Comment la droite « brade » nos richesses au nom d’une idéologie mythifiée

Ca y est. « La République en Marche » l’a fait, comme « Les Républicains » (ou le RPR) et le « Parti Socialiste » avant lui (bref, toute la droite avec le soutien habile de l’extrême droite) : brader les biens publics français, notre richesse, à tous, au nom d’un libéralisme censé apporter plus de bien-être à tous, alors que (presque) tous les économistes sont d’accord et ont démontré à quel point ce postulat était fallacieux.

Dans la nuit du 15 au 16 mars 2019, vers 6h du matin (une date à marquer d’une pierre blanche), une toute petite Assemblée Nationale de 45 votants – sur 477 – a adopté le projet de loi relatif à la croissance et à la transformation des entreprises (Loi PACTE). Schématiquement, seule la gauche s’est opposé à la loi, les Insoumis en tête (on y revient en détails en conclusion de l’article).

Cette loi « PACTE » odieuse restera comme un événement dans l’Histoire de France. Un moment clé du quinquennat Macron. Car l’Assemblée Nationale a voté d’un seul coup la privatisation des Aéroports de Paris, de la Française des Jeux et d’Engie, la suppression des tarifs réglementés du gaz et la modification des seuils sociaux (ce sont encore les pauvres qui vont trinquer, contrairement à ce qu’affirme ce Gouvernement à longueur de temps)…

C’est exactement le genre de texte que la Grèce a été contrainte d’adopter pour plaire aux desideratas de la Troïka (FMI-BCE-Commission) et rester dans l’UE. De la haute trahison ultra-libérale. Sauf que cette fois, cela a été fait avec une volonté politique claire, incarnée par LREM, depuis le départ.

Rappelons que ce genre de trahison n’est pas isolé. La France a déjà privatisé son eau, une spécificité bien française (qui explique notamment que la France ne reconnaisse pas l’accès à l’eau comme un droit fondamental, mais quelle honte !), mais aussi ses autoroutes, ses voies de chemin de fer depuis l’année dernière (merci l’UE !), etc.

Lire aussi : Santé, éducation, transports, non à la variable humaine dans un monde tout-économique

Pourquoi donc une telle volonté de détruire la richesse publique ?

Depuis 40 ans, la logique de privatisation est censée favoriser la concurrence, éviter les rentes d’Etat, et in fine, améliorer le bien-être des populations. Il n’en est rien.
Si la concurrence sur un marhé économique est une chose plutôt utile pour encourager les entreprises à innover tout en faisant baisser les prix, ce n’est pas le cas pour tous les marchés.

Par exemple, les biens de « réseau » sont par définition monopolistiques : en effet, il est inutile de construire plusieurs conduits pour acheminer l’eau ou le gaz partout en France, plusieurs lignes électriques ou chemins de fer en parallèle, plusieurs barrages au même endroit, etc. C’est pour cela que ces biens doivent par définition être assurés par la puissance publique, car octroyer ces monopoles à des acteurs privés est encore plus problématique en termes de prix : l’Etat est censé avoir des comptes à rendre et agir dans l’intérêt collectif, tandis que les acteurs privés n’ont de seuls compte à rendre qu’aux détenteurs de capitaux, le propriétaire, et les éventuels actionnaires !

Outre les biens de réseau, c’est aussi le cas de certains biens ou services particuliers, qui ont une importance cruciale dans l’égalité et le respect des droits fondamentaux des humains : on pense à la santé, à l’éducation, à la justice…

Et pourtant : au nom de la sacro-sainte concurrence, au nom du libre marché, au nom du libéralisme (qu’on peut en ce cas appeler « ultra-libéralisme », car il ne supporte aucun frein, même les plus logiques et sensés), on privatise tout, sans réfléchir au bien être collectif. Aujourd’hui, difficile de considérer la privatisation des autoroutes, ou encore des prisons, ou celle déjà évoquée par les Gouvernements des barrages, et la future privatisation d’ADP, comme une avancée, comme un progrès…

Soulignons de plus que ces privatisations servent en réalité un but élitiste (et pervers) : assurer aux élites du public (députés, ministres, hauts fonctionnaires) des postes-clés dans le privé au moment de leur reconversion, grâce aux cadeaux accordés durant leurs mandats. Un pantouflage ignoble, qui démontrent par A + B que nous vivons dans une oligarchie totalement fermée, dans un système capitaliste mondialisé, avec des multinationales (françaises ou étrangères) qui font un véritable chantage aux Etats, et des Etats infestés de libéraux formés dans des écoles élitistes libérales et qui n’ont donc aucune matière intellectuelle pour modifier l’ordre établi, ni intérêt, ni envie pour le faire.

Résultats du vote sur la Loi PACTE : qui soutient cette oligarchie ?

La Loi a été adoptée avec 27 voix POUR (pour 15 contre), en grande majorité des voix LREM, les Républicains ayant bien vu qu’il n’était même pas nécessaire de se mobiliser à cette heure tardive.

Dans les voix résistantes, on compte une forte dominante de voix Insoumises (7 sur 15), Insoumis qui ont bataillé – par amendements – pour empêcher le texte d’être adopté en l’état la première fois, et cette fois encore. Le reste des « Contre » étant plutôt composé de voix de gauche.
Le RN, toujours présent dans les médias pour défendre la France, ne s’est pas montré combatif (c’est le moins que l’on puisse dire, et c’est raccord avec ses votes à l’Assemblée ou au Parlement européen) avec une seule voix contre le texte. On le constate une fois encore, le RN, un peu comme LREM d’ailleurs, a cette formidable capacité de dire une chose et d’agir à l’opposé.

L’ensemble des biens possédés par l’Etat font sa richesse. En effet, quand on parle d’endettement en France, il ne faut pas oublier de contrebalancer la dette par tout ce que l’Etat a construit et possède.
Sauf que si les élus dilapident des biens publics largement lucratifs en les vendant à des entreprises, ils « affament la bête » : pour quelques milliards aujourd’hui, combien de milliards perdus demain, après-demain, année après année ?

C’est le meilleur moyen d’affaiblir l’Etat, de l’endetter encore plus, de le rendre responsable de toutes les problématiques économiques, et de justifier les politiques austéritaires et libérales. Un serpent qui se mord la queue (jusqu’à la prochaine crise, où les mêmes acteurs privés seront très content que l’Etat soit là pour éponger LEURS dettes)…

Lire aussi : Les exilés et évadés fiscaux, ces braqueurs d’écoles et d’hôpitaux !

Ne soyez pas dupes. L’Etat n’est pas l’ennemi. L’Etat, une fois que l’on aura récupéré notre pouvoir politique, c’est nous !
Récupérons notre pouvoir d’agir et nos biens collectifs !
Pour chacun, pour tous !

Contre ces quelques-uns qui nous dépouillent !

Sources complémentaires :
– https://www.mediapart.fr/journal/france/070319/electricite-vers-le-transfert-de-la-rente-nucleaire-publique-au-prive-0h
– https://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h/2017/09/11/laccord-secret-entre-letat-et-les-societes-dautoroutes.htmlh
– https://www.monde-diplomatique.fr/2012/07/DESCAMPS/47973
– https://blogs.mediapart.fr/bertrand-rouzies/blog/160618/privatisation-des
barrages-francais-un-acte-de-haute-trahison
– http://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/1762