La Vague : pourquoi le retour du nazisme est à portée de main

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Le film La Vague est une claque. Le genre de claque qui renverse tout sur son passage, même vos idées les plus ancrées.

Après les horreurs de la Seconde guerre mondiale, on le croyait enterré, le nazisme. On les croyait fini – et heureusement -, ces partis ultra-autoritaires basés sur un nationalisme et un patriotisme exacerbés. Même de nos jours, alors que l’extrême droite semble convaincre de plus en plus de gens, on élimine le problème, du genre : « Le FN n’a strictement rien à voir avec le nazisme, certes, c’est un parti nationaliste, mais il n’est pas raciste, et c’est évident qu’il ne réinstaurerait pas les chambres à gaz, personne ne laisserait faire ça. »

Moi aussi, je pensais cela. Mais ça, c’était avant que je regarde le film La Vague. Ce long-métrage sorti en 2008 et réalisé par Dennis Gansel est un avertissement, un signal d’alerte lancé à tous les humanistes optimistes qui croient que l’être humain est naturellement bon et tend vers le bien commun. L’être humain est naturellement facile à conditionner et à manipuler, surtout en groupe. Voilà la base. A partir de là, les pires erreurs peuvent se répéter. L’Histoire nous l’apprend, ce film nous le confirme. Voici le synopsis de La Vague :

Pendant une semaine d’atelier, un professeur de collège propose à ses élèves une expérience ayant pour but de leur expliquer comment fonctionne un régime totalitaire. Commence alors un jeu de rôles aux conséquences tragiques. Au bout de quelques jours, ce qui avait débuté par des notions inoffensives telles que la discipline et l’esprit communautaire, devient alors un véritable mouvement : La vague. Le 3e jour, les étudiants commencent à exclure et persécuter ceux qui n’ont pas rallié leur cause. Quand le conflit éclate et tombe dans la violence lors d’un match de water-polo, le professeur décide de mettre fin à l’expérience. Mais il est trop tard. La vague est incontrôlable.

Évidemment, on ne vous donnera pas ici la chute de l’histoire, mais vous imaginez bien que tout ne se termine pas par des tapes amicales dans le dos et des embrassades mielleuses. L’être humain n’est pas un héros.

Même le professeur de collège, personnage plutôt anarchiste a priori, conscient, politisé, se fait renverser par la vague. Car l’homme seul a beau avoir des convictions, l’homme social peut vite être dévié de ses principes.

Et si vous vous dites : « Oui, d’accord, mais tout cela n’est qu’un film ! Cela ne prouve pas que le nazisme pourrait revenir demain, on n’est pas aussi bête ! » Sachez que ce film a pour origines une expérience sur les régimes autocratiques intitulée « La troisième vague ».

Menée aux États-Unis dans les années 60 (en 1967), elle avait précisément pour but de savoir si un épisode aussi catastrophique que la montée du nazisme en Allemagne, les exterminations et la guerre qui suivirent pouvaient se reproduire dans l’Histoire.

Incapable d’expliquer comment le peuple allemand avait pu céder au régime fasciste d’Hitler, un professeur décida de passer par une mise en situation, en créant un mouvement et en tentant de convaincre ses élèves de le rejoindre. Le résultat fut sans appel : les élèves échouèrent à éviter le retour du fascisme.

Découvrez toute la chronologie de l’expérience ici

Pour découvrir ces mécanismes effrayants et éviter de les reproduire, découvrez le fascinant film de Dennis Gansel, La Vague. En espérant qu’il évite à certains de surfer sur les idées faciles et intolérantes de certains partis bien trop à la mode…

 

3 commentaires

  1. Bonsoir,
    excusez moi je viens de lire l’article « La vague: pourquoi le retour du nazisme est à portée de main », et je voudrais m’en servir avec mes élèves mais je n’arrive à en trouver ni la date de parution ni l’auteur… du coup je ne peux pas le citer comme source. Où puis-je trouver ces données pour vos articles?
    merci,
    cordialement
    Ethel

  2. Bonjour,

    Après le résultat des élections en Allemagne, vous devez avoir beaucoup de visites : j’avais googlé « vague nazie en Allemagne », et votre article arrive en bonne position.

    Vous m’avez donné envie de regarder ce film, même si ce n’est pas cela qui nos débarrassera de l’AfD ni de Trump.

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