Les ânes ont soif : les médias fonctionnent à sens unique (con)sciemment !

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L’information, le débat, la pluralité des opinions, la vérité… Ce sont des termes que l’on entend souvent à la télévision. Mais ce ne sont que des termes, rassurez-vous. La télévision et ses chaines – dont la plupart appartiennent à des fortunes du CAC 40 – n’est pas réellement là pour informer le peuple mais pour le formater aux idées dominantes.

Lire aussi : Il est temps de tuer les grands médias (télé, radios, journaux…) !

C’est ce fait là que le magnifique documentaire de Pierre Carles, Opération Correa : Les ânes ont soif, illustre. Opération Correa : Les ânes ont soif est la première partie d’une série de 4 ou 5 épisodes qui sortiront grâce au principe du financement participatif d’ici aux élections de 2017.

Dans la première partie de ce documentaire disponible en accès libre sur Internet (et en bas de cet article), on découvre le traitement médiatique réservé à la venue du Président équatorien Rafael Correa, en France, en novembre 2013.

Ce Président n’est pas n’importe qui, son histoire, son message, ses valeurs ont beaucoup d’importance pour prouver le carcan dans lesquels les médias français sont enfermés, vous allez le voir.

Rafael Correa a fait une partie de ses études en sciences économiques en Belgique, il parle donc parfaitement le français. C’est pratique. Il est chef d’État d’un pays qui est en plein boom économique, contrairement à nos pays européens. C’est intéressant. Il a choisi de tourner le dos aux mesures d’austérité imposées par le FMI, la Banque Mondiale et ces amis « qui ne vous veulent que du bien », et c’est ainsi qu’il explique la réussite sociale et économique de l’Équateur, et par extension, l’échec programmé des politiques austéritaires en Europe. C’est fantastique. Mais c’est également transgressif. Socialiste (au sens propre du terme). Antilibéral. Bref, la télévision française n’en veut pas.

Dans ce documentaire, deux intervieweuses partent à la rencontre de journalistes de médias connus pour leur demander : « Mais pourquoi n’avoir pas invité Rafael Correa à votre table ? Cela aurait pu donner un débat intéressant, avec une opinion que l’on entend rarement à l’antenne ». Mais non, cela n’aurait pas intéressé les gens, selon eux. Eux, c’est Yves Calvi, Frédéric Taddeï, Elisabeth Quin… Pas les pires fachos des plateaux télé, et pourtant.

Yvan Levaï, qui fait la revue de presse sur France Inter (radio dite « de gauche »), va même plus loin en disant : « On ne fait pas boire l’âne qui n’a pas soif ». Comprenez : Les auditeurs n’ont pas envie d’entendre des opinions comme celles de Rafael Correa… Ou quand Christophe Barbier de L’Express explique que ce n’est pas intéressant pour les idées « différentes » d’être entendues au 20h par 50 millions de personnes. Non, il leur faut mieux une « petite audience attentive ». Oui, il ose dire cela, vous verrez !

Avec ce genre de discours de la part de personnes dites « intellectuelles et respectées pour cela, on comprend mieux le niveau de nos services d’informations français : ils se complaisent dans une certaine médiocrité ne bousculant surtout pas l’ordre dominant, ordre dont ils font partie.

Mais détrompez-vous, amis des grands médias ! Les ânes ont soif d’idées nouvelles !

Un autre exemple de médiocrité est donné au travers des revues de presse d’Europe 1, France Inter et RTL : ce sont toujours les mêmes quotidiens – libéraux – qui sont cités :

-Le Figaro : 124 fois
-Libération :  121 fois
-Le Parisien :  62 fois
-Les Echos : 47 fois
-Le Monde : 45 fois

-Le Monde Diplomatique : 0 fois…

L’un des rares quotidiens non libéraux (qui plus est le journal français plus vendu à l’étranger) obtient une superbe couverture médiatique, avec zéro citation. A faire tourner dans toutes les écoles de journalisme, tiens !

Bilan : une fois que l’on a terminé cette première partie de L’Opération Correa, on se demande quand même pourquoi on refuserait l’antenne à un chef de l’État – certes dissident – comme Rafael Correa, alors qu’on ouvre tous les plateaux avec tapis rouge en prime pour un penseur aussi décevant que dissident comme Zemmour ?

Et en y réfléchissant, on se dit qu’en même temps, quand on voit la propagande anti Syriza (le parti antilibéral grec) faite par l’UE de Juncker, les différences de temps d’antenne entre une Marine Le Pen et ses équivalents d’extrême gauche, on n’est pas étonné de voir qu’un homme – malgré sa haute position – qui porte des idées de changement par rapport à l’ordre établi ne soit pas le bienvenu au sein même des médias tenus par cet ordre établi. Les Nouveaux Chiens de Garde ont un métier à faire, et ils le font bien.

En revanche, les idées simple et pleines de divisions d’un Zemmour vont faire polémique et la polémique marche main dans la main avec l’audience. Et l’audience, c’est la seule chose qui fasse vraiment avancer nos chers médias dominants.

Alors, si vous voulez faire du tort (économique, il n’y a que cela qui fonctionne) à ces médias médiocres, lisez Le Monde Diplomatique, informez-vous par d’autres canaux et surtout, jetez aux poubelles votre télévision. En bref, prouvez leur que vous avez soif d’idées nouvelles. A un moment donné, cela leur donnera peut-être l’envie de changer !

 

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