3 leçons à tirer des Présidentielles 2017 pour organiser la lutte

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Les élections présidentielles françaises de 2017 sont terminées, et c’est un moindre mal tant elles ont été médiocres. Macron, le candidat de la survie (des institutions de la Vème République) a gagné face à l’épouvantail FN, et sa candidate Marine Le Pen.

Que retenir de cette farce démocratique – rappelons que la vraie démocratie, ce n’est pas avoir pour unique choix de se déposséder de son pouvoir de décision tous les 5 ans pour le donner à untel ou untel ? Quelles conclusions tirer face à « l’événement Macron », face à la stabilité de la petite entreprise Le Pen, face aux mensonges médiatiques, face à l’essor d’une « vraie » gauche, pour ne pas dire « radicale » ?

Mon petit bilan en 3 points :

1/ Macron l’illégitime

Si l’on comptabilise l’abstention (plus de 25%) et qu’on rend visible les votes blancs et nuls (qui ne sont pas comptabilisés et pire, sont « redistribués » artificiellement aux candidats) qui atteignent entre 9 et 11% des suffrages exprimés, on se retrouve avec un Président élu avec seulement 43,63% des inscrits, et ce face à une candidate d’extrême-droite. Ce qui veut dire que parmi ces 43%, une bonne partie n’a pas voté POUR Macron mais CONTRE Le Pen. Autant dire que Macron est le Président le plus illégitime de la Vème République, ce qui n’est pas étonnant, puisque ces institutions ne fonctionnent plus. Macron a clairement joué ce rôle central (dans tous les sens du terme) de bouée de sauvetage des institutions existantes qui, grâce à l’illusion de l’alternance gauche-droite, maintient depuis 50 ans la classe dominante au Pouvoir.

Politiciens de gauche et de droite, industriels millionnaires ou milliardaires et journalistes d’organes de presse réputés forment une classe hégémonique qui n’a peur que d’une seule chose : voir un mouvement populaire et démocratique remettre en cause leurs privilèges. Avec Macron, l’échéance est repoussée de 5 ans. Sauf qu’avec un Président aussi illégitime et jeune, la lutte sociale va pouvoir – devoir – faire front et montrer les griffes !

Lire aussi : L’imposture Macron, Président libéral et « made in system »

2/ Le double discours des médias face au FN

L’indécence des médias dominants dans l’entre deux-tours, tous « mobilisés » contre le FN après avoir fait son jeu pendant 5 ans, que dis-je, depuis 10 ou 15 ans, a atteint son paroxysme. Les ficelles étaient visibles, plus rien n’était caché, comme dans un spectacle de marionnettes pour enfants. Tout le petit monde médiatique a ouvertement soutenu Macron face à l’épouvantail FN, et ça semblait légitime. Evidemment que le FN est un parti éminemment dangereux, évidemment qu’il faut les combattre, leur faire barrage, les réduire à peau de chagrin. Sauf que. Sauf que nous, on n’oublie pas que les médias ont une grosse part de responsabilités dans la montée du FN depuis des années. On n’en peut plus de cette tactique sordide qui consiste à faire peur avec l’Islam, le terrorisme, la violence (du matin en soir, de journal en journal, de documentaire en émission spéciale) pour faire monter le FN et ensuite, soutenir avec fougue l’alternative « républicaine » pour faire perdurer ce système oligarchique injuste, qui est lui-même à l’origine du succès du FN.

On n’oublie pas que des personnalités aussi insultantes que Zemmour ou Finkielkraut sont constamment invitées sur les plateaux. On n’oublie pas que le FN et ses candidats sont sans cesse invités sur les plateaux télé, qu’on leur pose des questions qui banalisent la violence, le racisme, sans remettre en question leur fond de commerce. On ne peut plus laisser faire ça.

Il va falloir les forcer – ces médias, souvent subventionnés avec notre argent – à rendre des comptes. Et surtout, les traquer, les surveiller, les analyser, les décortiquer, pour les empêcher de retomber dans leurs travers. A partir de ce jour, les médias doivent attaquer le mal à la racine, en expliquant les origines du FN, sa stratégie, en l’empêchant de banaliser les paroles racistes, stigmatisantes, violentes. On vous regarde et on vous dénoncera à chaque fois que vous franchirez la limite de la décence.

Lire aussi : Médias, tous contre le FN ? Le double discours indécent

3/ La lutte sociale recomposée autour de thèmes forts

2017 a vu l’émergence d’une nouvelle dynamique, à gauche de l’échiquier politique. Cette dynamique est portée par des thèmes puissants, qui ont transcendé les gens, et qui évidemment ont tous disparu du second tour (est-ce si étonnant ?). Le point de départ d’une nouvelle bataille est là : la véritable opposition au Capitalisme néo-libéral se trouve dans les rangs de la gauche radicale, celle qui vote, celle qui ne vote pas, celle qui parle de lutte des classes, celle qui parle d’égalité, de justice et de biens communs, sans se limiter à une culture, à un pays, à un drapeau, celle qui parle d’écologie au sens global du terme, sans que cela devienne un argument électoraliste, celle qui propose de vraies alternatives à l’ordre établi, que ce soit par un changement des institutions politiques, par une régulation stricte des injustices causées par le Capitalisme ou par sa destruction pure et simple, celle qui parle de paix et d’amour, même si ces thèmes sont galvaudés par les technocrates qui n’ont que les mots « austérité », « réalisme », « rigueur », « dette » et « économie » à la bouche…

Lire aussi : Anarchie et décroissance : réflexion globale pour sortir du capitalisme (1)

On le sait désormais (ces élections aussi ont permis de le démontrer à ceux qui ne le savaient pas encore), les politiciens, les médias et leurs spécialistes, feront tout pour décrédibiliser ces pistes idéologiques, « irréalistes », « utopistes », « staliniennes », « violentes », etc. Même le vocabulaire est redéfini pour empêcher de penser à des alternativesC’est donc par là qu’il faut creuser, c’est donc là qu’il faut appuyer, c’est donc autour de ces combats qu’il faut se rassembler, même si on n’est pas d’accord sur tout (c’est historique dans les mouvements progressistes)… et quitte à jeter sa télé à la benne.

Lire aussi : Il est temps de tuer les grands médias (télé, radios, journaux…) !

Soyons leur pire cauchemar, un cauchemar bien réel ! Pour que naisse l’utopie ! 

 

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