Brexit : quand les chiens de garde font de l’anti-journalisme pur

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Brexit : yes !

Par référendum, les Britanniques ont décidé de sortir de l’Union Européenne. Si on ne sait pas encore si cette décision populaire et démocratique sera suivie des faits, elle marque déjà un vrai désaveu et une vraie défiance d’une population face à une politique de plus en plus déshumanisée, économisée, violente et technocratique (oui, je parle de l’UE).

Sauf que bien évidemment, les grands médias des grandes chaines de télé ne s’attendaient pas à un tel résultat. Pire : ils faisaient ouvertement du lobbying contre le Brexit ce fameux néologisme pour « Britain Exit », la sortie de la Grande Bretagne de l’UE.

C’est d’ailleurs sans aucune surprise qu’on a pu voir un BHL populiste à souhait jouer la carte de la peur en tweetant avec optimisme sur une défaite « probable » du Brexit, « déroute des souverainistes, des xénophobes, des racistes » (bouh, tremblez !).

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Mais est-ce à dire que tous les peuples européens sont fascistes ? Car à chaque fois qu’un référendum a été mené sur les questions institutionnelles (capitalistes libérales) sur l’Europe, la réponse a très souvent été défavorable à l’Union Européenne.

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Comment l’expliquer ?

Argument 1  : sortir de l’UE, c’est un truc de fachos

On vient de le voir avec BHL, mais on l’a aussi vu un peu partout : les Anglais qui sont contre l’UE sont des fachos, ils sont dans une logique de repli. Être contre l’UE, c’est raciste. 

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Cette technique bien connue de l’establishment consiste à renforcer « artificiellement » la puissance politique de la frange idéologique qui fait le plus peur à la majorité (l’extrême droite) pour affaiblir la frange idéologique qui est la plus dangereuse pour le pouvoir : l’extrême gauche. Ainsi, cela permet aux partis en place de ne pas se remettre en question : « Ceux qui rejettent notre projet sont des racistes violents et autoritaires ».

La réalité, c’est que rejeter l’UE, ce n’est pas rejeter l’Europe. Certes, il y a certainement des réactionnaires nationalistes dans ceux qui ont voté oui au Brexit. En effet, la Grande-Bretagne est un cas particulier, car c’est un pays ultra-libéral qui ne rejette pas vraiment l’UE pour des arguments sociaux mais pour des arguments économiques.

Mais ce n’est pas une raison pour abandonner cette idée de sortir de l’Europe économique. En Europe, il y a des millions de personnes qui prendraient cette même décision d’exit en tant que vraies internationalistes, et qui considèrent que c’est cette UE qui est raciste, violente et autoritaire !

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Argument 2 : le Brexit, c’est une décision d’idiots !

Mais on a vu encore pire depuis le Brexit. Plusieurs journalistes ont, par leur choix de mots et leurs tournures de phrases, révélé la nature profonde de leur « travail » : non pas éduquer la population à comprendre et à développer un esprit critique, mais éduquer la population à penser d’une façon plutôt que d’une autre (exactement comme l’éducation nationale, finalement).

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J’en veux pour preuve cette journaliste de BFM TV, qui fait apparaitre les grosses ficelles de la collusion énorme entre politiciens et médias dominants sur les grandes questions.

Nous, médias, comme vous, élus, n’arrivons pas à faire passer l’idée que l’Europe apporte quelque chose. Alors concrètement, que faut-il changer ? Il y a un vrai mea culpa à avoir !

Vous allez me dire : « C’est normal, c’est BFM ! » Alors, écoutez cette seconde intervention, signée cette fois Léa Drucker, sur France 2. C’est tout aussi effarant :

Tous ceux qui ont voté pour le Brexit, pour la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, le voulaient-ils vraiment ? (…) De nombreux observateurs estiment qu’il s’agit moins d’un vote de rejet de l’Europe et l’Union européenne qu’un vote contre les élites, contre l’establishment, contre la politique intérieure, bref, comme le sont souvent les référendums, un vote de colère.

C’est effarant d’entendre ça !

Le travail de journaliste ne consiste plus à analyser les faits mais à exercer une manipulation de la réalité, et dans ce cas, à analyser pourquoi la propagande officielle (l’UE, c’est bien) ne fonctionne pas. On croit rêver !

Avant le vote, où étaient les médias pour s’émouvoir que 99% de leurs congénères soutenaient le « non » face à la possibilité d’un Brexit. Où étaient-ils pour défendre la liberté d’expression du tabloïd The Sun – un vrai torchon par ailleurs – qui fut l’un de ces journaux anglais à défendre le Brexit ?

Qu’une chose à dire : éteignez, ou mieux, jetez votre télévision !

Ensemble, faisons peser dans l’opinion publique l’idée qu’on peut être humaniste, internationaliste, pour l’écologie, le socialisme, la justice et le progrès, être pour l’Europe et la fraternité, et se battre de toutes nos forces contre l’UE. C’est même assez logique en fait, quand on se penche sur la manière dont l’UE fonctionne. C’est même la logique la plus imparable…

Quand est-ce que les médias accepteront de le dire ?

 

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Source : Les-crises, Acrimed, Twitter, Facebook

 

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