Réforme des prisons : le projet qu’on aimerait ne pas voir pendu

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Christine Taubira s’attaque aux prisons françaises. Après le Mariage pour Tous, elle aimerait réformer le système judiciaire et carcéral. Lumière sur les orientations de ce projet de loi courageux qui tourne le dos à cette politique d’insécurité et d’exacerbation de la peur !

Oui Christiane Taubira fait partie du gouvernement Hollande, le gouvernement le plus à droite qu’on ait connu, à gauche… Mais elle n’a pas que des défauts. Parce qu’elle a soutenu mordicus et finalement fait triompher la Loi du Mariage pour Tous, déjà.

Désormais, la Garde des Sots – euh, des Sceaux – s’attaque aux prisons, aux peines, bref, au système judiciaire et carcéral dans son ensemble. Elle est soutenue par de nombreux professionnels politiques, regroupés derrière une note de la Fondation Jean Jaurès.

Cette note va dans le bon sens :

Trois axes majeurs ont été choisis. Le sens donné à la peine tout d’abord : «Il faut cesser de faire semblant de croire que plus la peine est lourde, plus elle a de chance de réduire la récidive : c’est le contenu de la peine, le travail entrepris avec le délinquant et son environnement, sur ses causes et ses conséquences, qui génère des effets de réinsertion».

En deux, les signataires de la note militent pour l’individualisation des peines : « Il est indispensable de supprimer les mécanismes automatiques, au premier rang desquels les peines minimales automatiques dites « peines planchers » qui contraignent les juges à favoriser la prison. Individualiser, c’est permettre une intervention fine de la justice, du cousu main et non de l’abattage.»

En trois, et cela devient de plus en plus une évidence dans nos prisons surchargées et inadaptées, une reconfiguration des établissements pénitentiaires est prônée : «Actuellement, ils sont trop grands et conçus pour un niveau élevé de sécurité qui ne concerne qu’une petite proportion de détenus alors que la majorité doit disposer de travail et d’activités dès la prison pour préparer leur retour à une vie normale et respectueuse des règles communes.»

En outre, Dominique Raimbourg prône le «retour à une justice égalitaire, qui ne broie pas toujours les faibles, comme c’est souvent le cas lors des comparutions immédiates, et qui ne ménage pas toujours les forts avec les multiples recours déposés. »

Rassurez-moi, le « Pouvoir » ne vient pas seulement de se rendre compte que mettre en prison un jeune et petit délinquant le transforme souvent en gros bandit quelques mois plus tard ? C’est inquiétant, mais si peu surprenant ! En tout cas ce potentiel projet semble plutôt bien pensé.

Espérons que l’Etat suive cette note juste et qu’une nouvelle éclaircie législative – très rares en politique ces temps-ci – vienne percer derrière les gros nuages noirs du quinquennat Hollande.

Photo : © Grégoire Korganow

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