FMI et BCE préconisent, les États obéissent, les banques se gavent…

…et les peuples se meurent !

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Le FMI (Fonds monétaire international) a été créé par les puissants des économies occidentales. Il serait donc totalement naïf de croire qu’il a réellement pour vocation d’aider au développement de pays en difficulté, du Sud ou du Nord. Pourtant, sur le papier, c’est bien son rôle. Un peu comme la Banque Centrale Européenne qui fait des profits sur les peuples qu’il pousse dans la misère.

Quand on observe les situations des pays européens qui acceptent les politiques d’austérité mises en place par la Troïka (FMI, BCE, Commission Européenne), on a peur. On croyait que ce trio infernal tentait d’aider les peuples. Mais non : il a pour mission de « sauver » le monde des banques !

Ces deux vaisseaux de l’ultra-libéralisme que sont la BCE et le FMI ont pour unique objectif l’optimisation des politiques de capitalisme agressif pour favoriser le mythe de la croissance, mais surtout pour qu’il n’y ait aucun retour en arrière possible. On se croirait dans La Stratégie du Choc, de Naomi Klein.

L’exemple grec

C’est aussi pour encourager une libéralisation à tout va que depuis plusieurs mois, on nous fait croire – que ne nous fait-on pas croire ? – que la Grèce de Syriza fait du chantage à l’Europe, et que NOUS, électeurs européens, allons devoir payer pour ces Grecs qui ont « vécu au dessus de leurs moyens » et qui sont sclérosés par une mafia des plus persistantes. Mais la réalité, c’est que le FMI refuse les mesures présentées par la Grèce car elles viendraient contrebalancer les politiques mises en place partout ailleurs en venant essayer de ponctionner les plus riches.

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Imaginez, il ne manquerait plus que cela marche ! De leur côté, FMI et BCE soutenus par les non-élus de l’UE demandent à la Grèce de continuer d’augmenter la TVA, l’impôt le plus inégalitaire, qui a déjà presque doublé en quelques années. Ils demandent aussi – réclament – que la Grèce entame de vraies mesures de libéralisation, mais rien sur la taxation des grosses fortunes… Vive l’austérité heureuse !

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Et la propagande qui explique que les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens et en pleine corruption ne vous fait pas rire ? Car quand on parle « des Grecs », cela signifie en réalité l’État grec… Les pauvres Grecs ne sont pour rien là-dedans, surtout quand apprend que des banquiers véreux comme Goldman Sachs ont accepté de prêter plus d’argent que prévu à la Grèce avant de spéculer sur son effondrement. C’est ce genre de comportement qui devrait être puni par la loi.

Et quel état européen ne connait pas d’affaires de corruption et de détournements d’argent ? En premier lieu le Luxembourg de Junker. Bref, l’hôpital se fout de la charité et les médias emboitent le pas… En réalité, ce que l’Eurogroupe tente de sauver en Grèce, ce n’est bien sûr par le peuple grec, mais bien les banques grecques, pour qu’elles continuent à rembourser les fameuses dettes.

« En Grèce, l’endettement s’est envolé avec la crise de 2008, pour les mêmes raisons que dans tous les autres pays : parce qu’il a fallu sauver les banquiers de leurs propres agissements.

Même si la Grèce était l’un des États les plus fragiles de la zone euro, les banques se sont jetées sur les obligations d’État grecques. Mais plus elles doutaient de sa solvabilité, plus elles lui imposaient des taux d’intérêt usuraires, faisant plonger le pays dans la spirale infernale de l’endettement.

C’est un piège bien connu des ménages surendettés ou des collectivités saignées par des prêts toxiques. Au départ, on s’endette pour une petite somme. Comme elle s’avère impossible à payer dans les temps, on réemprunte pour la rembourser à des taux d’intérêt plus élevés et on se retrouve pris dans une spirale infernale où, pour avoir emprunté 10, il faut rembourser 50 ou 100. Les dirigeants européens rejettent l’échec des négociations sur Tsipras. Michel Sapin, le ministre de l’Économie s’en est pris à la Grèce « qui voudrait de l’argent sans s’engager à réformer » !

Mais combien de plans d’austérité les Grecs ont-ils subis pour que le pays, ruiné par les financiers, soit mis sous perfusion de l’Europe ? Combien de licenciements et de souffrances les travailleurs ont-ils endurés pour payer leur dîme aux financiers ?
Et comme si, dans ces négociations, Tsipras n’avait pas fait son lot de concessions ! Contre ses engagements électoraux, Tsipras avait concédé de nouvelles privatisations, des reculs des droits à la retraite et l’augmentation de la TVA. Quelles concessions ont fait les créanciers ? Aucune. Ceux-ci expliquent avoir fait une « une offre exceptionnellement généreuse de 15 milliards ». Mais ces 15 milliards seront immédiatement engloutis dans les remboursements, avec intérêts, des prêts du FMI puis de la BCE. La Grèce n’en verra pas un seul euro, mais le jeu d’écriture alourdira la dette grecque de 15 milliards. Et ils appellent ça « aider la Grèce ».

Quant à la façon dont tous les grands démocrates ont assimilé le recours au referendum à un coup de force, elle est édifiante. Dès que le vote permet à la population de s’exprimer sur ce qui l’intéresse concrètement au premier chef, ces Messieurs crient à la provocation. Ce serait pourtant cela la vraie démocratie, et pas ce cirque électoral auquel on nous invite régulièrement et qui consiste à voter pour des gens qui marcheront sur leurs promesses aussitôt élus.

La Grèce n’est pas poussée à la faillite pour 1,6 milliard, ni même pour 5 ou 10. Jamais la Grèce ne pourra payer sa dette, tous les créanciers le savent, mais c’est pour eux une question politique.

À travers la Grèce, les représentants de la bourgeoisie signifient à tous les peuples qu’ils doivent accepter de se saigner pour les financiers. Ils signifient que le paiement des intérêts est au-dessus de tout, au-dessus même de la nécessité de se nourrir, se loger et se soigner.

Au-delà de la Grèce, ces événements montrent qu’il est vain de chercher à raisonner ou à implorer ceux qui sont les chiens de garde du capital. Ils ne cherchent pas à négocier avec les peuples, ils exigent leur soumission totale à la loi du capital. Sauf à les renverser, il n’y aura pas d’issue pour les exploités. »

Lutte ouvrière

La Grèce est devenue une sorte de laboratoire où l’on teste les mesures d’austérité les plus sévères et les lois injustes les plus drastiques. On voit comment se comportent les marchés mais surtout, jusqu’où l’acceptation se fait parmi les peuples européens. Et l’opacité est telle dans les fonctionnements européens, la médiocrité est telle dans les élites de chaque pays, la frilosité et le manque d’engagement sont tels chez les médias, que les peuples aveuglés en sont encore à croire qu’ils paient pour les crises des autres et que « rembourser une dette » est un « devoir », une question d’honneur…

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Le véritable puits sans fond, ce n’est pas la Grèce mais la dette que les pays doivent aux financiers privés. Car les intérêts de la dette augmentent plus vite que les remboursements eux-mêmes. C’est ce système qui est un puits sans fond et auquel les Grecs ont dit non. Un système qu’il faut réformer, voire abolir !

La dette est un mirage illégitime

Le FMI et la Banque mondiale n’encouragent pas un quelconque remboursement de la dette, mais un remboursement de ses intérêts seulement. Par quel miracle ? Je vous explique.

Ces crises sont montées de toutes pièces. Depuis la Loi de Rothschild en 1973, et plus encore depuis le Traité de Maastricht (1993) et le fameux article 123 du Traité de Lisbonne de 2005, l’État est OBLIGÉ d’emprunter aux marchés financiers privés de l’argent, à des taux d’intérêt très forts !

Lire aussi : L’article 123 du Traité de Lisbonne TUE !

Tout cela au lieu de créer de l’argent de manière nationale et de l’emprunter à des taux nuls ou quasi-nuls, à la Banque de France par exemple.

Résultat : La France a en 2014 une dette de plus 2 000 milliards d’euros. Tout en sachant que la France a déjà payé plus de 1 400 milliards d’euros d’intérêts à ses créanciers depuis quarante ans. Ses créanciers sont à 65 % étrangers et sont en grande partie des banques privées et de gros clients des marchés financiers !

En fait, la France dépense son argent (et son temps) à rembourser LES INTÉRÊTS de la dette, sans amorcer le remboursement de la dette elle-même… Cette dette n’est en fait rien de plus que les intérêts (privés) d’une dette que l’on rembourse à des investisseurs privés. Elle est donc illégitime, car elle est créée de toute pièce par les marchés, pour les marchés. Avec l’aval incompréhensible des élus…

Si j’étais à la tête d’un gouvernement, je déclarerai cette dette illégitime et refuserait de la payer… Mais depuis qu’on a créé l’UE, agir en héros et faire cavalier seul n’est plus chose aisée… Malin, non ?

Ce système n’est pas viable. Il affaiblit les plus modestes pour enrichir les plus gras des capitalistes. Pourtant, l’État continue de soutenir cette politique. Pourquoi à votre avis ? Parce que l’UE, la Banque mondiale et le FMI lui indiquent que c’est ce qu’il faut faire, que c’est le meilleur moyen, que c’est l’avenir.

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« Fais comme notre modèle à tous, les États-Unis, tu verras comme tu seras heureux après. » Sauf que l’après n’est jamais sûr d’arriver et qu’en attendant, on souffre tous… Et pour s’assurer de la soumission des peuples à cette logique de la croissance (croissance des financiers, des actionnaires et des paradis fiscaux avant tout car pour nous, la croissance n’existe plus depuis 40 ans), on enchaine les lois mortifères et totalement inconcevables. Et nos élus valident, sans pression…

L’idée du siècle : payer les banques deux fois !

Pour le FMI et la Banque Centrale Européenne, toutes les techniques sont bonnes pour créer de la dette et ainsi, se faire de l’argent sur la pauvreté des autres. L’une des dernières mesures en date (une « préconisation » du FMI) vaut le détour et va sûrement vous faire hurler : l’idée géniale pour rembourser la dette, c’est de taxer l’épargne des Européens !

La banque, c’est une idée assez sympa à la base. Plutôt que de transporter toujours son argent avec soi, cette petite maison vous propose de vous le garder, en échange d’une petite somme. C’est gentil, non ?

Ça a commencé à partir en sucette quand les banques ont été autorisées à spéculer sur votre argent, comme à la Bourse ! Et bizarrement, rien ne la limite, alors qu’elle joue avec un argent qui n’est même pas à elle.

C’est un peu comme ça que naissent les crises actuelles. Les banques jouent, elles perdent, et elles pleurent. Elle demande de l’aide à l’État, donc à nous. Et hop, une fois renflouées, elles recommencent, préférant jouer notre argent sur des investissements à fort potentiel mais à haut risque que d’investir dans la société réelle, c’est-à-dire de porter nos projets, les nôtres, les vôtres, les miens. L’argent s’évapore, ne circule plus, et disparait finalement dans ces fameux paradis fiscaux, coffré par les plus riches, toujours les mêmes…

Lire aussi : L’argent de la dette = l’argent des paradis fiscaux = Révoltons-nous

Et plutôt que de stopper ces vols ignobles, le FMI les encourage. C’est pour cela qu’il préconise que pour aider les banques, les Etats puissent venir ponctionner dans les comptes épargnés des contribuables, nous… Afin que nous participions nous-mêmes et directement à aider le boursicotage des costards gris. Fabuleux !

Chypre a failli le faire pour sauver l’une de ses banques en 2013. L’idée était de laisser cette banque taxer à 37,5% tous les dépôts supérieurs à 100 000 euros. Fonctionnant par paliers, la taxe pouvait monter jusqu’à 60% ! Mais on imagine bien que l’idée de mettre un taux à partir de 10 ou 8% permettrait de venir embêter tous les épargnants, même ceux ayant difficilement réussi à mettre 10 000 euros de côté après 25 années de sacrifices et d’économie. Tout cela pour permettre la survie d’un système bancaire mondial totalement injuste qui ne prête plus qu’aux riches pour ne pas « prendre de risques »…

Une honte, un vol en bonne et due forme !

Et ce n’est pas tout !

Pour encore mieux contrôler le circuit de la monnaie et soutenir cette thèse selon laquelle le FMI et la BCE ne sont en fait que des émissaires dits « démocratiques » (et justifier le contrôle quasi-fascisant des instances financières et bancaires), on vient d’apprendre les paiements en espèces seront bientôt (à partir de septembre) limités à 1 000 euros en France.

Vous me direz, qui paie 1 000 euros en cash à part les plus riches et les trafiquants ? Et je vous répondrais : ceux qui sont hors système, ceux qui ne mettent plus rien à la banque, ceux qui sont interdits bancaires, etc.

Nous empêcher de vivre sans les banques, c’est nous obliger à remettre notre argent dans leur économie entièrement contrôlable, entièrement sous contrôle, entièrement à la merci des boursicoteurs et leurs appétits féroces…

Cantona avait peut-être raison de nous inviter à tous retirer notre argent des banques et des assurances quand on entend parler cette ancienne employée de Goldman Sachs parler de l’assurance vie. Elle d’ailleurs n’en a plus… Ça fait peur !

Tant que le FMI ne sera pas stoppé par un mouvement d’ampleur, il continuera.

Nous y voilà : le chantage économique s’est transformé en oppression économique et maintenant, c’est la guerre ! Nos armes ? Notre faculté à nous unir et à propager nos messages de lutte, notre capacité à nous émanciper de l’argent immatériel (carte bleue, compte en banque) et notre pouvoir de « non-consommation ». Notre faculté aussi à ne pas nous laisser charmer par les sirènes du nationalisme et du souverainisme et à bien comprendre que nous n’y arriverons que grâce à l’union des peuples, d’Europe et d’ailleurs !

Sus au FMI et à aux Banques mondiales et européennes !

 

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Sources : Wikipedia, contribuables.org, Lutte ouvrière, fr.finance.yahoo.com

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