Le convertisseur de revenus en unités Bettencourt : pour comprendre la violence des riches

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Les riches qui sont très riches et qui continuent à s’enrichir uniquement parce que le Capital est construit ainsi (sur l’accumulation de biens de propriété privée et le mythe de la croissance infinie) sont d’une violence inouïe. Bien plus violents que ceux qui s’énervent lors des manifs, que ceux qui arrachent une chemise ou qui séquestrent un dirigeant pendant quelques heures, toujours avec un maximum de respect, compte tenu de la violence extrême de ce système puissamment inégalitaire.

La violence de classe qui s’exerce sur les pauvres, elle, détruit de manière systémique et systématique, souvent à des échelles qu’on a du mal à mesurer : destructions écologiques, néo-colonialisme, destruction massive d’emplois, destruction de la notion même du bien commun, culte de la toute-puissance (et en miroir, celle de la soumission), et j’en passe.

Mais cette violence est minimisée, standardisée, oubliée même souvent, notamment par les médias mainstream dont les journalistes fréquentent souvent ces ultra-riches et les envient.

Lire aussi : Est-il encore permis d’informer sur les activités du groupe Bolloré ?

Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue.

Dom Helder

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Comment représenter cette toute puissance économique d’une violence inimaginable ? Le site mataf.net a eu une idée bien originale : créer un convertisseur de revenus en unités Liliane Bettencourt, pour rendre compte avec force des inégalités de richesse criantes dans notre pays.

Prenons le salaire médian français, qui est d’environ 21 264 euros nets par an (soit 1 772 euros par mois), et testons le jeu. Voici le résultat que l’on nous donne :

« Une fois ses 75% d’impôts payés, Lilliane B. met 3 heure(s) pour gagner votre salaire annuel.

Pour vous, l’achat d’une baguette de pain à 1€ est équivalent, pour Liliane, à une dépense de 3 292 €. Malgré son imposition.
Soit 2 mois de votre salaire.

Vous mettrez 3 292 année(s) pour atteindre le revenu annuel après impôts de Liliane, soit en l’an 5 304.
Ce qui correspond à votre arrière arrière arrière (118 fois) petit enfant.

Pour avoir la même fortune aujourd’hui il aurait fallu commencer à économiser en 868 003 Avant JC (sans rien dépenser de votre salaire !)
Soit à l’époque de l’homo érectus et de la pierre taillée.

Depuis que vous avez commencé à lire cette page Liliane B. a gagné, une fois ses impôts déduits, 892, 31 €.
et vous avez gagné 0, 07 € auxquels il faut probablement déduire encore des impôts (en 101 secondes). »

Sources :
[Wikipedia] 280 millions d’euros de dividendes en 2009
[Wikipedia] Fortune estimée à 24 Milliards de dollars en 2012

La voilà, la violence. Elle est dans le fait de vivre dans une société archaïque qui autorise et même encourage ces inégalités croissantes, injustifiables et inhumaines. Aucune différence d’intelligence, d’esprit d’entreprise, de prise de risque, rien ne justifie une telle différence économique entre deux individus.

Rappelons qu’en France, dans un pays qui produit énormément de richesses (bien plus que les taux de chômage et les chiffres de la dette ne le laissent supposer), des millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté fixé entre 840 et 1008 euros pour une personne seule. En 2012 dans l’Hexagone, on compte entre 5 et 8,7 millions de pauvres selon le seuil de pauvreté choisi, soit environ une personne sur 7.

Vous imaginez : Plus de 8 millions de personnes gagnent moins de 1000 euros par mois, certains en travaillant. Et pendant ce temps, certaines personnes gagnent de l’argent en dormant, simplement parce qu’elles ont déjà beaucoup beaucoup (trop) d’argent et que dans ce monde, l’argent fait de l’argent.  Vous vous rendez compte qu’il faudra 118 générations à une personne qui gagne moins de 1800 euros pour atteindre la fortune (après impôts) de Liliane Bettencourt ? C’est ça, le progrès ?

Lire aussi : Redevenons solidaires contre les riches, nous, les « Salauds d’pauvres » !

Même sans aller jusqu’à cet extrême d’écart de niveau de vie, il est urgent d’instaurer un salaire maximal, comme il existe un salaire minimal. Il est urgent de conscientiser les ultra-riches des dommages qu’ils occasionnent à la société. Il est urgent de protéger les plus modestes, et par un salaire plus conséquent qu’un salaire de survie (à peine supérieur au seuil de pauvreté) et par une politique qui interdise à certains de profiter d’eux en capitalisant de manière éhontée.

La lutte de classe existe. Et c’est la classe des riches qui la mène et qui la gagne. Réveillons-nous !

 

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source : mataf, Le Monde, Mediapart, les ouvrages des époux Pinçon-Charlot

3 commentaires

  1. Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu un tel ramassis d’inepties!
    A vous lire, les riches naissent tous riches et ne dont rien de leur journée. Si vous enlevez vos oeillères, vous verriez que c’est loin d’être la majorité des riches. Le véritable problème n’est pas d’avoir des riches en France, c’est d’avoir trop de pauvres. Et pour ça, nous pouvons remercier l’état qui asphyxie un peu plus notre économie chaque jour.

    • En terme d’ineptie, votre commentaire tient un belle couche aussi !
      Non, je n’ai jamais dit que TOUS les riches naissaient riches et ne faisaient rien de leur journée.
      J’ai dit que ce système ultra capitaliste autorise une personne devenue ultra riche de à faire profiter aux 100 prochaines générations de sa famille de sa fortune. Une fois très riche, une personne profite d’avantages qu’un non riche n’aura jamais.
      Je suis en parfait désaccord avec votre analyse qui consisterait à dire : il nous faut plus de riches et moins de pauvres.
      L’Etat n’a rien à voir dans le souci du capitalisme, bien qu’il l’aggrave en effet en tentant d’en profiter lui aussi.
      Voyez aux US : les riches sont 100 fois plus nombreux et plus riches qu’en France. Il n’empêche qu’il y a aussi beaucoup plus d’inégalités et de pauvreté. Dans un pays où l’état, plus libéral, laisse faire.
      Bilan : la théorie du ruissellement est un leurre auquel il faut mettre fin.
      Voilà. Je vous laisse à vos inepties.
      L’I

  2. Merci, l’Indigné, pour cet article.
    Je me dis qu’il serait intéressant aussi de parler de la TVA quand on parle de tout cela et en particulier de l’achat de baguette. A moins que je ne me trompe (étant d’un niveau très bas en stats), Mme Bettencourt se voit aussi taxer 3200 fois moins lors de son achat de baguette, non ? L’impôt le plus inégalitaire de France…

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