Les insurrections singulières : changer soi-même pour changer le monde !

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Choisir de lire un livre pour passer le temps et finir par s’attacher singulièrement aux atermoiements d’un personnage. Le comprendre. S’identifier à lui. Le deviner. Certains romans ont ce pouvoir sur le lecteur. Les insurrections singulières l’a eu sur moi car il pose des questions humaines, sociales et politiques très justes et sensibles…

S’engager, se syndiquer, être militant, est-ce la meilleure des manières pour changer les choses ? Est-on réellement capable de parler de changement, de s’investir et de convaincre quand on n’a pas encore trouvé l’essence, l’origine de cette volonté de changement en soi ?

Le livre Les insurrections singulières nous immerge dans l’esprit torturé d’un quarantenaire déboussolé, Antoine. Inadapté au système, plein de vides qu’il ne sait comment remplir, notre anti-héros flotte dans sa vie, jusque dans ses pensées et dans ses mots. Jusqu’à ce que le déclic se fasse. Des rencontres, des détails insignifiants aux regards trop sûrs, des pulsions. Antoine n’est plus tout jeune, mais sa vie commence seulement, au bout de 40 ans, au Brésil. Synopsis :

Au seuil de la quarantaine, ouvrier au trajet atypique, décalé à l’usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d’une place dans le monde. Entre vertiges d’une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il lui faudra se risquer au plus profond de lui-même pour découvrir une force nouvelle, reprendre les commandes de sa vie.
Parcours de lutte et de rébellion, plongée au cœur de l’héritage familial, aventure politique intime et chronique d’une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu’au Brésil.

Toutes les révolutions sont d’abord intérieures. Et on n’a pas l’éternité devant nous. Juste la vie, notre misérable et incroyable petite vie. C’est pourquoi il est si important de chercher à faire le bien autour de soi, chaque jour, chaque instant.

Les rencontres d’Antoine sont comme lui. Atypiques, à la fois riches et décalées. On n’appartient à personne en ce monde. On est toujours seul en ce monde, mais le sentiment de fraternité qui nous unit tous – si on sait le ressentir – est un formidable motif d’espoir.

Face à une mondialisation qui n’a plus rien d’humain, quelques êtres à part résistent, simplement parce qu’ils ont encore la possibilité et le courage de chercher qui ils sont à l’intérieur. De ne plus faire. D’être ! Antoine est de ceux-là. Et de sa révolution intérieure, de son insurrection singulière, naissent des débuts de poèmes comme autant de motifs d’espoir.

Jeanne Benameur a voulu écrire ce livre après avoir rencontré les ouvriers d’Arcelor-Mittal, entre 2005 et 2006. On y ressent beaucoup d’amour, que d’autres appelleraient utopies mais c’est parce qu’ils sont tristes. Laissons un instant la plume à Jeanne, qui nous parle des ouvriers qu’elle a rencontré : « J’ai été touchée par la lucidité terrible de ceux qui voyaient bien que le travail avait perdu toute valeur, que les hommes ne comptaient simplement plus. J’ai été touchée par la détresse et la dignité, par la colère et tout ce qui ne parvenait pas à se dire »…

Un maelström d’émotions bien retranscrit dans Les insurrections singulières. Bravo. Et merci pour ces moments de poésie et de réflexion !

 

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