualités, de sensibilité, d’intelligence. Mais aussi et surtout parce que l’industrialisation extrême de nos sociétés fait que l’industrie alimentaire, notamment la filière de la viande, est totalement inhumaine. Ceci est un fait, pas une opinion.

Quelques chiffres :

-Un Français mange environ 92 kilos de viande par an
-Plus d’un milliard d’animaux domestiques par an sont tués en France
-18% des émissions de gaz à effet de serre viennent de l’élevage (autant que les transports)
-70% des terres agricoles françaises servent à l’élevage
-10% de la consommation d’eau mondiale sert à l’élevage…
(Source : Bidoche. L’industrie de la viande menace le monde, Fabrice Nicolino)

La journaliste Anne de Loisy vient de sortir le livre Bon appétit ! Quand l’industrie de la viande nous mène en barquette, un livre très documenté. Dans une interview dans Le Monde, la journaliste met en lumière des pratiques qui dégoûteraient même le plus gros amateur de barbaque.

Dans ce milieu totalement opaque dirigé par trois grands groupes (les groupes Bigard, Terrena, et SVA Jean Rozé) qui empêchent toute enquête et se comportent en véritables magnats, le respect de l’animal et celui de l’homme sont totalement ignorés. L’important, c’est de faire du chiffre.

« Le plus impressionnant, c’est l’industrialisation de l’abattage. Faire passer un animal de vie à trépas, c’est forcément un peu gore. Mais l’industrialisation de cette étape-là est extrêmement violente : les bêtes sont abattues à une telle cadence qu’elles sont encore vivantes au moment où on les tronçonne. En plus, ce sont des conditions extrêmement compliquées pour les ouvriers des abattoirs, qui travaillent dans le froid, le sang, les odeurs… »

Alors, on entasse les volailles, les porcs et les bovins qui vivent souvent sans connaitre ni la lumière du soleil, ni les herbes grasses, ni la moindre douceur. On les découpe à une cadence infernale, encore vivants. Imaginez les conditions de travail pour les ouvriers. Imaginez la qualité de la viande qui en sort. Surtout que la plupart des abattoirs pratiquent l’autocontrôle des bêtes au niveau médical, c’est à dire qu’ils se font juge et partie. Les viandes peuvent avoir des abcès, tant pis, tout part, en paquet, en barquettes, mixé ou haché, dans les supermarchés hexagonaux ou internationaux. Bref, on veut plus de vétérinaires pour éclairer ce milieu obscure et mettre à mal ces lobbies défaillants. Et ne croyez pas que les meilleures races bovines atterrissent dans votre assiette ou chez votre boucher…

D’où vient la viande que l’on trouve dans nos assiettes ?

« Dans la restauration collective, 70% des bovins et 87% de la volaille sont importés. Alors qu’on a des éleveurs qui crèvent de faim, et que la profession compte entre un et deux suicides par jour. Quand les gens chargés de nourrir une société se suicident à tour de bras, c’est qu’il y a un souci quelque part ! Le paradoxe, c’est que nos belles races à viande sont exportées et qu’on récupère des vaches laitières moins chères, de mauvaise qualité. C’est toute l’aberration du système : les industriels nous expliquent qu’on a une viande bas de gamme parce que le consommateur veut une viande bon marché, alors que les prix ont augmenté de 40% entre 1995 et 2010 pour le consommateur, mais n’ont pas changé pour l’éleveur. Ces deux bouts de la chaîne sont les grands perdants. »

Animaux sacrifiés, éleveurs et consommateurs arnaqués, le tout au profit des gros groupes. C’est l’histoire du XXe siècle, espérons que ce ne soit pas aussi celle du XXIe siècle…

Bref, l’industrie de la viande est avariée, une belle catastrophe à tout point de vue au « pays de la gastronomie ». Mais ce n’est pas une fatalité. Comme le dit très justement notre amie du jour, « au final, c’est quand même le consommateur qui achète. Son pouvoir d’achat, c’est un bulletin de vote. »

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Alors votez ! Essayez d’acheter moins de viande transformée avec conservateurs, antibiotiques et additifs (vous savez, la vieille tranche de jambon), essayez de choisir des circuits courts afin d’avoir le maximum de traçabilité sur les origines de votre steak et vous assurer que vous faites vivre les éleveurs, et pas les hypermarchés et autres grandes surfaces qui tirent toujours plus sur les prix, à bout portant. Oui, ils ont du sang sur les mains, comme la plupart des grands groupes industriels. Secret de polichinelle. Et si possible, diminuez votre consommation de viande en général. Vous ne vous en porterez pas moins bien, c’est promis !

Cessons d’être consommateurs. Devenons acteurs. Aux actes, citoyens !

3 commentaires

  1. Un livre pour compléter le tableau : omerta sur la viande.
    Ce livre fait le tour de force de ne quasiment pas traiter de l’exploitation animale et de leur souffrance (pour ne pas dire torture), et pourtant, on arrive quand même à s’indigner, parce que cette industrie se fout tout autant de la souffrance animale que des lois, des consommateurs et de ses employés. Un véritable scandale qu’il faut ne plus financer.

    • Je suis entièrement en accord avec ce qui se dit sur la viande.
      Nous nous indignons de manger de la viande, pour quelle raison ??
      la viande est animal, donc, elle a des yeux, une bouche, un nez, du sang, elle se déplace et elle parle son langage.
      En bref, l’animal est ce qui ressemble le plus à l’homme.
      La viande, nous la mangeons morte et cuite.
      que faut-il faire alors lorsque nous mangeons des végétaux crues ?? Des végétaux encore vivant tel qu’une salade, une tomate, une pomme, etc…??
      Nous mangeons ses végétaux encore vivant !!! Ceux-ci finiront leur vie dans les suc digestifs de notre estomac !
      les légumes que nous mettons dans une casserole d’eau froide, et, qui doucement mourront ébouillantés, n’est-ce pas de la barbarie aussi ???
      La meilleurs façon de ce nourrir, est de le faire avec respect, que ce soit de la viande ou des végétaux.
      ce n’est pas parce qu’un animal est plus proche de nous qu’un végétal qu’il en souffre plus, ne nous voilons pas la face et respectons ce que nous mangeons, dans l’amour de ce qui vie, en remerciant la nourriture d’être là pour nous faire vivre.
      Merci de m’avoir lu, Je vous souhaite à tous et toutes un merveilleux Noël 😉

      • Bien connu, le cri de la carotte… C’est fatigant à la fin. Il est scientifiquement prouvé que les végétaux n’ont pas de système nerveux, or c’est cela qui conditionne la faculté de ressentir de la douleur.
        Quant à tuer un animal de manière respectueuse, il faudra m’expliquer comment vous faites.
        « Un animal est plus proche de nous qu’un végétal » : vous croyez pas si bien dire ! Il paraît même que l’humain est un animal…
        Ah bon, si les animaux sont sur terre, ce n’est que pour nous nourrir ??? Mais où allez-vous chercher des âneries pareilles (pardon, les ânes) : chez Descartes, sans doute…
        Bref, je vous invite à lire les bouquins de ceux qui ont (sérieusement) étudié la question : Regan, Francione, Singer, et en France Vilmer, Dalla Bernardina et Burgat.

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