L’imposture Macron, Président libéral et « made in system »

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La victoire de Macron est celle du système qui se maintient à flot malgré une défiance toujours plus grande (et totalement justifiée) de la population envers les classes politique, médiatique, économique…

C’est la victoire des médias qui depuis le début portent ce candidat technocrate et sans programme au pinacle, le mettant en avant avec passion et osant lui déclarer sa flamme sans vergogne.

Lire aussi : Politiciens ou médias : qui détruit le plus la vérité, et pourquoi ?

Quand je parle des médias, je ne parle pas d’une entité absolue, d’une hydre dont on ne connaîtrait pas l’identité. Sur toutes les chaînes, les spécialistes, les experts, les éditorialistes (à commencer par son mentor Jacques Attali, mais on peut aussi citer Giesbert, BHL, Barbier, Minc, Elkrief, Joffrin…) parlent en bien du candidat Macron, appelant en pointillé à son soutien (surtout après le 1er tour), ne remettant pas du tout en cause sa fausse révolution, sa pseudo régénération de la classe politique, ses mots creux.

Certes, il est jeune et tout nouveau en politique, mais il a fait l’ENA comme les autres, et il fréquente les milieux huppés comme les autres. La seule émission ayant osé écorcher le jeune benêt fut…. censurée, sur C8. C’est dire la pression que certaines rédactions ont du subir.

Macron, le candidat de l’éditocratie

Il faut regarder les temps de parole des différents candidats – et l’égalité pas du tout respectée – pour comprendre que rien n’a été fait pour rebattre les cartes dans le jeu politique. Quels sont les candidats les plus entendus et vus à la télé, à la radio ? Sans surprise, ceux qui font partie des partis de gouvernement (PS, LR) et ceux qui ne remettent pas en cause le grand Capital : un réflexe de classe (la classe bourgeoise) qui promeut les candidats les plus systémiques pour ne surtout pas sortir du cercle infernal de l’austérité, de la libéralisation économique, de la compétitivité, de la croissance. Ce cercle qui n’avantage personne sauf leur classe favorisée.

Temps de parole cumulé des candidats au soir du 21 avril (chiffres du CSA, télé + radio) :
– Fillon, 301h !
– Hamon, 256h
– Macron, 234h
– Le Pen, 229h
– Mélenchon… 160h
– Les autres… n’en parlont même pas.

Ne trouvez-vous pas qu’il y a une corrélation sourde entre temps de parole et candidats « favoris » (exception faite pour Hamon, pris dans des circonstances particulières) ?

La défiance envers les médias à beau grandir, les gens sont encore fidèles au poste (de télé), notamment les plus de 40 ans. Et regarder la télé et les sondages ne permet pas de se faire une opinion juste. Les médias, qui sont le seul lien entre le peuple et les élites, déforment plus qu’ils n’informent. La propagande est puissante et empêche de penser librement.

C’est par la suite (et dans la même logique) la victoire des instituts de sondage qui appuient les tendances construites de toute pièce. Car qui possède les médias et les instituts de sondage ? Les magnats industriels français. Qui donc définit l’orientation des informations, les temps de parole, etc. ? CQFD.

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Ce sont les grosses fortunes industrielles du pays qui, au travers de leurs médias, de leurs reportages, de leurs temps de parole, de leurs sondages, de leurs envies politiques, font émerger le candidat qu’ils ont choisi. Macron est soutenu par les Bolloré, Drahi, Berger, Arnault et consorts directement (un homme, une voix) ; mais ce qui est plus grave, c’est qu’ils le soutiennent aussi indirectement, sans que le commun des mortels ne s’en rende compte.

Pourquoi parler de classe dominante, bourgeoise et favorisée en mélangeant Macron, les politiciens de la gauche et de la droite gouvernementales, les éditorialistes des médias mainstream et les personnalités les plus riches du pays ? Car on vient de le voir, tout ce petit monde est lié par des intérêts communs ! Leur but : que la politique ne sorte pas de leur petit milieu bien défini.

Et vive la Vème !

Macron, le candidat du libéralisme économique

Ne retirons pas tout honneur au candidat Macron : le jeune loup a eu le flair (ses conseillers ont été malins) de comprendre que tout l’échiquier basculerait irrémédiablement à droite ce qui provoquerait deux situations en chaîne :
– une droite extrême (LR) qui, pour se démarquer d’une gauche de droite (PS), chasserait sur le terrain du FN
– une gauche qui se retrouverait tiraillée entre la politique de droite de son gouvernement, et sa base d’électeurs, encore majoritairement attachée aux valeurs de gauche.

Macron s’est donc lancé plein axe, et la candidature de Hamon (aile gauche du PS) conjuguée à l’adhésion massive d’une partie des électeurs à la vraie gauche (FI) lui a ouvert un boulevard. Sans compter sur le programme très violent de Fillon, idéal pour faire passer Macron pour le plus gentil des « réalistes ».

Entre une droite extrême représentée par un voleur et un PS enfin de gauche (donc moins intéressant pour les classes bourgeoises) – et qui plus est rendu inaudible par un programme égalitaire présenté comme « d’extrême gauche » par une presse bourgeoise aux ordres – ceux qui ont peur du changement (présenté comme une « catastrophe », un « cataclysme », un « séisme », un « danger » par nos éditorialistes dominants) ont voté logiquement pour celui qui propose le changement d’apparat. Le néant du changement.

Car Macron n’est rien d’autre qu’un communicant. Il utilise toutes les formules « langue de bois » des classes dominantes pour ne rien dire tout en ne froissant personne. Il parle de « projet », de « gouvernance », comme un technocrate, ose les mots « révolution » ou « changement » sans en penser un mot, avoue que son programme n’est pas défini pour ne pas en parler, et même si tout sonne creux, rien n’effraie les journalistes déjà acquis à sa cause.

Lire aussi : Les mots nous manipulent : agissons pour une reconquête des concepts !

Alors, même quand il avoue son envie de gouverner par ordonnances et par 49-3, ça ne choque pas. Son programme est décrit comme « réaliste » puisqu’il veut supprimer des fonctionnaires, moderniser la fonction publique, dire oui à tout en Europe, même au TAFTA et au CETA, encore raboter le Code du travail pour aider les patrons au détriment des salariés, supprimer l’ISF (pauvres fortunés qui souffrent)…

Rien ne choque chez lui. Mais. Les médias nous renvoie une image tellement déformante du candidat « révolutionnaire » Macron et de nous-mêmes qu’on se croirait convaincu et qu’on le croirait convaincant. Et pourtant. Ses politiques libérales pour uberiser la société ne nous mèneront nulle part.

Plus on libéralisera et appauvrira la population, plus une large partie d’entre elle pourrait se sentir attirée par le FN, qui n’est évidemment une solution à aucun de nos soucis. Alors que faire face à un Macron qui va renforcer la désunion, par sa politique inégalitaire, anti-pauvres, anti-écologie (favorable au diesel, au gaz de schiste, au nucléaire), pro UE, pro US…

Préparons le combat militant. A las barricadas, sans oublier notre devoir au quotidien : informons, décortiquons, analysons, partageons.

 

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3 commentaires

  1. N’importe quoi !!! C’est surtout votre site qui n’est que mensonge. Vous n’assumez rien et quand ça va pas dans votre sens vous trouvez des complots partout. Vous vous cachez derrière votre écran. Un pseudo révolutionnaire. Ce site devrait être fermé.

    • Bonjour ?
      Des arguments ? Des idées ?
      Car tel quel, votre message a des relents autoritaires qui ont plus de ressemblance avec MLP qu’avec le « modéré » Macron.

    • Quelle belle ouverture d’esprit dites-moi !
      Vous ne me connaissez pas et vous réussissez à m’accuser d’être un pseudo révolutionnaire caché derrière un écran (oui quand j’écris, c’est normal, vous écrivez dans la rue en marchant vous ?) et vous voudriez fermer mon site. Que d’égards !

      Petite question de curiosité : combien d’heures regardez-vous la télé par jour ?
      Des bisous à vous , malgré tout !
      L’I

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