Interdire le glyphosate (RoundUp) de Monsanto, c’est maintenant !

roundup-desherbant-glyphosate-cancer

Décidément, Monsanto a les bras longs et des yeux partout et lui mettre des bâtons dans les roues est une tache extrêmement compliquée, même lorsqu’on a la morale avec soi, la médecine et la recherche avec soi, la santé de millions de consommateurs avec soi, la loi avec soi… Du coup le RoundUp, désherbant cancérigène et produit phare de l’industrie monopolistique, n’en finit plus de nous ruiner la santé ! 

Lire aussi : Boycotter Monsanto, une question de bon sens sanitaire et citoyen !

Des expériences glaçantes

En 2016, pour prouver que le glyphosate, « cancérigène probable » pour l’OMS et le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer, qui émane de l’OMS), était décidément partout, 48 députés européens ont accepté de jouer le jeu et de faire tester leur urine. Le résultat est sans appel. 100% des urines testées comportaient du glyphosate, dans des proportions alarmantes, puisqu’en moyenne, le taux de concentration y était 17 fois plus élevé que la normale. Précisons que 13 pays étaient représentés dans ces tests (de l’Espagne à la Finlande en passant par l’Italie, la France, la République Tchèque, la Hongrie ou la Belgique) et qu’on peut clairement dire que personne n’y échappe.

En 2017, rebelote (car le temps presse) : l’association Génération Cobayes réitère le test d’urine, mais cette fois, ce sont les urines de personnalités françaises, végétariennes ou non, habitant à la ville ou à la campagne. Guillaume Meurice a joué le jeu tout comme ses collègues Vizorek et Vanhoenacker, la chanteuse Emily Loizeau, la députée écolo Delphine Batho, une trentaine de personnes en tout… Cette fois encore, le résultat est sans appel ! 100% des urines testées contiennent du glyphosate.

Alors, doit-on attendre d’être sûr à 1000% que le glyphosate n’est pas un truc mortifère pour enfin l’interdire, comme il se doit ? Le principe de précaution n’est-il pas excessivement utile, même s’il ne fait pas les affaires des puissants ? Notre monde a-t-il encore des parcelles de principes moraux, où bien tout a-t-il été colonisé par le facteur économique ?

Petit historique

En 2015, le RoundUp est déclaré comme cancérigène probable par l’OMS (le CIRC plus précisément), après plusieurs dizaines d’années d’enquêtes et de contre-enquêtes. L’évidence a du être prouvée une nouvelle fois, mais il semblerait que cette fois, c’est la bonne. Victoire et soulagement de la part des milieux en lutte, que ce soit l’agriculture bio, la santé, les militants écologistes, ou tout simplement des milliers de citoyens soucieux de l’avenir de la planète et de leurs mômes. Même si la bataille n’est pas terminée, et ils le savent.

En 2016, la Commission Européenne se voit obligée de tenir compte des résultats de l’étude sur les risques liés à l’épandage de glyphosate et à son potentiel cancérigène : au lieu de renouveler un permis de tuer d’exploitation du glyphosate pour 15 ans (le permis précédent s’arrêtait en juin 2016), elle le reconduit mais seulement pour 18 mois, afin de laisser du temps aux particuliers mais surtout aux agriculteurs, éleveurs et autres industriels de l’agro-alimentaire pour changer leurs habitudes progressivement.

Mais Monsanto, pour qui les ventes de RoundUp sont extrêmement importantes (qui s’intéresse à l’écologie et même à la survie quand il s’agit de gros sous ?) n’a pas dit son dernier mot. Dans la foulée, une étude de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) conclut que le glyphosate n’est pas si dangereux. Puis début 2017, c’est l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) qui explique que les preuves sont insuffisantes pour incriminer le glyphosate. Qui doute encore que Monsanto soit derrière ces études ? 

J’avais déjà expliqué que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et son homologue allemand, le Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR), – symbolisent à eux seuls les conflits d’intérêt. En effet, un tiers des membres du comité du BfR sont directement salariés… par des géants de l’agrochimie ou des biotechnologies ! Au contraire, le CIRC (qui émane de l’OMS) n’a jamais vu ses résultats contestés… sauf par les lobbies agro-alimentaires. Tiens tiens, comme c’est bizarre.

argent-lobby-recherche-agro-alimentaire-chimie

Monsanto sait que ses produits sont cancérigènes et détourne la recherche sciemment

Monsanto n’est pas un enfant de coeur, on le sait depuis longtemps. Mais la déclassification toute récente de documents internes du géant (les fameux « Monsanto Papers ») prouve deux choses plus choquantes l’une que l’autre :

A Monsanto, on connait depuis 1999 le potentiel cancérogène et mutagène du glyphosate. Souhaitant prouver que son produit est inoffensif, la firme a lancé à l’époque une étude fiable et neutre, via le spécialite en génotoxicité James Parry. Résultat : ce dernier a obtenu des résultats qui n’ont pas plu à la firme, qui a choisi de ne jamais publier les résultats et d’en réclamer d’autres, qui, comme par hasard, se sont révélés bien plus à l’avantage de la compagnie…

– les centaines de documents déclassifiés mettent à jour les processus utilisés par Monsanto pour décourager la recherche sur ses produits : lobbyins sauvage, procédures judiciaires interminables et coûteuses qui s’enchaînent, intimidations, la firme fait tout pour empêcher la recherche de condamner ses produits, afin de continuer à exister le plus longtemps possible. D’ailleurs, les scientifiques du CIRC n’osent même plus répondre positivement aux demandes d’interviews, de peur de représailles.

C’est le danger avec les multinationales aussi énormes, pour ne pas dire monopolistique. Et la récente fusion de Monsanto avec Bayer n’arrange pas le rapport de force, bien au contraire.

Lire aussi : Bayer rachète Monsanto ? Actons le boycott de l’un et l’autre !

Bref, tout porte à croire que c’est Monsanto qui a lancé et orchestré cette contre-attaque suite au rapport du CIRC : d’études pseudo-scientifiques en lobbying, la firme tente d’infléchir la position de l’Union Européenne pour s’assurer des ventes de RoundUp pour encore 15 ans. Ne nous voilons pas la face, la finalité est celle-ci, et pas de prouver que son produit est inoffensif. Les conflits d’intérêt dans ces affaires sont énormes.

C’est donc pour cela qu’il faut rester mobilisés. A la fin de l’année 2017, les 18 mois provisoires seront terminés, et l’UE pourrait ré-autoriser ce produit mortifère pour des années et des années. Pour empêcher cela, signons cette pétition, et partageons cet article !

 

Vous pouvez aussi suivre les réflexions de L’Indigné du Canapé sur Facebook et Twitter ! Ou encore vous abonner à la newsletter (NOUVEAU) !

 

Sources : Le Monde, Générations Cobayes, CIRC, Wemove

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas utilisé à des fins commerciales. Champs obligatoires *

*