2017, Emile Zola et les années 30

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La pluie polluée tombe à Paris,
Les bombes fragmentées tombent à Damas,
Et entre les deux, politiquement, économiquement, le marasme.

Doit-on se souhaiter une bonne année ? Je crois que oui, on a toujours envie de croire que les choses vont aller mieux, s’améliorer.

Sauf que rien ne semble aller en ce sens. Pire, le climat de ces dernières années rappelle les destins tragiques des romans d’Emile Zola, et les années 30 en Europe…

Pourquoi Zola ?

Car quand on entend les caissier-e-s et les ouvrier-e-s forcés à travailler quoi qu’il arrive, au point de faire un AVC sur leur lieu de travail ou carrément une fausse couche et sur qui ont fait peser le rôle d’accusé de surcroît, on ne peut s’empêcher de penser à Germinal, le roman de Zola. Quand on entend ces histoires de caissières virées pour une erreur de caisse de 85 centimes d’euros (en moins certainement, car les jours où ces euros sont en plus, personne ne dit rien), on ne peut s’empêcher d’avoir mal, de voir rouge, et les idées noires.


Quand on entend qu’une agence immobilière accepte de « refuser les noirs » dans un dossier, et que la discrimination à l’embauche envers les Maghrébins  est une réalité dans notre pays en 2016, ou encore qu’une miss France métisse dérange encore énormément (bien plus que le machisme total de cette émission inutile), on ne peut s’empêcher de repenser à ces mots, prononcés par ce même Zola – dreyfusard – auteur du fameux texte « J’accuse » :

Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s’ouvrir !

Et l’on pourrait se dire la même chose, dans ce XXIème siècle qui s’ouvre : comment peut-on encore être antisémite, anti-islam, raciste, xénophobe, homophobe, à notre époque ?

On n’avance pas. Les nombrilismes et les identités (les apparences d’identités) – cristallisés – continuent de guider les gens qui, têtes baissées sur leur iPhone ou autre chose, se cognent dans tous les murs et vocifèrent contre le mur au lieu de s’en prendre à eux-mêmes. « Quand le sage montre l’oiseau, l’imbécile regarde le doigt. » 

Lire aussi : Le racisme culturel, le danger à combattre 

La crispation identitaire est le danger du XXIème siècle naissant. 2017 sert à avertir, une fois encore. Ne reproduisons pas les mêmes erreurs. Arrêtons de lire l’être des gens simplement en les regardant parce qu’on a trop peur de leur parler, simplement en regardant la télé, parce qu’on a trop peur de penser par soi-même. Recréons du lien au risque de recréer l’apocalypse.

Pourquoi les années 30 ?

Une étude récente nous explique que des éléments de langage propres au nazisme resurgissent dans les discours d’une certaine droite (extrême) allemande.

Mais le constat est le même en France. Les discours des politiciens banalisent le rejet, la haine, les inégalités, les discriminations. Et les médias emboîtent le pas. D’ailleurs, le monde entier est contaminé par une flambée des scores des partis réactionnaires, qui ont gagné ou quasiment gagné dans plusieurs pays, a commencé par les Etats-Unis ou Israël, mais aussi la Turquie, l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, etc. Et la France est dans le lot.

Quand la crise économique touche les économies capitalistes, la solution de repli est de créer de le chaos et la division pour faire monter l’extrême droite, seul parti – traditionnellement conservateur – qui ne touchera pas aux intérêts des classes dirigeantes ; au contraire de l’extrême gauche, traditionnellement égalitariste et contre l’exploitation de l’homme par l’homme, ce qui constitue le point névralgique, le point extrêmement gênant pour le pouvoir libéral, qui n’est fondé QUE sur cette exploitation…

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D’ailleurs, le pouvoir sait se prémunir contre tout débordement : puissance judiciaire en partie fusionnée avec l’exécutif, état d’urgence, TES, en attendant des tribunaux d’arbitrage privés légitimant la prédominance des multinationales sur les Etats… Tout est fait pour rendre légal un pouvoir toujours plus dominateur et coercitif. Notre liberté est bradée en échange d’une soi-disant sécurité, que nulle ne peut nous garantir en réalité.

Le rôle des médias

Pauvres médias d’ailleurs, eux aussi totalement soumis au pouvoir économique et incapables de formuler la moindre critique sur ce système de plus en plus injuste. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter, quand on voit que les financements publics aident… surtout les gros médias appartenant à de richissimes propriétaires. Pourquoi ? Pourquoi ne pas aider la presse indépendante, la presse qui donne un autre angle ?

Quand on sait que Bolloré vient de devenir détenteur de l’institut de sondage Ispos… Cela nous promet de jolies statistiques en cette année électorale. La fête risque d’être folle et la propagande généreuse.

Les médias ont une lourde responsabilités, car ils sont notre seul point de contact avec ceux qui nous dirigent, politiciens et riches exploiteurs industriels. Leur incompétence voulue, c’est notre ignorance subie.

Les médias, censés informer, laissent dans la perception des gens des idées totalement erronées. Alors on n’avance pas. Et on est en 2017.

Oui, on a plus que jamais besoin d’espoir et de courage. Non pas pour subir le train-train, non, mais pour rechercher la force du changement.

Changer ses lectures. Changer son vocabulaire. Changer sa manière de débattre. Changer son alimentation. Changer son rapport au travail, à la solidarité, à l’éducation. A l’écologie. Changer sa manière de s’informer. De penser la politique. On a besoin de personnes émancipées, qui agissent en connaissance de cause, et avec la certitude que le destin n’est pas écrit.

Agissons sur notre quotidien, tant qu’il est encore temps.

Bonne année à tous.

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Sources : La Voix du Nord, Marianne, Bellaciao, Les Echos, Nouvel Obs, Slate…

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