L'Indigné du Canapé

La droite et les conflits d’intérêt en politique

Puisqu’on parle beaucoup des conflits d’intérêt en ce moment (Macron avec Rotschild ou BlackRock et bien d’autres encore, c’est lui le boss du game), Buzyn et son mari, Pénicaud et le Forum de Davos, Delevoye et sa quinzaine d’activités non déclarées, et j’en passe… Je vous ressors un document signé par l’ONG SumOfUs, et synthétisé astucieusement par Mr Mondialisation.

Ce travail, sorti au moment des élections présidentielles de 2017, militait pour une plus grande transparence de la vie politique (une autre promesse de campagne de Macron, énorme lol) mais aussi une plus forte vigilance des médias sur ce sujet (re-lol, ils sont eux-mêmes traversés par les conflits d’intérêt étant donné qu’ils sont dirigés par des industriels richissimes) afin de recréer de la confiance entre le monde politico-médiatique et les citoyens.

Dans cette étude signée SumOfUs, on apprend que le parti RN est évidemment embringué dans de nombreuses affaires de financements illégaux et qu’évidemment, il n’y a pas de trace de lutte contre les conflits d’intérêt dans son programme (fidèle à une tradition de droite pro-capitaliste), rendant possible de futures connivences…
Que les LR ont des conflits d’intérêt avec des groupes comme Accor, Air Liquide, AXA, Bouygues, Carrefour, Edenred, GDF Suez, Lafarge, Publicis, Safran, Unibail, Valéo, Philips et SAP. Et que pareillement, la lutte contre ces conflits d’intérêt n’est pas présente dans leur programme.
Que LREM est LE parti du conflit d’intérêt, étant soutenu ouvertement par Alexandre Bompard (Fnac-Darty), Xavier Niel (Free), Georges Plassat (Carrefour), Serge Weinberg (Sanofi), Pierre Pringuet (groupe Ricard), Philippe Wahl (La Poste), Paul Hermelin (CapGemini), Frédéric Mazzella (BlaBlaCar), Eric Carreel (Withings) et d’autres. Macron est également soutenu par Pierre Bergé (YSL, Le Monde…), Laurent Bigorgne (Institut Montaigne) et Marc Simoncini (Meetic) au minimum (et de nombreux scandales ont éclaté depuis). Et on sait que Macron et sa clique n’ont aucun intérêt à lutter contre ces conflits.
Que Hamon et le PS sont relativement épargnés par ces conflits, bien que soient cités dans l’étude ses financements, provenant de Google, Axa, eBay et Amundi .
Enfin, que LFI n’aurait aucun conflit d’intérêt avéré et aurait le programme le plus ambitieux afin de lutter contre ces intrusions du capitalisme dans la vie politique du pays…

Sans surprise, vous aurez constaté que les conflits d’intérêt sont avant tout légion chez les listes de droite. Ce n’est pas être partisan que de dire cela. C’est être réaliste sur les logiques de notre monde capitaliste. Historiquement, les courants politiques que l’on a appelé de « gauche » et de « droite » ne défendent pas les mêmes valeurs.

La droite (et l’extrême droite) est le camp du conservatisme, de l’autorité, du culte du chef, et au niveau économique, du capitalisme et du libre marché. Sa logique est plutôt descendante – de la tête à la base – et ses électeurs sont plutôt issus de classes favorisées, qui ont tout intérêt à préserver leurs intérêts et privilèges – économiques et politiques – en prônant le maintien des inégalités (ce qu’ils appellent l’ordre), par la force s’il le faut. Dans cet entre-soi – de droite – se rencontrent donc les politiciens de droite et d’extrême droite, les industriels, cadres et hauts dirigeants, eux-mêmes possédant la plupart des médias.

La gauche, historiquement, est le camp de l’égalité, du changement, de la réforme voire de la révolution, et au niveau économique, de l’étatisme voire du communisme/de l’anarchisme. Sa logique est plutôt ascendante – de la base à la tête – et ses électeurs sont plutôt issus de classes moyennes ou populaires, qui ont tout intérêt à ce que l’ordre établi (inégalités et autorité) change, pour plus d’équité.
C’est donc logique qu’historiquement, les partis de gauche soient moins susceptibles d’être dans les conflits d’intérêt. En effet, les grands industriels et chefs d’entreprise redoutent la gauche au pouvoir, et voient peu d’intérêts économiques à son élection.

Le souci, c’est que la gauche politique s’est en grande partie embourgeoisée en accédant au pouvoir, devenant plus élitiste et perdant par la même son identité de gauche (et dans le même temps, l’extrême droite bourgeoise a peu à peu rassemblé de plus en plus de votants de classes populaires).
Le PS n’est plus la gauche, ni dans ses valeurs, ni dans sa vision de l’économie.
La FI représente une gauche réelle (proche des idées d’un PS des années 30 ou 50), mais pas radicale. Pourtant, les commentateurs médiatiques (qui se croient neutres, mais qui sont plutôt très à droite dans leurs valeurs) la présentent comme extrémiste, voire dangereuse.
Ceci souligne un trait caractéristique de notre époque : les idéologies se sont toutes déportées vers la droite.

Une pensée simplement de gauche est aujourd’hui vue comme dangereuse, car irréaliste. Vouloir l’égalité, c’est dangereux. Vouloir remettre en cause la logique de la concurrence et de la croissance à tout prix, c’est dangereux. Ce danger présupposé (et factuellement faux) est une application concrète d’une réalité modelée par des dominants qui s’extrémisent en affirmant, comme dans tout bon système autoritaire, qu’ « il n’y a pas d’alternative » à leur schéma de pensée !

C’est aussi la démonstration concrète d’une paresse intellectuelle, dans les médias, mais aussi dans la population en général, qui pousse à oublier de se poser la question suivante : c’est quoi, être de gauche, ou être de droite ?
Qui est vraiment de gauche aujourd’hui ?
Qui est vraiment extrémiste aujourd’hui, dans ses positions et dans la société qu’il appelle de ses voeux ?

  • Est-ce vraiment plus extrémiste de vouloir la retraite à 60 ans pour tous que de vouloir paupériser tous les retraités à l’exception des politiciens, des policiers et militaires et des plus riches ?
  • Est-ce vraiment plus extrémiste de vouloir une hausse du SMIC et des cotisations sociales plutôt qu’une exonération de ces mêmes cotisations pour les patrons (entraînant des déficits dans les comptes publics) et la suppression de plusieurs motifs de pénibilité au travail ?
  • Est-ce vraiment plus extrémiste de vouloir investir dans l’éducation et la santé en taxant les plus riches (entreprises ou personnes), plutôt que de supprimer l’ISF en baissant les budgets de l’éducation et de la santé ?
  • Est-ce vraiment plus extrémiste de s’attaquer aux fraudeurs et exilés fiscaux, qui volent des dizaines de milliards à la France, plutôt qu’aux fraudeurs sociaux qui, beaucoup plus nombreux et surtout dans des situations moins enviables, trichent de quelques milliards, et pour survivre avant tout ?
  • Est-ce vraiment plus extrémiste de vouloir réquisitionner les logements vides pour appliquer le droit au logement stricto sensu plutôt que de laisser les propriétaires pratiquer des prix insensés dans certaines villes, au détriment des locataires, sous prétexte que « c’est la loi du marché ?
    De vouloir accueillir les personnes qui quittent leur pays plutôt que de les laisser mourir en mer ou en montagne ?
    De vouloir manger une alimentation saine ?
    De vouloir limiter le réchauffement climatique, la pollution, l’utilisation de pesticides, etc. ?

Je vous laisse méditer là-dessus.
Des exemples confrontant deux visions du monde, il y en a légion, et j’ai choisi de ne même pas faire de propositions réellement et radicalement de gauche, simplement des idées de gauche, pour un monde (un peu) moins égoïste et injuste.

Vraiment, vous pensez qu’il n’y a pas d’alternative au tout-économique de Macron et sa clique ?

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Source : SumOfUs, Mr Mondialisation

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