France, mets fin à ta justice de classe ! #JusticePourTheo


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Le 9 février 2017, l’IGPN (la police des polices) a jugé que le viol d’un policier sur Théo quelques jours plus tôt lors d’une « interpellation musclée » était un « accident », pas un « viol ». Une décision indigne d’une d’un organisme – et d’une République – censés être libres, justes, égalitaires. Ce qu’il s’est passé, c’est un viol, voire un viol en bande organisée. Et ça, c’est passible d’une sacrée peine de prison (mais nos policiers même s’ils sont coupables n’en verront pas la couleur) !

Dans le même temps, un représentant d’un syndicat policier jugeait que « bamboula [était] un terme convenable » dans la bouche d’un policier à l’adresse d’un jeune, défendant les policiers agresseurs et la police dans son ensemble. Insulter quelqu’un de « bamboula », c’est une insulte raciste, et cela devrait être condamnable et donc condamné. Ce n’est pas une opinion que de dire ça, c’est un délit. La liberté d’expression, ce n’est pas la liberté d’insulter (petit rappel).

Toujours dans le même temps, des centaines de personnes sur les réseaux sociaux défendent la police MALGRÉ LE VIOL, au point de tenter de faire peser toute la culpabilité sur un jeune qui n’est que victime (casier vierge, jamais interpellé, etc.).

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Le renversement de situation est total. On en arrive même à nous dire sans pression (les médias, les éditorialistes, les politiciens) que critiquer la police, c’est critiquer la République, ou l’état. Mais c’est tout l’inverse. Critiquer les policiers coupables pour assainir les rangs de la police, c’est croire encore aux institutions de notre état. Ne pas critiquer les choses qui vont mal, c’est CELA qui fait déshonneur à la République ou à l’état.

Lire aussi : Les mots nous manipulent : agissons pour une reconquête des concepts !

Ne nous laissons pas avoir par leurs rhétoriques orwelliennes !

Que Théo soit un type bien ou pas n’est pas la question. Personne ne doit pouvoir agresser impunément. Rejeter la faute sur Théo ou sur les jeunes plutôt que sur la police, c’est comme dire que c’est normal qu’une fille se fasse violer parce qu’elle n’aurait pas du sortir/s’habiller comme ça/traîner ici ou là/parler comme ça, etc. C’est rendre la victime coupable. C’est reproduire les formes d’oppressions de l’Etat. Cette dénonciation à sens unique et cette justice à deux vitesses ne font que renforcer la violence symbolique entre deux parties de la France : les privilégiés d’un côté, les dominés de l’autre.

En bonus : Que répondre à ces 4 arguments utilisés pour décrédibiliser le récit de Théo ?

Comme dirait Mickaël, le frère de Theo :

On respecte les policiers, ces personnes-là portaient un uniforme mais ce sont des imposteurs. C’est salir la profession de la police de dire que ces quatre hommes sont policiers.

Comment peut-on ensuite se sentir solidaire, quand la police manifeste dans les rues et se plaint de son sort, se sent mal-aimée, agressée, injustement, constamment. Mettons d’abord fin à cette justice de classe, et voyons ensuite si la police est toujours aussi peu respectée. Cela me fait penser à la théorie d’un sociologue (dont j’ai oublié le nom) qui disait que la délimitation entre classe sociale pauvre et classe moyenne pouvait être trouvée facilement : il suffit de demander aux personnes comment elles se sentent à proximité de la police. Si la police est perçue comme effrayante, troublante, violente, vous êtes face à une personne de la classe dominée. Si elle est perçue comme rassurante, apaisante, pacifiste, vous êtes en présence d’une personne appartenant aux classes moyennes ou dominantes.

Selon un rapport de l’ACAT (ONG chrétienne de défense des droits de l’homme), en France, depuis 2005, il y aurait eu au moins 26 décès, 29 blessures irréversibles et 22 blessures graves commis par la police, sans compter les violences « de l’ombre » (utilisations abusives des menottes, tutoiement, injures…) et morales, comme les contrôles au faciès, répétitifs au point que la France est épinglée par sa propre Cour de Cassation et son Conseil constitutionnel pour « discriminations ».

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Et ce n’est que la face émergée de l’iceberg, tant les institutions sont opaques et les informations inaccessibles… Pourquoi tant de mystère, pourquoi tant de protection ? Peut-être parce que les jugements ne sont pas justes, peut-être parce que les policiers s’en tirent toujours à bon compte ? Sur les 89 histoires graves étudiées par l’ACAT, seules 7 ont donné lieu à des condamnations, et une seule à une peine de prison. Et on le rappelle, ce n’est que la face émergée de l’iceberg. Qu’en est-il quand l’affaire n’est même pas ébruitée dans les médias ?

Opacité = risque d’impunité

Peut-on accepter que la police viole, insulte, violente, tue, sous prétexte que c’est la police ? Vraiment ?

Mais alors, on vit dans un pays qui octroie tous les droits à la violence légitime, et il faut se demander pourquoi… Moi, j’ai ma théorie : les idées nauséabondes de Marine, reprises en coeur par les Fillon, les Sarko, les Valls et consorts ont imprégnés les esprits. Les gens font des amalgames dangereux entre banlieues, couleur de peau, violence, immigration, et en viennent à perdre tout sens critique, un peu comme ceux qui confondent « terrorisme » et « Islam ». C’est dangereux.

Dangereux car sans réflexion profonde, sans intelligence bienveillante, sans liens entre les idées et les Hommes, c’est tout le vivre-ensemble qui s’effondre. Et sans vivre-ensemble, pas de combat commun, pas de Bien Commun, pas de paix. Et pas d’utopie.

Peace.

 

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Source : Nouvel Obs, Marianne, ACAT, RMC, contre-attaques

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