Anaïs s’en va-t-en guerre, le docu qui donne envie de s’enrôler…


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Anais_2-0b05f ©QuarkProd

J’aurais peut-être dû finir ma phrase de titre, non ? Cela aurait donne : Anaïs s’en va-t-en guerre, le docu qui donne envie de s’enrôler… pour une vie à la campagne !

Anaïs a fait un choix de vie très courageux. Malgré son jeune âge et ses moyens financiers limités, elle s’est lancée toute seule dans l’agriculture, plus spécifiquement la culture de plantes aromatiques et médicinales pour vendre thés, tisanes et autres… « Je préfère travailler 60h dans mes champs que 35 heures à l’usine… Ou pour des cons ! » proclame la jeune femme, filmée par Marion Gervais.

Rien ne l’arrête. Les administrations françaises sclérosées qui lui « mettent des bâtons dans les roues », les anciens profs misogynes qui ne croyaient pas en elle, le manque d’argent qui dans notre société moderne empêche presque toute prise d’initiative, les caprices de la terre et du temps, le stress d’une vie à construire toute entière…

Mais on la suit avec ferveur, Anaïs ! On l’admire d’avoir fait un choix que l’on est nombreux à avoir dans un coin de la tête, mais qu’on ne met pas à exécution par manque de moyens, de connaissances, de contacts, de temps… Et on est content de voir qu’à la force de ses mains, portée par l’amour et la passion pour ce métier qu’elle a choisi, elle peut espérer survivre… Vivre même !

Ce documentaire a un petit côté transcendantaliste. Le rythme lent, la terre et les plantes, la vie raisonnable et difficile, la vie tout simplement, et le travail libre et choisi comme émancipation consciente. Derrière Anaïs, on aperçoit les figures de Thoreau (Walden ou la vie dans les bois) et Emerson (Nature), grands penseurs étasuniens du 19e siècle qui inspirèrent de nombreux écologistes et décroissants.

Derrière Anaïs également, le mouvement d’une jeune génération qui – d’autres l’ont fait avant elle – se détourne de la société d’hyper consommation, d’ultra sécurité et de vitesse incontrôlable pour retrouver une certaine sérénité et une certaine éthique loin des villes, au contact de la terre.

Le final est à la fois consternant et plein d’espoir : consternant quand on voit la réaction bourgeoise des Parisiens à qui la jeune agricultrice raconte son quotidien avant le superbe produit fini – des tisanes artisanales – qu’elle leur présente. Plein d’espoir, car on comprend qu’elle va s’en sortir. Et aujourd’hui, notamment grâce au film, Anaïs (26 ans) poursuit son rêve de pouvoir vivre de sa passion : elle va cultiver ses plantes et vendre ses tisanes !

« Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie ». L’inépuisable volonté d’Anaïs est un exemple pour s’émanciper du système, qu’en pensez-vous ?

 

Son site : Les tisanes d’Anaïs

Photo : © QuarkProd

 

7 commentaires

  1. Bravo. C’est génial ce que tu fais ! Ne laisse personne t’enlever cette passion et cette rage de vivre !! 🙂
    Si tu acceptes quelques bénévoles c’est avec plaisir que je viendrai quand je passe dans la région 😉 Courage !

  2. ça fait plaisir à lire ce genre d’article !

    Moi aussi je vais m’extirpé des griffe de ce système dans pas très longtemps !

    Une volonté inépuisable, une rage de vivre !

    • Bravo Juju !
      C’est une volonté de ma part également, mais à moyen terme.
      Je pense qu’il y a encore quelques combats à mener au front avant de mener un combat de plus long terme dans la sérénité loin du système !

      Bon courage à toi !

      L’ I

  3. Jean Jacques Garriaux

    « Tous mes films, d’une façon ou d’une autre, répètent que les hommes ne sont pas seuls et abandonnés dans un univers vide, mais qu’ils sont reliés par d’innombrables liens au passé et à l’avenir, et que chaque individu noue par son destin un lien avec le destin humain en général. Cet espoir que chaque vie et que chaque acte ait un sens, augmente de façon incalculable la responsabilité de l’individu à l’égard du cours général de la vie. » Andreï Tarkovski , « Le Temps Scellé (p. 190).

  4. Anaïs, tu es volontaire, courageuse, audacieuse, déterminée, lucide.
    Une personne travailleuse, qui effectue un travail de qualité, voit son projet aboutir. En dépit des obstacles qui se dressent sur son parcours.
    Mon épouse et moi avons dû nous battre pour surmonter les difficultés qui se sont succédées tout au long de la réalisation de notre projet.
    L’installation en agriculture nécessite, de toute évidence, du foncier. Il existe un organisme censé attribuer équitablement les terres qui se libèrent. La réalité est bien différente. Une assemblée composée de membres de divers horizons pourrait faire croire à de la démocratie. Elle n’a de démocratie que le nom. L’organisme n’hésite pas à user de stratagèmes pour évincer des candidats à l’obtention de parcelles. Sa roublardise nous a empêchés d’obtenir quelques ha qui nous étaient destinés. Nous demandions une petite surface de foncier, il a préféré attribuer une grande surface à un exploitant qui croule sous les centaines d’hectares. Ses agissements, sa conduite scélérate sont bien éloignés de ses pieuses déclarations selon lesquelles seule la notion de justice, d’équité prévalent dans ses choix.
    Bon courage.
    jp

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