L’argent de la dette = l’argent des paradis fiscaux = Révoltons-nous

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Un scandale financier de plus a vu le jour, en Suisse. La banque internationale britannique HSBC a fraudé. C’est un lanceur d’alerte – Hervé Falciani – qui l’a dénoncée au journal Le Monde, entre autres. Entre 2006 et 2007, plus de 180 milliards d’euros ont été blanchis grâce à des montages offshore (dans des paradis fiscaux) pour contourner l’administration fiscale. Plus de 100 000 clients et 20 000 sociétés écrans sont concernés. Un scandale parmi tant d’autre, car depuis 10 ans, HSBC a pas mal flirté avec l’illégalité, notamment avec des réseaux terroristes, des cartels, dans les trafics d’armes, d’argent et de diamants. Il suffit d’aller sur Wikipedia, toutes les sources sont à disposition.

Mais revenons à notre affaire de 2015. Le #Swissleaks est pour beaucoup de médias (qui sont pourtant censés être bien mieux informés que les citoyens lambda) un séisme. Une révélation incroyable. Normal. Ce sont eux qui la font, cette révélation, ils la rendent grandiose.

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Pourtant, au sein de la population, on s’en doute depuis longtemps, nous, de ces milliards qui nous appartiennent mais qui nous sont purement et simplement volés. Et voilà les médias qui font des Unes faussement engagées, faussement militantes, comme si le choc était vraiment venu de nulle part. Est-ce leur plan pour nous faire peu à peu à accroire que nous aussi, on est surpris, que nous aussi, on découvre. Pathétique. Les médias ont vraiment déconnecté avec la masse.

Encore plus pathétique, les réactions de ceux qui critiquent une soi-disant exagération, un excès de zèle des médias (il faut le faire). Un certain Pigasse, actionnaire du Monde et directeur général de la banque Lazard, a jugé que « son journal » donc, Le Monde – journal français qui a été contacté par la taupe de HSBC – avait fait du McCarthysme fiscal en dévoilant les noms des hors-la-loi qui ont placé leur argent sur des comptes suisses de la HSBC pour ne pas payer d’impôts. Du McCarthisme, vraiment ?

Parler de McCarthysme pour retourner des cerveaux

Le McCarthysme a consisté dans les années 50 aux USA à suspecter et arrêter toutes les personnes communistes sous l’unique prétexte qu’elles étaient communistes. De la présomption de culpabilité. Une honte véritable. Une chasse aux sorcières, de la répression. Mais les personnes dont on parle sont-elles innocentes ? Non. Ces personnalités ont été placardées en Une, parce qu’elles ont fraudé. Et alors, où est le souci ? Ce Monsieur a-t-il trouvé choquant de voir partout les visages des frères Kouachi et de Koulibaly ? Je suis persuadé que non. Son expression est un leurre, semblable à d’autres comme le « djihadisme vert », qui fait passer la victime pour l’oppresseur, et inversement.

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La fraude fiscale française, estimée à 80 milliards d’euros, représente 1400 fois plus d’argent que la fraude des pauvres ! Je ne suis pas un fervent défenseur des impôts et de l’État, bien sûr que non. Je trouve juste anormal qu’on nous serine à longueur de temps qu’il faut combattre et détruire les assistés, et les petits fraudeurs qui ne représentent rien pour les caisses de l’État quand on sait – devrais-je dire, quand on « apprend » selon les quotidiens nationaux – que d’autres, mieux placés, en col blanc, se gavent pour 10 générations et avec des fortunes représentant des milliers de SMIC, fraient tranquillement avec le milieu politique et médiatique sans aucun souci et sans jamais être montrés du doigt.

Ces fraudeurs qui font évader leurs fortunes tuent eux aussi, heureusement qu’ils sont au moins identifiés. Ils devraient même être emprisonnés. Les Français ne veulent-ils pas une justice pour toutes ces personnes qui leur demande de se serrer la ceinture, qui jouent aux Enfoirés pour « aider les pauvres » mais qui les enfoncent toujours un peu plus dans les soucis et leurs problèmes financiers avec leur attitude égoïste ? Oui, ces gens tuent.

L’évasion fiscale, un fléau de riches remboursé par les pauvres

L’évasion fiscale représente rien qu’en France 80 milliards d’euros. L’état français se dit en crise, il lui manque toujours des milliards qu’il récupéré tant bien que mal en vendant les entreprises du public qui ensuite appliquent des prix démesurés – regardez l’évolution de vos factures de gaz et d’eau depuis 10 ans -, elle sucre les subventions, gèle les salaires de ces pauvres enseignants dont on demande tant sans jamais aucune contrepartie. Mais surtout, il va, via l’impôt, chercher à gagner plus, en matraquant les classes moyennes, qui ressemblent plus à des classes qui surnagent qu’autre chose.

Pendant ce temps, on nous explique que ces fraudeurs qui gagnent des dizaines de milliers d’euros et qui ont le temps et les moyens d’organiser scientifiquement leurs méfaits en détournant l’argent via plusieurs pays et en créant de fausses sociétés – les fameuses sociétés écrans – ont « régularisé leur situation ». Plus rien à dire, plus rien à voir, fait divers suivant !

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Mais non ! Nous exigeons réparation. Nous exigeons que les politiciens prennent des mesures radicales pour faire tomber toute cette mascarade.

Car disons-le : ces dettes énormes que tous – je dis bien TOUS – les pays doivent soi-disant rembourser, elles correspondent simplement aux sommes que des financiers et des banksters véreux mettent de côté dans des paradis fiscaux aux comptes totalement opaques.

« La fraude fiscale dont on parle en Europe est deux fois supérieure à la dette de tous les pays de la zone Euro. »
« Normalement ça devrait faire la Une de tous les médias pendant des jours et des jours. »
« La crise est résolue, le chômage est résolu […] il suffit de reprendre l’argent aux voleurs. »

Gérard Filoche (ancien de la LCR désormais au… PS. Oui, ça fait mal).

Et tant qu’on ne règlera pas ce problème à la racine, nos incompétents de politiciens resteront pieds et poings liés par ces lobbies qui achètent leur silence.
Exigeons. Sortons dans les rues. Récupérons à ces banques tout ce qu’elles nous prennent.

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Un commentaire

  1. Ce sujet me révolte déjà tellement, mais en te lisant, je suis hors de moi… Une société pourrie jusqu’à la moelle. Tellement plus facile de s’en prendre aux plus pauvres, en les stigmatisant et en les culpabilisant, au lieu de s’en prendre aux riches qui se remplissent les poches… Quand tu prends conscience de toute cette mascarade, c’est très difficile, je trouve, de faire comme si tu ne savais rien, que tu n’avais rien compris. Une fois que tu comprends le système dans lequel on vit, c’est fini, ce n’est plus que déception, dégoût, énervement, révolte et solitude..(oui, parce que tout le monde ne s’intéresse pas à comprendre notre société ou les citoyens français préfèrent peut-être rester aveugle face à cette situation…)

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