Le porc n’est pas forcément là où on aimerait nous le faire croire…

Cochon gaz prêt à être suspendu pour la saignée

Voici un article signé « Mortelle cette planète » :

Dans notre société policée, “civilisée”, aseptisée et très organisée, tout est fait pour que l’on consomme sans trop se poser de questions. Certaines choses nous sont cachées, pourquoi ? Moi, qui suis bien terre-à-terre, je me dis que si on me dissimule quelque chose c’est soit qu’on n’en est pas très fier, soit qu’il y a supercherie.

En France, 95 % des cochons sont élevés, planqués dans des « fermes » industrielles, élevages intensifs où chaque seconde de leur très courte vie est analysée, décortiquée afin d’en tirer le meilleur profit.

Et partout, où ce vilain mot pointe le bout de son nez, il y a forcément exploitation, donc maltraitance…

Une mort révélatrice de notre inhumanité

Miam-miam, c’est bon le cochon. Et vous pouvez vous lâcher, parce que ces suidés roses, communs à nos élevages, ont un traitement de faveur lorsqu’ils sont à l’abattoir. Avant la mise à mort, ils ont le « choix » entre l’électrocution ou l’endormissement (1). Oh, quel joli mot ! On se croirait dans La Belle au bois dormant. Sauf qu’en fait d’assoupissement, il s’agit d’une lente et effroyable asphyxie. Les enfants cochons sont number one des ventes de viande. Donc, quand ils sont dans le couloir de la mort, s’agit pas de bayer aux corneilles, il faut que la petite troupe avance ! Comme ils sont jeunes — quatre ou cinq mois — , dynamiques, pleins de vie, voire un peu incontrôlables, comme des gosses quoi, pour leur éviter qu’ils stressent et s’énervent dans une file d’attente interminable — un peu comme nous au supermarché — , un gars ingénieux, sympa et vachement sensible au « bien-être » animal, peut-être un ingénieur (2) — qui sait ? — , a imaginé le stratagème suivant : ils sont entassés à trois, quatre, cinq — à plusieurs, c’est plus rigolo, moins stressant pour eux — dans une cage ovale et descendus dans une fosse à CO2 — gaz carbonique. À ce moment-là, la machiavélique machine se met à tourner sur elle-même pour que les bébés cochons s’emplissent harmonieusement les poumons des émanations mortifères. Terrorisés, les yeux exorbités — comme le loup de Tex Avery, sauf que là, c’est pas du cinoche — , ils ressemblent alors aux billes du loto, mais en beaucoup plus gros. Leur souffrance est horrible à voir et leurs cris de détresse insoutenables pour nos oreilles. Mais là où le joli mot choisi par les agroindustriels est juste, c’est qu’on ne va pas jusqu’au bout du processus, parce qu’un cochon ça se saigne et pour ça, il faut qu’il soit encore vivant, mais moins remuant…

Un « bien-être » au plus près de la maltraitance

Mais revenons en arrière. Il n’y a quand même pas que la mort dans l’existence d’un cochon. Non, alors là, je vous rassure tout de suite. Il a une vie, une vraie vie… de merde. Il est né dans un hangar aux murs et sol bétonnés gris et nus. Bruyant aussi, parce qu’il avait des centaines de potes avec lui. Lui, ses frères et sœurs sont dans une espèce d’enclos sur caillebotis et ont accès à leur mère, qui ne peut pas bouger, car sa cage est pile-poil à sa taille. Elle peut juste se lever et se recoucher, il lui est impossible de faire un pas, des fois qu’elle se fatigue… À quelques jours à peine, toujours dans un souci de « bien-être », leurs jolies petites queues sont coupées et leurs quenottes meulées ou rognées — grosso modo ce que subit Dustin Hoffman dans le film Marathon man de John Schlesinger sorti en 1976, sauf que là, c’est du cinoche — , l’appréciation de la méthode à utiliser étant laissée à la « bienveillance » de leur éleveur. Comme ils sont pas mal les uns sur les autres, nos petits, et un peu oisifs — y a pas grand-chose à faire dans un hangar gris et borgne — , ils risqueraient de se bouffer leur chtiote queue et de se mordiller pour passer le temps. Alors on a pensé que c’était mieux pour eux et, vu que ce sont des costauds et pas des demi-portions, comme nous autres animaux de l’espèce humaine, on fait tout ça à vif, sans anesthésie. Je peux vous garantir que s’ils foutaient un peu le bordel dans l’enclos, ils sont calmés pour un petit moment après. Ça, c’est pour tout le monde, mais les gars ont droit à un traitement de faveur. Dans la foulée, on les castre, toujours à vif, les testicules pouvant donner un léger goût à leur viande. Bien entendu, pour leur « bien-être » ils seront sevrés à 21 jours alors qu’ils devraient l’être à l’âge où ils partent pour l’abattoir… Et comme leurs éleveurs les chérissent et en prennent soin, ils seront supplémentés aux antibiotiques — 37 % de la consommation vétérinaire rien qu’à eux ! Si ce n’est pas de la prévenance, de la sollicitude et de l’affection tout ça, je ne m’y connais pas ! Ensuite, pour les chanceux qui auront survécu et toujours dans un souci de « bien-être » animal, je ne trouve pas d’autre explication, ils font un petit tour en camion et aperçoivent enfin le soleil. Les balades peuvent durer de nombreuses heures, voire plusieurs jours. Et ça, quoiqu’il existe un abattoir tout près. Contrats européens obligent. Même sous prétexte de « bien-être » animal on ne peut y déroger… Nos gentils cochons bretons vont donc faire des centaines de kilomètres pour rallier l’Allemagne, serrés comme des sardines, sans eau, sans nourriture et dans leurs déjections. Euh, ça me fait tout bizarre, j’ai presque l’impression de réécrire une triste page de notre histoire… Quand ils arriveront, certains seront déjà morts, d’autres en extrême souffrance et plusieurs auront même des membres brisés. Le voyage étant un immense stress, ils seront déchargés et parqués afin qu’ils s’apaisent, parfois jusqu’au lendemain, toujours sans eau, je suppose. Au fait, les responsables des abattoirs, le mal-être des cochons, ils s’en moquent comme de leur première chaussette, c’est juste qu’il paraît que les hormones du stress ça gâte la viande…

La mort plutôt que cette vie-là

Lorsque le soleil se lèvera sur le dernier jour de leur incroyablement misérable vie, je suppose qu’ils seront presque heureux de prendre leur place dans la file qui les mènera soit à l’électrocution, soit à l’asphyxie. Après tout, s’il faut en passer par là pour enfin cesser de souffrir… Et pour les récalcitrants, ceux qui regimbent ou les naïfs, ceux qui y croient encore, tout est prévu. L’espèce « humaine » étant redoutable lorsqu’il s’agit d’organisation et de planification, des sortes de kapos — faut bien gagner sa vie… alors que des millions d’autres l’y perdent, quelle ironie ! — , armés d’aiguillons électriques et de matraques sont là pour les remettre dans le droit chemin. On ne va tout de même pas se laisser emmerder par des cochons !

Vous trouvez mon exposé violent ? Renseignez-vous, le web est là pour ça, et allez voir les images sur le site de L214. On en reparlera.

J’ai pris l’exemple des cochons, mais sachez qu’ils n’ont rien à envier aux autres animaux de consommation. Tous ont des vies pitoyables.

Ah, et le bio dans tout ça ? Ne vous y trompez pas, ce n’est pas parce qu’un élevage est étiqueté bio que les pensionnaires y sont mieux traités et que leur mort est plus douce. Le nourrissage y est peut-être légèrement moins épouvantable, tout comme la concentration et la médication. Mais c’est tout. Ne soyez pas naïfs, le lobby agroalimentaire ayant flairé la pompe à fric, il y a belle lurette que le bio des origines est tombé aux oubliettes. À tel point que l’Union européenne a déjà assoupli par plusieurs fois les normes sanitaires, pesticides et insecticides qui étaient supposées nous rendre confiance en l’agriculture…

J’ai toujours aimé les animaux. Pendant longtemps, une éternité même, j’ai été spéciste. C’est-à-dire que je considérais que la vie d’un chien, d’un chat, d’un renard, d’un tigre, d’une girafe, voire d’une araignée — puisque je ne les tuais pas — avait plus de valeur que celle d’enfants tels qu’un agneau, un veau, un porcelet, un poulet, un cabri, un lapereau ou encore celle d’une truite, d’une moule, d’un homard… Eh oui ! quasi tous les animaux élevés pour terminer dans nos assiettes meurent alors qu’ils ne sont que des BÉBÉS. Pendant longtemps, une éternité même, j’ai été complice. Un peu comme « à l’insu de mon plein gré ». Je m’explique, je ne suis pas complètement gourde, je savais que je mangeais de la chair animale — plus exactement du cadavre, comme un charognard — , j’étais parfaitement consciente que je portais des chaussures, une veste en cuir, parfois de la fourrure de lapin, un vêtement en peau retournée de mouton, un gilet en laine, un foulard de soie… Je n’étais pas à l’aise, mais, naïvement, j’imaginais, entretenue en cela par le discours mystificateur des agroindustriels et leur imagerie d’Épinal — vous savez celle où l’on nous montre les vaches dans les prés avec leur petit, un agneau dans les bras caressants et « aimants » de l’éleveur qui vante son fromage, etc. — , que ces animaux avaient eu une vie, certes courte, mais une vie sans trop de souffrances. Et je dois reconnaître que je ne cherchais pas à savoir, le discours enjôleur des grandes marques du secteur alimentaire, sans cesse et — ô combien ! — habilement martelé par le biais de publicités fallacieuses, me convenait parfaitement… Mes excuses ? AUCUNE ! J’ai fait l’autruche, enfoui la tête dans le sable, j’ai préféré penser que tout allait bien et j’ai continué à faire semblant… pour faire comme tout le monde. La solution de facilité, quoi ! Assez pitoyable, je dois l’admettre. Heureusement, Earthlings, L214 et Peta m’ont remis les neurones en place et ouvert les yeux. Puis j’ai lu Voir son steak comme un animal mort de Martin Gibert, Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer — courez l’acheter — et L’Imposture intellectuelle des carnivores de Thomas Lepeltier. Chez moi, depuis le réveil de cette chose que l’on appelle conscience, je ne peux plus agir comme si je ne savais pas. Même s’il m’arrive souvent de faire des cauchemars, je préfère être au fait et pouvoir adapter mon comportement en toute connaissance de cause. Je ne consomme plus d’animal, que ce soit pour mon alimentation, pour mon hygiène, pour la mode, pour le tourisme… Je n’en veux plus, ça ne m’intéresse plus, je dirais même plus, ça me révulse. Je ne reviendrai jamais en arrière. Comme moi, de plus en plus d’« humains » refusent cette société qui dissimule, ment, triche pour le profit sans aucune éthique. Des voix s’élèvent contre cette barbarie organisée — voir les chaînes Youtube Chaînons manquants (3) ou encore celle de Jihem Doe (4), des jeunes qui, dans des styles différents, mais complémentaires, se sont emparés du sujet, documentés et informent sans barber. Un mouvement est en marche. Des personnalités politiques, scientifiques, culturelles, ne craignent plus d’être moquées et assument leur empathie pour les autres espèces animales. Quelles que soient les « solutions » apportées par les agroindustriels au traitement calamiteux de nos alter ego, c’est trop tard. Ils n’ont pas compris, anticipé qu’Internet participerait à leur déclin. La cause est juste, éthique. Elle va dans le bon sens, celui de l’Histoire avec un grand H. Partout dans le monde, si les enfants voyaient l’être vivant à l’abattoir, si on leur laissait la possibilité de faire le lien entre le morceau de viande et l’agneau au pré, de s’exprimer, si on les respectait, la consommation de chair animale chuterait de façon vertigineuse — pour rappel, nous tuons, vous et moi CHAQUE ANNÉE, non asseyez-vous avant que je vous assomme, ça y est vous êtes bien installés ?, bien, NOUS ASSASSINONS donc 1 000 MILLIARDS D’ÊTRES SENTIENTS INNOCENTS MARINS ET TERRESTRES. 1 000 milliards, ça fait 2,7 milliards par jour, 114 millions à l’heure, 1,9 million à la minute et 32 000 animaux à la seconde et, tous ceux qui se taisent et continuent à consommer, collaborent à ce massacre, cet holocauste. Quant à nous, les animaux dits « humains », qui avons eu l’heur de devenir adultes, le très prégnant et long endoctrinement sociétal, la peur du ridicule et le manque de courage se révèlent encore trop souvent de véritables freins. En ce qui me concerne, mon choix est fait ; j’assume de faire sourire, supporte les quolibets des personnes que je mets face à leurs contradictions et suis heureuse d’épargner, le temps qu’il me reste à vivre, quelques précieuses vies. Je ne pourrais plus me regarder en face si j’agissais autrement…

1. Voir Midi Libre et L’Écho Républicain du 13/12/2016, Ouest France et France Info du 17/02/2017…

2. Ingénieur : personne mettant au point des outils qu’il ne testera ni n’utilisera jamais.

3. https://www.youtube.com/channel/UCGwDLDVwBRnMdDE3v_NTChQ

4. https://www.youtube.com/channel/UCL4aDumq1DvTw2Jp7rF87jQ

cochons-entasses

Cochons entassés à l’abattoir d’Houdan avant gazage

 

La détresse des cochons entassés avant le gazage…

La détresse des cochons entassés avant le gazage…

 

Ouvriers piétinant des cochons jetés au sol

Ouvriers piétinant des cochons jetés au sol

 

Cochon gaz prêt à être suspendu pour la saignée

Cochon gaz prêt à être suspendu pour la saignée

 

 


Source : L214

2 commentaires

  1. On ne peut qu’être choqué évidemment par tant de barbarie et de mépris pour la condition animale. Mais il ne faudrait quand même pas oublier que depuis l’origine des temps du règle animal, la survie des uns se fait via la mort des autres, c’est comme ça. Alors oui nous les humains on emploi des méthodes à faire pâlir les âmes sensibles qui se mettent à la place de ses pauvres bêtes, mais une mort, quelque soit la méthode pratiquée, reste un événement misérable et déplorable pour quiconque le subit, animal ou humain. Est ce qu’il y a une réelle différence entre se faire gazer puis égorger plutôt que déchiqueté vivant dans la nature ?

    Et puis faut il s’alarmer à partir d’un certain nombre ? La mort du premier cochon (RIP depuis le temps) n’est elle pas tout aussi triste et déplorable que celle de millions de cochon d’aujourd’hui ? Le nombre a t-il même un sens quand on en arrive à ces ordres de grandeur ? Même si par miracle la moitié des êtres humains carnivores sur cette planète devenaient végétariens, est ce que cela changerait ce modèle de barbarie ? Je serais bien étonné !

    Désolé, c’est sûrement un peu fataliste comme réponse, mais si on transformait tous les abattoirs du jour au lendemain en parcs verdoyants ou on raconte des histoires aux cochons avant qu’ils s’endorment et qu’on les tuent pendant leur sommeil, est-ce que ce serait plus moral ?

    • Ce qui serait moral, éthique, c’est que l’on cesse d’infliger cette barbarie aux autres animaux de la création. Ce qui n’est pas moral et éthique, c’est l’organisation de cette extermination sans fin et à grande échelle. On ne peut pas comparer un animal sauvage qui n’a pas d’autre choix pour se nourrir que de tuer « artisanalement » un autre animal et un animal humain qui pourrait, s’il le voulait, arrêter d’être le complice d’un tel massacre. Là, où je vous rejoins, c’est que la mise à mort d’un animal, humain ou autre, est d’une infinie tristesse. Alors, puisque vous en êtes conscient, pouvez-vous agir pour changer cela ?

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