Bienvenue en enfer à « l’école de la confiance » !

Parents, Profs, Élèves, doivent se mobiliser contre « l’école de la confiance », même si cela semble paradoxal…

La réforme du lycée arrive, et si elle a l’air joli sur le papier, méfiez-vous des effets d’annonce de ce Gouvernement, qui aime les mots creux (confiance, bienveillance, mérite) pour ne faire que l’inverse (verticalité, autorité, inégalité). Oui Blanquer, c’est à toi que je m’adresse, mais je pourrais dire pareil de Macron, de Philippe, de Castaner, de Collomb, de Buzyn, de Belloubet, de Le Maire, de Pénicaud… Tous tristement célèbres. Et que dire de Benalla et Crase !

Bref, ce Gouvernement, fidèle aux prophéties de George Orwell dans 1984, vit dans sa bulle de plus en plus autoritaire (au grand bonheur du RN), et tente de convaincre ceux qui subissent leurs lois de leur bien-fondé, grâce à une « novlangue » bien rodée.

Mais ne soyons pas dupes. Le nouveau lycée ne va pas arranger la vie de nos lycéens, ni celle de nos professeurs, pas plus que celle des parents… Et que dire de la société que cela nous prépare, d’ici 10 ou 15 ans. En voici un rapide compte-rendu.

Cette « optionnalisation » des cours au lycée, avec entre 1800 et 2600 suppressions de postes dans le secondaire à la clé (tandis que le nombre de lycéens augmente d’années en années), va occasionner :

  • une mise en concurrence des professeurs et des matières les unes avec les autres (eh oui, il va bien falloir trouver les environ 2000 postes à évincer en une rentrée, et la réforme est un peu faite pour ça : les matières les moins choisies vont prendre cher)
  • une explosion des groupes-classe et donc moins de liens entre les élèves, et moins de continuité pour les enseignants de spécialité
  • plus de concurrence entre élèves, au moment du recrutement par spécialité, mais aussi au sein des classes, surpeuplées (35 élèves par classe va devenir la norme avec 40 000 élèves de plus par an, selon les prévisions du Ministère, qui malgré tout supprime des postes)
  • plus de stress pour les élèves, qui vont devoir choisir leur spécialisation dès la 2nde en vue de Parcoursup (jusqu’à présent, la filière était une indication pour les recrutements en études supérieures : désormais, chaque choix de spécialité, dès la 2nde, sera soupesé… gare aux erreurs !)
  • une qualité de travail en baisse, dommageable pour les professeurs comme pour les élèves
  • plus de travail pour les élèves, avec de plus en plus de contrôle continu pour valider le Bac
  • plus de travail aussi pour les professeurs (notamment ceux de spécialité), avec plus de classes différentes à gérer sur l’année donc plus de noms à retenir, plus d’évaluations à faire, de conseils de classe, d’orientation, de parents à rencontrer… : le tout avec non pas une stagnation de leur pouvoir d’achat (le point d’indice des profs est gelé en 2019, comme 8 fois sur les 10 dernières années) et une pression ministérielle pour faire plus d’heures (c’est bien connu, les profs ne foutent rien)
  • plus de concurrence entre établissements, selon les spécialités proposées, et donc une augmentation des inégalités entre lycées bien dotés et lycées peu dotés etc. et donc une augmentation des inégalités entre quartiers, départements, régions…
  • le risque de disparition de certaines matières, dès le départ dans certains lycées (les plus défavorisés, sans aucun doute), et peut-être, à terme, un peu partout (et leur récupération par le privé ?)

On doit vraiment – et urgemment – prendre conscience de cette destruction à petit feu de l’éducation secondaire.

Non pas que le lycée jusqu’à présent était idéal, loin de là. Mais il avait pour mérite de proposer un socle commun, généralisé (le même pour tous les enfants en parcours général) afin qu’ils acquièrent un regard lucide (voire critique) sur le monde.

Désormais, le lycée, entièrement adapté aux exigences des études supérieures (et de plus en plus concurrentiel, vive le libéralisme !), va spécialiser nos enfants/élèves, dès le plus jeune âge, sur la base des attendus des études supérieures, sans considération pour leurs besoins de citoyen…

Lire aussi : 7 principes qui prouvent que l’école de la République n’est pas démocratique

Et avec le risque élevé que ceux nés dans la bonne famille, dans le bon quartier, creuse ses avantages (des avantages hérités, n’ayant donc aucun lien avec un quelconque mérite) AVEC le soutien de l’Education Nationale, alors que jusqu’à présent, la ghettoïsation scolaire était avant tout le résultat d’une stratégie des familles les plus aisées.

Où est la confiance, où est la bienveillance, là-dedans ?
Où est le mérite ?
C’est tout simplement inacceptable.

Sans compter que le Ministère fait un véritable forcing pour faire adopter sa réforme.
Saviez-vous qu’une grande consultation des professeurs avait eu lieu (en ligne) pour leur demander quels changements ils voudraient apporter aux programmes pondus par le Ministère ?
Saviez-vous que le Conseil supérieur de l’éducation (instance consultative) a massivement rejeté TOUS les nouveaux programmes du lycée pour la rentrée 2018-19 (à l’exception de celui de physique-chimie) ?
Mais dans les programmes officiels, rien n’a changé, dans aucun programme d’aucune matière, au mépris des corps intermédiaires, garants d’un pouvoir un minimum encadré ?
Pourtant, Blanquer affirme que la consultation a été prise en compte (on serait tenté de lui expliquer la différence entre « entendre » et « prendre en compte », mais bon).

Si l’on ajoute à cela qu’une grande partie des chercheurs du supérieur critiquent également ces programmes pour divers problèmes :
– lourdeur et verticalité, qui sont sources de démotivation chez les élèves
– biais idéologique, qui empêchent nos jeunes génération d’imaginer du changement, de l’alternative, du possible !
Face à cela, il semble important de dire : Stop !

Parents, Profs, Élèves, nous devons nous mobiliser contre « l’école de la confiance », car il faut rejeter les paradoxes mortifères de la Macronie !

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Source :
– Les 3 dessins en noir et blanc ont été réalisés par des personnes du lycée la Colinière, Nantes
– https://www.alternatives-economiques.fr/enseignants-une-greve-de-plus-plus-quune-greve/00087938
– https://www.humanite.fr/education-lycee-la-carte-linegalite-elevee-au-rang-de-principe-665465
– https://www.apses.org/programmes-de-ses-le-ministere-passe-en-force-au-mepris-des-corps-intermediaires-et-supprime-toute-reference-a-la-taxe-carbone/